Culture
vendredi décembre 04, 2020
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La piraterie des œuvres artistiques dites de l’esprit (musiques, films) et les contrefaçons en tous genres sont aujourd’hui un fléau mondial qui n’épargne ni aucun continent, encore moins aucun pays. Si en Occident, grâces aux nouvelles technologies et à une législation efficace; on tente de juguler ce mal qui détruit la création, l’Afrique demeure le parent pauvre de cette lutte presque perdue à l’avance. Pourtant, la Convention internationale sur la protection des artistes interprètes ou exécutants, des producteurs de phonogrammes et des organismes de radiodiffusion signée à Rome le 26 octobre 1961 concerne le monde entier. Qui de plus, l’utilisation illégale de toute œuvre de l’esprit sans l’autorisation préalable de l’auteur compositeur est un délit puni par les lois.

Il apparaît clair que le problème posé par la contrefaçon et la piraterie mette en danger l'innovation et la créativité. Ce qui entraîne entre autres comme graves conséquences le manque de travail dans le domaine artistique (emploi) et le danger pour la sécurité et la santé des consommateurs au travers des produits mal faits. Nul n’en doute que les activités de la piraterie et de la contrefaçon s’insèrent aussi aujourd’hui dans le crime organisé qui l’utilise pour le blanchiment d’argent sale. Si l’Afrique apparait comme étant ce parent pauvre dans le domaine, le Congo dit «à démocratiser» n’en est pas moins une exception. Et pour cause, la production artistique (musiques et films) ne contribue en rien pour le développement de l’économie du pays, encore moins pour les auteurs compositeurs et les quelques rares producteurs sérieux qui sont sur le marché qui croupissent dans la misère la plus noire.

 

Il revient aujourd’hui  que 2 CD, DVD et autres cassettes vendus sur le marché de Kinshasa ou de l’intérieur du pays sont des «vulgaires faux» et qui de plus sont de très «mauvaise qualité». La législation en la matière au travers de la Sonéca (Société Nationale des Éditeurs) ne protégeant aucun des intérêts de ses affiliés, c’est toute la filière qui se trouve en danger et  en pâtit. Il est une autre réalité au Congo-Kinshasa aujourd’hui : le pays connaît une «véritable explosion artistique» tant en matière de musique et que celle des films populaires dits «Théâtre de chez nous» depuis le début des décennies 1990-2000. Mais, à cette réalité apparaît une contre-réalité : celle de la paupérisation des artistes du pays, qui souvent disparaissent du monde des lumières des vivants autant plus pauvres qu’ils n’y étaient entrés; eux qui hier encore faisaient le bonheur et l’honneur du pays tout entier.

 

La liste serait très longue : du Dr Nico Kasanda wa Mikalayi à Joseph Kabasela dit  Kallé Jeff et son «Indépendance Tcha-Tcha de 1960» en passant par Franco Luambo Makiadi et Charles Mombaya; qui n’aura jamais connu ces artistes musiciens hors pairs qui ont marqué de leur empreinte la musique dite mondaine ou chrétienne ? Ebale Mondial, Doudou Ngafura, Monoko et autres Mopepe n’ont-ils pas fait rire des millions des congolais et d’africains au travers de leurs «sketches» pimentés ? Tous ces hommes et femmes du monde artistique ont tous disparu du monde des vivants sans laisser aucun patrimoine à leurs descendants. Pourtant, leurs œuvres continuent à égailler encore des générations entières au travers de leurs œuvres. Il se fait qu’aujourd’hui sur le marché, certains éditeurs producteurs sans scrupule rééditent les œuvres de ces artistes morts et s’enrichissent là-dessus sans que les familles ne bénéficient d’aucun droit d’auteur.

 

Quid de la nouvelle génération ?

 

La nouvelle génération des artistes congolais n’échappent pas au fléau qui a détruits leurs illustres aînés. Des «véritables requins» et autres «mercenaires» tant nationaux ou expatriés se sont introduit dans la profession en s’affabulant du titre et en s’improvisant «Producteurs».  Pour la plupart installé en Europe et depuis peu ici au pays, ces individus sans foi ni lois s’arrogent tous les droit; y compris ceux de dupliquer et de diffuser certains œuvres sans licence légale au vu et su de tout le monde. Ne possédant ni connaissances, encore moins une quelconque expertise dans le domaine de la production artistique en dehors des maigres moyens financiers en leur possession, cette catégorie des personnes abuse de la bonne foi et de  la vulnérabilité des artistes congolais.

 

Le dernier différend en date et qui fait parler reste celui qui oppose La maison Kin-Express Productions d’Antoine Katoto Luhembe à celle Bethesda de Bajack BIONGO, toutes deux  situées dans La Galerie d’Ixelles de Matonge à Bruxelles. Et en cause, la commercialisation  depuis peu à Paris et à Bruxelles par La maison Bethesda des derniers CD compilations intitulés «Les Remix GAEL» version française et lingala du Groupe Adorons l’Eternel (GAEL) d’Alain Moloto. Une enquête policière et juridique serait sur les rails à l’issu d’une plainte près la police d’Ixelles et les tribunaux de Bruxelles du représentant de la Maison Kin-Express Productions  contre les maisons qui commercialisent les produits contrefaits. La maison du compatriote franco-congolais BAJAK BIONGO Production a été surprise par la police à Bruxelles en flagrance de vente des derniers CD compilations incriminés. En effet, en complicité avec ce producteur qui avait contribué à la duplication des CD et DVd du volume 2 de «1 Heure avec Jésus», plusieurs autres personnes seraient impliquées et ce, au mépris total des lois en vigueur dans une production parallèle et non autorisée des œuvres de GAEL qui est en contrat  exclusif avec Kin-Express Productions.

Avec les deux produits en mains, presqu’aucune différence entre les vrais originaux de Kin-Express Productions et les faux  piratés par la maison en question. La différence qui saute aux yeux est dans la réalisation soignée des jaquettes pochettes : pour Kin-Expresse Productions, elles sont en carton de qualité alors que ceux piratés sont en plastique cristal dur blanc.

 

La finition Kin-Express Productions se caractérise également avec son sceau logo d’identification GAEL bien régulier et arrondi alors que celui sur les CD et DVD pirates étant rallongé. Pour prêter encore plus dans la confusion, les pirates ont pris les soins de laisser bien visible le nom et la  mention Kin-Express Productions sur la façade et le dos de leurs produits. Chose à laquelle Antoine Katoto compte s’adresser aux autorités afin que sa maison ne soit en rien liée à un trafic dangereux.

 

Un jeune producteur ayant pignon sur la place de Paris raconte : «ce qui se passe entre ce compatriote congolais contre Antoine, c’est une question de jalousie. Car, toute chose à quoi touche Antoine marche et il a du succès au travers de ses productions. Les autres n’ayant presque rien, ils ne peuvent qu’exceller dans les pratiques douteuses… ». Situation qui ne perdurera plus du reste car,  au travers des plaintes déposées à Bruxelles et bientôt Paris; il sera formellement interdit aux maisons pirates d’utiliser les œuvres de GAEL dont le contrat d’exclusivité sont pour la Maison Kin-Express Productions. Des très fortes amandes risquent d’être imposées à ces requins imposteurs qui dénaturent le travail des producteurs des œuvres de l’esprit. Un homme avertit en vaut mille dit-on…

 

Une campagne de sensibilisation se déroule actuellement sur internet et dans les pubs sur supports DVD du théâtre congolais pour montrer le vrai du faux entre les deux producteurs, ce qui ne contribuent en rien au bien des artistes musiciens du groupe GAEL. Il y va que la «tolérance zéro» initiée par ceux qui dirigent le Congo à démocratiser s’applique aussi à ces individus connus de tous qui n’honorent ni leur pays d’origine, ni encore leurs compatriotes artistes.