CongoOne 10 ans
mercredi juin 28, 2017
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En ce début de 2016, CongoOne rentre dans sa dixième année d'existence sur le net. Pour célébrer cet événement, CongoOne se propose de publier quelques textes issus de sa première version internet. Ce texte a été publié pour la première fois, le 19/04/2006.

La confusion est totale à Kinshasa. Non seulement que personne ne connaît la date de la tenue de l’élection présidentielle, mais même la campagne qui avait démarré le dimanche 16 avril (lire l’édition de Congoone.net mise en ligne le 16 avril)vient d’être suspendue.

C’est décidément à un coup de théâtre que les Congolais ont assisté ce mercredi 19 avril à l’occasion de la conférence de presse animée au siège de la CEI par son président Appolinaire Malu-Malu. Alors qu’avec beaucoup de suffisance il mettait en exergue le samedi 15 avril l’article 110 de la loi électorale qui stipule que la campagne électorale pour l’élection présidentielle débute 24 heures après la publication de la liste définitive des candidats présidents de la République, voilà Malu-Malu qui fait marche-arrière quatre jours après au point de saisir le bureau de l’Assemblée nationale pour que soit déterminé l’esprit de la loi face à ce qui, selon lui, semble apparaître comme une contradiction !

 

C’ est en fait à la suite d’une requête de la Haute autorité des médias adressée à la CEI pour qu’elle éclaire l’opinion au sujet de la campagne électorale pour l’élection présidentielle que l’abbé Malu-Malu a dû revoir sa copie au point d’inviter les candidats et autres organisations politiques déjà lancées dans la campagne d’y mettre un terme. Le malaise est donc perceptible même au niveau des organes de presse qui ne savent sur quel pied danser, la Haute autorité des médias soulignant par le biais de son président, Modeste Mutinga, que la campagne électorale n’a donc pas encore commencé dans les médias.

 

Nul doute que l’embarras de l’organe de régulation des médias est dû au fait que la date de la tenue de l’élection présidentielle n’étant pas encore fixée, la durée de la campagne risque d’être anormalement longue en violation des dispositions légales et réglementaires.

 

En vérité, Malu-Malu qui s’est opposé passionnément à la réouverture des bureaux d’enrôlement, demandée par l’UDPS au profit de ses partisans qui avaient répondu au mot d’ordre de boycott lancé par leur leader, en invoquant les contraintes de temps et la nécessité de respecter le calendrier électoral se trouve pris dans son propre piège, mieux celui de ses commanditaires.

 

C’est ainsi que quand Joseph Kabila s’oppose à toute réouverture des bureaux d’enrôlement pour, selon lui, ne pas retarder le processus électoral, Malu-Malu lui met en relief le problème technique lié au contrôle du fichier électoral ! Mais à quel jeu joue donc le président de la CEI quand il est notoire que le recensement de la population et l’identification des nationaux n’ont pas eu lieu ?

C’est donc à une véritable cacophonie que les Congolais assistent et vont assister. La nécessité d’aller vite aux élections semble avoir cédé la place au « réalisme » auquel Malu-Malu invite désormais les ex-Zaïrois comme il l’a fait le lundi 17 avril à Bukavu en déclarant sans autre forme de procès : « nous allons vers des élections apaisées, soyons réalistes. La confection du calendrier électoral se fera étape par étape ».Fait important à souligner, cette assertion a été faite en présence de l’ambassadeur de Belgique, membre de la délégation de Malu-Malu au chef-lieu du Sud-Kivu, une manière pour le CIAT de s’assurer du respect de l’agenda caché.