Culture
jeudi novembre 21, 2019
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Parution d'un livre : Étienne Tshisekedi, la trajectoire vers la présidence


Tel est le titre du livre qui vient de paraître aux éditions l'Harmattan à Paris, octobre 2013, 278 pages. Il est écrit en co-auteurs par Mwamba Tshibangu et Alexis Kabambi, le premier cité a déjà publié précédemment trois livres dont les titres sont les suivants ; Kabila, la vérité étouffée aux éditions l'Harmattan, Paris 2005; Congo-Kinshasa ou la dictature en série, éditions l'Harmattan, Paris 2007 et Joseph Kabila, la congolité en question aux Éditions Muhoka, Ottawa, 2009.

Ce nouveau livre apporte une contribution à la connaissance de l'histoire immédiate de la république démocratique du Congo, il aborde l'épisode de l'élection présidentielle du 28 novembre 2011 dont le vainqueur incontesté, plébiscité au suffrage exprimé dans les urnes par la majorité d'électeurs congolais demeure Étienne Tshisekedi. Toutefois, à cause des fraudes électorales à grande échelle, instrumentalisées grâce aux manœuvres sordides de la CENI, le président sortant Joseph Kabila a confisqué cette victoire en se maintenant au pouvoir par la force.
Il est à rappeler que le manque de transparence et la manipulation des résultats de ces élections ont été dénoncés par la Mission d'observation électorale de l'union européenne (MOE-UE), par le centre Carter et par les observateurs de la conférence épiscopale (Cenco). Le livre s’inscrit dans la même lignée pour dénoncer à son tour ce hold up électoral. Plus que cela, les auteurs tentent de retracer le parcours politique d'Étienne Tshisekedi, acteur politique présent dans le paysage des décideurs de notre pays depuis l'indépendance en 1960.
En fait, sa lutte contre l'injustice sociale a commencé en 1979 avec l’affaire de massacre de Katekelayi et de Luamuela, événement qui s’est produit pendant son mandat parlementaire. C’est à ce titre et avec l’appui d’autres élus du Kasaï oriental qu’il s’est tenu debout pour dénoncer cette violence à l’égard de la population civile. Il s’est fait remarquer également en novembre 1980 lorsqu’avec 13 autres parlementaires, il contresigne une lettre ouverte adressée au président Mobutu pour protester et dénoncer la dégradation de la situation sociopolitique et économique du pays tout en lui proposant des solutions appropriées pour les améliorer.
En représailles à cette lettre, Tshisekedi est victime de la déchéance de ses droits civiques et politiques, il est détenu, condamné puis relégué dans son village... Malgré ces humiliations, dans sa quête de mobiliser et de faire prendre conscience aux congolais de se prendre en main, le 14 février 1982, Tshisekedi crée avec l'appui d'autres fondateurs un parti politique dénommé; Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dont la philosophie politique de base est la non-violence. Face à ce défi, le pouvoir de Mobutu instaure la répression aveugle, les intimidations, les enlèvements et les assassinats politiques. Sans se décourager, Tshisekedi poursuit son combat politique dont le point culminant se situe au 14 août 1992 lorsqu’à la conférence nationale souveraine, il est élu premier ministre du gouvernement de transition lequel devait conduire le pays vers les élections. Mobutu s'oppose à cette élection et l’empêche d'exercer son mandat. Il y a lieu de relever un parallélisme frappant : la même histoire se répète à l'issue de l'élection présidentielle de 2011, cette fois-ci, c'est Kabila qui confisque sa victoire l’empêchant d’exercer ainsi son mandat. Les auteurs expliquent cet imbroglio politique qui bloque de facto à l’homme de Limite d’appliquer son programme politique pour lequel il a été
choisi par le peuple congolais dont la principale préoccupation est d’abord le respect des droits et libertés individuels, ensuite le bien-être et la sécurité de la population congolaise.
En guise de conclusion de cette présentation sommaire du livre, signalons qu’il est divisé en quatre parties; la première apporte un éclairage sur l'homme politique et sur la nature de son long combat dans l'opposition. La deuxième décrit les préparatifs des élections, les structures de soutien, les tractations pour constituer des coalitions politiques, la troisième décrit les principales péripéties qui ont caractérisé la période électorale, la quatrième partie aborde le contentieux électoral et insiste en particulier sur l'épineux problème d'imperium pouvant permettre au président élu d'avoir l'effectivité du pouvoir. ici les auteurs insistent sur le fait que le chemin de Tshisekedi vers la victoire finale est encore semé d'embûches et des nombreux obstacles dressés par les ennemis du peuple congolais qui freinent ainsi l'instauration d'un État de droit.

Mwamba Tshibangu et Alexis Kabambi