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mardi mai 21, 2019
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On pouvait s'attendre à tout, sauf à ce que les médecins légistes hollandais ayant autopsié le corps de Floribert Chebeya affirment qu'ils n'ont pas pu déterminer la cause de son "décès" et insinuent qu'il serait mort suite à l'accroissement de l'activité cardiaque.

Il ne pouvait y avoir meilleur avocat de la cause congolaise au parlement européen que Paul Nsapu Mukulu, secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'homme. Invité à faire une intervention en rapport avec l'assassinat de Floribert Chebaya, liquidé début juin dernier à Kinshasa, Paul Nsapu n'est pas allé par le dos de la cuillère pour mettre en exergue la violation massive des droits de l'homme au Congo à démocratiser par ceux qui disposent de l'impérium..

Comme on pourra s'en rendre compte à travers l'extrait vidéo que Congoone a choisi de diffuser, Paul Nsapu relève, s'agissant de l'assassinat de Chebeya et de son chauffeur porté disparu, que de nombreux indices laissent entrevoir l'implication directe des autorités congolaises au sommet de l'Etat. C'est le contraire qui aurait étonné.

En effet, pour le secrétaire général de la FIDH,  ce double crime rallonge la liste des assassinats politiques de Pascal Kabungulu, Polycarpe Mpoyi, des journalistes Serge Maheshe, Bapuwa Mwamba, Didace Namujoma pour ne citer qu'eux. Sa profonde conviction est que tous ces crimes sont la preuve que les autorités congolaises ne se soucient guère des droits de l'homme et de la dignité humaine.

En tout état de cause, il ressort de l'intervention de Paul Nsapu au parlement européen que la communauté internationale ne pouvait pas ne pas savoir. Et pour cause, M. Nsapu souligne que les organisations de défense et de promotion des droits de l'homme avaient alerté, il y a un an, la communauté internationale sur la pression maximale qui pesait et continue à peser singulièrement sur les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes.

Voilà un témoignage qui ressemble à un réquisitoire mettant en relief la nonchalance, voire le laxisme, de la fameuse communauté internationale toujours prompte à comprendre et à tolérer les violations massives des droits de l'homme par le régime policier de Kinshasa sous prétexte qu'il s'agit d'un pays post-conflit.

 

Mercredi 30 juin 2010, jour de fête à Kinshasa pour Kabila Kabange et ses invités dont le Roi des Belges, Paul Kagame et Yoweri Kaguta Museveni notamment;jour de deuil pour les Congolais de Belgique qui ont manifesté à Bruxelles pour dire tout le mal qu'ils savent de la gestion prédatrice de leur pays par un régime corrompu et corrupteur.

 

Au moment où les officiels du régime des Kabila soutiennent que l'arrivée à Kinshasa le lundi 28 juin du Roi des Belges vise à sanctionner les progrès accomplis(!), Congoone se fait le devoir de relayer les quelques témoignages recueillis à Kinshasa par la télévision flamande, VRT, sur les violations flagrantes des libertés fondamentales par le régime policier des Kabila, à travers ses sbires.
Comme on pourra s'en rendre compte à travers l'élément filmé ci-dessous, c'est avec une belle unanimité que le pouvoir congolais est au cœur de toutes les accusations faites par des Congolais qui ont souffert et souffrent encore dans leurs chairs et cœurs des actes de cruauté dont se rend coupable Kabila et les escadrons de la mort à son service.. Il ne pouvait en être autrement car, aujourd'hui comme hier, le Congo n'est pas un jardin où poussent les fleurs de la démocratie.
Robert Ilunga, membre de l'ONG "Les Amis de Nelson Mandela", témoigne avoir été arrêté et enfermé par l'Agence nationale des Renseignements ( ANR)dans une parcelle privée pendant huit jours sans jugement. Il aura fallu des fortes pressions de la Mission de l'ONU au Congo et des organisations internationales pour qu'il soit transféré devant les juridictions judiciaires.
Dolly Ibefo Mbunga, vice-président de la Voix des Sans Voix pour les droits de l'homme, VSV, rapporte pour sa part qu'alors qu'une conférence organisée par son association venait de se terminer, Floribert Chebeya était happé par des sbires de l'ANR et malmené, quand Dolly informé court sur le lieu pour en avoir le cœur net, il est à son tour arrêté comme Chebeya. Le président de la VSV et son adjoint sont menottés et embarqués à bord d'un véhicule comme des malfrats. Comme si cela ne suffisait pas, des policiers sont revenus sur les lieux pour s'emparer des ordinateurs de l'ONG.
Pascaline Zigire, épouse d'un militaire détenu au Centre pénitencier et de rééducation de Kinshasa( CPRK), ex-prison centrale de Makala, témoigne que son mari est en prison depuis neuf ans sous prétexte d'être impliqué dans l'assassiné de Laurent-Désiré Kabila. Or, soutient-elle, les vrais assassins de LD Kabila sont dans les institutions du pouvoir actuel. C'est un secret de polichinelle du reste.
Robert Ilunga relève par ailleurs qu'au sein des services de l'Etat, il y a des personnes qui se considèrent comme des petits dieux et qui croient qu'ils peuvent tout se permettre et que rien ne peut leur arriver, même après le martyr qu'ils ont fait subir à Floribert Chebeya. Et comment en serait-il autrement alors que l'impunité leur est garantie?
Dolly Ibefo Mbunga ne dit pas autre chose quand il souligne que depuis les élections de 2006 aucune manifestation pacifique critique n'est autorisée.
Au regard de ces témoignages recueillis par la presse belge, on ne peut résister à la tentation de savoir quels progrès accomplis par le régime policier de Kinshasa le Roi Albert II est allé sanctionner.
Comme quoi, ceux qui au Congo comme en Belgique, craignaient que la visite du monarque belge à Kinshasa ne soit interprété par le régime des Kabila comme un soutien à la "démocrature" congolaise n'étaient pas dans le faux.