L’art est de nos jours «le seul grand ambassadeur» qui traverse les âges et les époques. Il en est ainsi des œuvres d’art du grand Kasaï et des artistes de ce coin du Congo qui constituent notre identité culturelle depuis l’époque de la colonisation jusqu’à ce jour. Des artistes bien de chez nous sont connus à travers le monde pour leurs prestations soit au travers de la musique, soit aux diverses autres réalisations scéniques.

Le Musée d’Afrique Centrale à Tervuren en Belgique est une réalité vivante d’une collection rare de L’Art du Kasaï comme du reste du Congo-Kinshasa. Des nombreux particuliers belges sont également en possession d’une riche collection réalisée par les artistes Kasaïens. C’et le cas de M. Edouard Vincke, ancien professeur d’Ethnologie et de Sociologie dans les Universités de Kinshasa et de Lubumbashi.

Ce passionné du Congo-Kinshasa en générale et du grand Kasaï en particulier compte dans ses réserves plus d’une centaine des tableaux des artistes Kasaïens comme Kangudia, Kasanda, Tshibumba Kanda et bien d’autres encore. Parmis ces œuvres citons les tableaux représentant les «bana ba myanzu = enfants à titres» comme les «mapasa = jumeaux» et autres «Ntumba wa mulu = Ntumba d’en haut».

Dans la pure tradition du grand Kasaï, ces enfants dits spéciaux constituent une catégorie à part entière car ils sont rares. Toujours signalés par des événements exceptionnels avant ou lors de leur naissance, ces enfants bénéficient des cérémonies et autres rituels sacrés lors de leur intronisation tout comme de leur présentation en public. Toutes ces cérémonies ne s’exécutent que sous la direction des femmes uniquement.

A Bruxelles et depuis plusieurs années se trouve l’artiste peintre Kasaïen Ngandu Muela qui en janvier 1994 déjà avait exposé à L’université Libre de Bruxelles (ULB). C’était à l’occasion de La Semaine de Solidarité avec les refoulés Kasaïens du Katanga lors des tristes événements du début des années 1990. Pas d’autre mot pour qualifier l’épuration ethnique dont furent l’objet les Kasaïens sous la férule de feu Nguz Karl i Bond et son complice encore vivant Gabriel Kyungu wa Kumwanza avec la complicité de feu président Mobutu Sese Seko.

Ngandu Muela s’était illustré au travers d’un tableau intitulé et représentant «Le train de la honte» qui ramenait des milliers des Kasaïens du Katanga vers Kananga et Mbuji Mayi. Le bénéfice de la vente de ce tableau fut reversé à l’Association TRK (une Tente pour les Réfugiés du Kasaï) qui avait aidé en son temps ces milliers des réfugiés.

Un autre artiste bien du Kasaï reste Pie Tshibanda Wa Muela Bujitu connu pour ses romans et autres récits qui l’ont rendu si, célèbre dont «Je ne suis pas un sorcier» et «Un fou noir au pays des blancs». Ce grand artiste de la culture congolaise fut l’un de ceux qui ont connu dans leur chair la barbarie et l’imbécilité humaine lors des événements du Katanga dans les années 1990. Ce qui du reste a fait partie de plusieurs de ses publications et autres représentations scéniques dont «Les refoulés du Katanga, 1995, Editions Impala, Lubumbashi sous forme d’une Bande dessinée (scénario Pie Tshibanda et dessin de Sanga Kibwanga), Un cauchemar, 1992, Editions Impala, Lubumbashi, roman et Train des malheurs, 1990, Editions Saint Paul Afrique, Kinshasa, récit.

Le groupe folklorique luba Sangalayi (Réjouissez-vous ou Réjouissance) est une spécialité de chez nous en plein cœur de Bruxelles. Au travers de la chanson, ce groupe qui participe aux festivals et autres représentations perpétue et fait connaître la culture du grand Kasaï. Tshala Muana, feu Jojo Nkashama, le Bayuda du Congo et feu Ngeleka Kandanda sont aussi parmi les artistes qui portent haut l’étendard de la culture du Kasaï à travers les scènes du monde.

Depuis plus d’une dizaine d’année, Pie Tshibanda et le groupe Sangalayi sont des intervenants habituels à la «Journée Kasaïenne du souvenir de Bruxelles» chaque 15 août. Et ce, pour commémorer les massacres et l'épuration ethnique des Kasaiens du Katanga en 1992 et ainsi perpétuer la mémoire de ceux des nôtres qui ont payé de leur vie durant ces événements. On ne les oubliera jamais !