Culture
mercredi octobre 23, 2019
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En parcourant les multiples forums et groupes de discussion des Congolais sur la toile le 26 décembre 2013 passée et ce tard la nuit,  je suis tombé sur un article signé Omer Nsongo Die Lema, membre éminent du «team information» à la présidence de Joseph Kabila. Cet ancien rédacteur au journal «Demain Le Zaïre» puis «Demain Le Congo» d’Albert-Rachel  Kisonga Mazikala (ancien ambassadeur de Mzé Laurent Kabila à Bruxelles) n’y va pas dans la dentelle pour exprimer la voix de son maître. Parlant de «L'affaire J.B. Mpiana» comme s’il  en avait existé une véritable affaire au «Sabotage du spectacle de Bercy» alors que ce spectacle était prévu au Zénith de Paris; le néo-défenseur de la kabilie pousse trop loin en rappelant «Le Nuit de cristal» où les nazis d’Hitler brulèrent Bibliothèques et Synagogues juives en Allemagne le 9 et 10 novembre 1938 avant de conclure sur un prétendu DEBUT DU «GENOCIDE» CULTUREL !

En utilisant ce poids de mot pour provoquer un choc, ce journaliste n’a-t-il pas oublié son rôle : celui d’informer son public et non de prendre position par des affirmations qu’il ne peut confirmer. Le culturel au Congo à démocratiser se résume t-il à la musique et au concert de JB Mpiana ? Si sous d’autres cieux, le même poids de mots est utilisé pour souligner l’importance d’un fait, sous la kabilie au Congo de Lumumba, les mots sont employés pour faire et se faire peur. Tenez, l’annulation mieux l’échec du dernier «soi disant concert caritatif» de l’artiste musicien congolais Mpiana Tshituka dit JB dans la Salle du Zénith au Parc de La Villette et non celle de Bercy Sports  dans la capitale française aura donné naissance à plusieurs supputations. Celle qui fait l’objet de ma mauvaise foi d’aujourd’hui est le terme «début du génocide culturel» utilisé dans certain milieu proche du régime, à la présidence comme au sein même du gouvernement.

Ce concert polémique prévu le samedi 21 décembre 2013 et perçu comme une provocation de la part des «Combattants», avait reçu plus qu’une très vive contestation des congolais de la diaspora opposés en tout et pour tout au régime Kabila. Ce simulacre d’œuvre de charité en faveur des ressortissants de l’Est martyrisé du Congo  avait finalement été annulé sur ordre de la Préfecture de la police de Paris par son arrêté du19décembre 2013 portant interdiction du concert de JB Mpiana au Zénith de      paris du 21décembre 2013. Dans ce bras de fer entre le régime de Kinshasa et ses opposants, les «Combattants» auront gagné la première manche sur le plan psychologique et physique au moyen de la pression.

Car, si ce concert avait eu lieu, c’était la porte ouverte au retour de ces délinquants musiciens pour truander les mêmes congolais de la diaspora. L’on se rappellera que depuis plus de 5 ans, les "combattants" ont imposé un "blocus" dans plusieurs villes européennes, empêchant tout concert d'artiste musicien congolais, tant populaires que chrétiens. Une seule reproche à ces gens : leurs propos désobligeants face aux congolais de la diaspora et un soutient plus que favorable en faveur de Joseph Kabila pour les quelques prébendes qu’ils reçoivent de l’imposteur.

Mende, encore Mende et toujours Mende. La précipitation est un mauvais conseillé dit-on. Au micro de Cyprien Wetshi (lesamisdewetchirdc.com/), sieur Lambert Mende Omalanga, ministre kabilie de l’Information fait une sortie cauchemardesque contre les combattants qu’il qualifie de «sous congolais». Joseph Kabila devra être vert de colère lorsque des personnes du genre Mende et autres journalistes politiciens prennent la parole en son nom. Menaçant pêle-mêle d’arrestation toutes personnes qui mettraient l’assassinat du commandant Mamadou Ndala sur le dos des militaires FARDC, cet ancien réfugié politique en Belgique dénonce les nouveaux réfugiés d’aujourd’hui qui seraient à la recherche des papiers en Occident et ce en mentant sur le dos du régime Kabila. Mende oublie t-il que lui et toute sa famille biologique qui vit encore en Belgique aujourd’hui ont pu bénéficier jadis des mêmes méthodes ?

Lui Mende qui avait  commis des actes de terrorisme avec mort d’homme contre la Voix du Zaïre de l’époque, ancien porte parole de la rébellion militaire rwandaise du RCD-Goma de Ruberwha s’est juré de mourir pour Joseph Kabila. Ce même Mende qui accusait précipitamment les rebelles ougandais de l’ADF-Nalu d’avoir assassiné le Colonel Mamadou Ndala à Béni… Aujourd’hui, le gouvernement de la kabilie auquel appartient le même Mende ne penche t-il pas vers une thèse d’un complot interne avec à la base des officiers issus de l’ancienne rébellion rwandaise du CNDP de Laurent Nkunda Batware qui ont juré de faire payé de sa vie l’homme qui a détruit le M23. Le même CNDP étant membre de la Majorité présidentielle soutenant Joseph Kabila.

L’histoire des génocides nous enseigne qu’il s’est toujours agit des déportations, des exterminations ou des massacres de grande ampleur; planifiés et exécutés pour une cause bien définie. C’est ainsi que l’on parle du génocide des arméniens d’avril 1915 à juillet 1916,  du massacres de Bosniaques par les serbes le11 juillet en 1995 à Srebrenica etc.

D’où vient que les «combattants de la diaspora congolaise» en Occident sont des génocidaires contre leur propre culture ? Il serait grand temps qu’on fasse très attention à certains termes que nous utilisons et à bon entendeur, salut !

 

Clément Wa Mbuyi

 

Ci-dessous l’article de notre confrère :

L'affaire J.B. Mpiana ou le début du "génocide" culturel !

Sabotage du spectacle de Bercy

L'affaire J.B. Mpiana ou le début du "génocide" culturel !

 Le show-man Lita Bembo se retrouve dans l'évocation de l'expression " attaquez le côté le plus pete pete !" qui ponctuait, dans l'orchestre Stukas, la partie animation de ses chansons. C'était une injonction visant l'ennemi dans son point faible. Les observateurs avisés s'en rendent bien compte par rapport au phénomène "combattants de la Diaspora" : le ventre mou ou le tendon d'Achille de la forteresse congolaise à l'étranger n'est pas dans les affaires, les sciences ou les sports. C'est la Culture véhiculé par les arts, précisément l'art musical. Le sabotage du spectacle de l'artiste-musicien Jean-Bedel Mpiana à Paris est justifié, laisse-t-on entendre, par l'engagement politique prêté à ce dernier pour avoir notamment composé une chanson en faveur du candidat n°3 Joseph Kabila Kabange. D'où l'étiquette Kabiliste qui lui est collée. Mais, les raisons de ce qui vire à la stigmatisation sont à trouver ailleurs. Simplement parce que JB Mpiana n'est pas le seul à l'avoir fait...

 Ils sont en réalité une trentaine, en majorité de la même génération, à avoir largement contribué à la campagne électorale du Raïs.  Par quoi alors s'explique le ciblage du meneur de Wenga Bcbg ?

 Qu'on se mette d'emblée d'accord sur ce point : un artiste n'est pas forcement apolitique. Les "combattants de la Diaspora" résidant en Occident savent qu'ils sont nombreux, les artistes américains et européens à s'afficher politiquement. Pendant les campagnes électorales, ils prennent ouvertement position pour leurs candidats. Et, généralement, les victoires électorales sont célébrées publiquement avec leur concours. Dirigeants et militants vainqueurs fêtent avec leurs musiciens préférés, ce qui n'indispose pas pour autant les fans, des mêmes musiciens, proches ou non des dirigeants et militants vaincus. En démocratie, le respect du choix politique de l'autre, adversaire soit-il, est sacré. Le contraire institue la pensée unique qui pousse ou mène à la pensée inique.

Pour s'imprégner du jeu démocratique, la communauté congolaise demeurée au pays s'inspire des faits et gestes de sa Diaspora, surtout celle qui vit au quotidien les exigences de la démocratie. Sont particulièrement concernées la Diaspora congolaise d'Amérique (Etats-Unis, Canada), la Diaspora congolaise d'Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, France, Benelux, Allemagne, etc.),  la Diaspora congolaise d'Afrique (Rsa, Botswana...), la Diaspora congolaise d'Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande etc.) et la Diaspora congolaise d'Asie (Japon, Corée du Sud, Singapour, Israël...). Dans ces pays, cités à titre illustratif et non énumératif, on ne persécute pas le créateur intellectuel (artiste ou écrivain) pour ses opinions politiques, à moins pour l'intéressé de faire l'apologie des idéologies fascistes.

La dictature mobutienne avait ses travers, mais jamais les "Zaïrois de la Diaspora" ne s'en prenaient aux  musiciens mobutistes de passage à Bruxelles, à Londres ou à Washington. A la limite, le désaveu s'exprimait par le refus d'assister à leurs spectacles.

 Génocide culturel

 Ce qui vient de se passer à Bercy, à Paris, autour du spectacle de J.B. Mpiana doit être considéré comme une menace contre toute la création intellectuelle, donc contre la culture. C'est la manifestation du pire des génocides qui soit sous les cieux : le génocide culturel. "Un peuple sans culture est un peuple sans âme", dit-on. Aujourd'hui, c'est le musicien qui est ciblé; demain - si l'on n'y prend garde - ce sera le peintre, le poète, le sculpteur, le dramaturge, le professeur d'université, le ministre de Dieu... Au final, les "combattants de la Diaspora" commenceront à dicter au peintre, au poète, au sculpteur, au dramaturge, au professeur, au ministre de Dieu ce qu'il doit faire ou dire, et ce qu'il ne doit ni faire ni dire. Ce sera la robotisation de la société congolaise !

C'est dur, terrible pour la RDC de vivre cette nouvelle formule de "Nuit de Cristal". Aussi, plus que la classe politique, la Société civile congolaise a le devoir citoyen d'attirer l'attention de l'opinion sur les risques que l'on fait peser sur l'avenir de la musique congolaise, le premier des produits culturels d'exportation de la RDC.  Sur le Net, un intellectuel congolais de la Diaspora fait aux musiciens congolais -dont JB Mpiana- le reproche de piéger l'art musical avec l'exhibitionnisme sexiste. Sur ce point-là, il a pleinement raison. C'est une dérive à combattre. Il devrait cependant commencer par condamner ses premiers promoteurs. Ceux qui avaient suscité le phénomène "sundama". L'un d'eux, aujourd'hui "justicier parmi les combattants", ne s'en est jamais repenti.    Entre-temps, on se devrait de le reconnaître : JB Mpiana a un répertoire non-politique qui fait la fierté de son pays. Il est l'un des rares artistes musiciens dont une œuvre a été adoptée et interprétée par un grand orchestre cubain : Germano. On imagine alors l'effet que produit, à Cuba, le sabotage du spectacle d'un tel artiste à Paris. On imagine ce qu'en pensent la Diaspora africaine antillaise et les Africains pensent. Il n'y a pas de quoi en être fier...

 Il est à craindre le retour au "Sundama"

"A quelque chose malheur est bon", dit-on. Il est établi que c'est à cause de l'absence d'une véritable industrie musicale (production phonographique, scénique et vidéographique) au pays que les artistes musiciens congolais sont obligés de "monter à Mikili", à la différence de leurs collègues nigérians et sud-africains, mieux lotis.

 Or, dès l'instant où l'essentiel de la production musicale s'effectue sur place à Kinshasa et que les besoins sont inversés,   la pression sur les artistes se réduit d'elle-même. En attendant, et pour autant qu'ils soient conséquents avec eux-mêmes, les "combattants de la Diaspora" devront plutôt boycotter et la diffusion et l'audition des chansons de tous les musiciens ayant participé à la campagne électorale du Raïs en 2011. Le résultat se devine : ils en reviendront au "Sundama"; et ce sera le début de la fin de l'emprise de la musique congolaise dans le monde.

Les mélomanes se souviennent que ce genre musical avait failli ruiner, au propre comme au figuré, la musique zaïroise, pardon congolaise, si la génération Wenge n'avait pas apparu au milieu des années 1980 pour renforcer la génération Zaïko et assurer ainsi la relève de la génération OK Jazz-Afrisa talonnée, elle, par la génération Négro Succès-Maquisards-Continental. A qui alors profiterait le crime ? Aux "combattants de la Diaspora" d'y méditer...

Omer Nsongo die Lema