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mardi décembre 11, 2018
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Il aurait été souhaitable que les gouvernants Congolais accusant Karel De Gucht de croire qu’il est « un donateur divin » ou d’avoir tenu « des propos malveillants » partent  de la Déclaration sur la violence en République Démocratique du Congo, texte lu par le Commissaire européen au développement au Parlement Européen.  Une certaine lecture de ce texte permet de conclure que  sur certains points essentiels, Karel De Gucht émet sur une même longueur d’ondes que Kinshasa. Quand Karel De Gucht dénonce le manque « d’interlocuteurs sérieux » au Congo, il rejoint Joseph Kabila constamment à la recherche de 15 oiseaux rares. Ses confidences faites à New York Time au mois de mars 2009 sont très claires sur cette question. Quand De Gucht décrie « le gâchis qu’est devenu la RDC », il dit la même chose que  les millions des Congolais(es) dont les droits économiques, sociaux et culturels sont en permanence foulés au pied. (Une parenthèse. Il nous semble important de cultiver, chez un certain nombre de gouvernants Congolais, l’attachement aux textes. La culture des textes garde de certains  dérapages et d’un sentimentalisme de mauvais aloi. Ecrire des textes, lire des textes (sources) à critiquer et les citer, respecter les textes fondamentaux, s’apprend. Ceci permet d’habiter les concepts, d’en peser le poids et d’en respecter, tant soit peu la signification.)

A l’Union pour la démocratie et le progrès social ( UDPS), l’année 2009 aura été marquée par la volonté affichée de participer aux prochaines élections générales au Congo à démocratiser après celles de 2006 boycottées au motif que le processus était vicié.

 

En dépit d’une guerre de diabolisation que d’aucuns se livrent au sommet du parti à travers les deux tendances qui se réclament toutes de Tshisekedi, la base de l’Udps a été appelée à s’enrôler massivement en vue de participer aux prochains scrutins de 2011.

 

La lecture et la relecture de l’histoire immédiate de notre pays révèle le rôle nocif du Rwanda dans la guerre d’agression à laquelle nous ne cessons de résister jusqu’à ce jour. Pour remplir son rôle de sous-traitant des transnationales, le Rwanda s’est servi de plusieurs rébellions au sein desquelles plusieurs Congolais(es) ont été, souvent, de parfaites marionnettes. L’AFDL (et le PPRD), le RCD et le CNDP sont les créatures du Rwanda.  Croire que c’est au nom des accords signés à Goma au mois de mars que le CNDP, ayant à sa tête actuellement, un criminel de guerre (Bosco Ntaganda) recherché par la CPI,  participera au futur gouvernement de Kinshasa relèverait d’une absurde naïveté.

 

La guerre d’agression et d’usure à laquelle plusieurs d’entre nous résistent depuis plus décennie risque de nous jouer des tours si nous lâchons mentalement, spirituellement et intellectuellement. D’où l’urgence de revenir constamment sur enjeux qu’elle sert et  la persévérance de ses commanditaires. Mais aussi sur des erreurs naissant d’une lecture biaisée de notre histoire immédiate et consécutives à l’usure.

 

Pour rappel, la guerre d’agression qui nous est livrée depuis 1996 est un moyen dont se servent plus d’une transnationales pour avoir accès à nos matières premières du sol et du sous-sol en jouissant d’une protection juridique dans l’un des pays occidentaux au passé non-colonial, le Canada. (Dans un entretien accordé à Renaud Vivien de Cadtm, ce mardi 15 décembre 2009, Delphine Abadie, co-auteure de Noir Canada est suffisamment explicite sur cet enjeu. Pour l’approfondir lire Noir Canada et l’entretien intitulé Pillage, corruption et criminalité en Afrique. « Au Canada, la démocratie est en danger ! ») Le Canada, « paradis juridique » des transnationales, participerait à la mort  de l’Afrique en se déclarant Ami de l’Afrique.