Diaspora
mercredi avril 01, 2020
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La quête de la paix des cœurs  et des esprits dans la sous-région des Grands Lacs africains passe par un approfondissement de la nature de ses crises enchevêtrées, une sage et intelligente identification des acteurs internes et externes impliqués dans ces crises pour une intégration des peuples dans une sorte de ‘’fédération panafricaine pacifique’’. Questionner le fonctionnement actuel de l’ONU  serait une piste exploitable dans cette recherche de Justice, de Vérité et de Réconciliation.

La sous-région des Grands Lacs africains souffrent des crises enchevêtrées.  La crise de légitimité  marque certains pouvoirs en place dans cet espace africain depuis les années 1960. La guerre de basse intensité qui y sévit depuis les années 1990 semble avoir compromis toute chance d’y voir épanouis des Etats de droit  démocratique ouverts au pluralisme politique.

Les différents rapports des experts de l’ONU sur cette sous-région ont, à plusieurs reprises, indiqué l’implication des acteurs internes et externes au continent africain dans la déstructuration de cet espace économique, politico-social, culturel et spirituel. Plusieurs solutions de sortie de crise ont été proposées sans grand succès. S’inscrivant dans la logique d’une recherche de solutions efficaces à cette sortie de crise, un ex-fonctionnaire des Nations Unies, Roberto Garreton,  avait rejoint le gouvernement congolais dans son désir de créer une Commission Vérité et Réconciliation en 2007. Pour lui comme pour plusieurs acteurs  socio-politiques, la RDC avait besoin d’une justice transitionnelle après les conflits récurrents qu’elle a connus depuis les années 1965. Malheureusement, la mise sur pieds de cette Commission n’a pas pu avoir lieu.

Après la publication du rapport Mapping des experts de l’ONU en 2010, il avait été recommandé que les Tribunaux mixtes puissent être créés  pour traiter des cas de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et des actes pouvant s’apparentés au génocide commis en RDC. Jusqu’à ce jour, ces Tribunaux n’ont pas été institués. 

Disons qu’en plus de la crise de légitimité politique, il y a la question de la justice transitionnelle qui se pose  et en RDC et dans certains pays qui lui sont voisins.  Il serait souhaitable que la justice transitionnelle soit rendue dans la sous-région des Grands Lacs africain en général et en RDC en particulier. Qu’une instance supranationale africaine (comme l’UA) s’engage dans la mobilisation des moyens matériels et humains nécessaires à cette tâche. Que  les confessions religieuses, les hommes et les femmes de bonne volonté s’engagent à créer des espaces de dialogue et de réconciliation dans toute la sous-région en faisant appel au pays dont l’expertise en cette matière peut être sollicité : l’Afrique du Sud.

Néanmoins, une difficulté demeure. Comment faut-il procéder pour impliquer les multinationales ou leurs conseils d’administration dans cette recherche de Justice et de Paix, de Vérité et de Réconciliation, eu égard à leur participation (de près ou de loin) aux conflits récurrents dans sous-région des Grands Lacs africains ? L’instrumentalisation des seigneurs de la guerre par certains clients des multinationales citées dans les différents rapports des experts de l’ONU est un fait avéré. Il se pourrait qu’en créant des espaces de Justice et de Paix, les Grands Lacs en arrivent à élaborer des traités d’un commerce des ressources naturelles justes. Peut-être qu’il serait nécessaire d’associer les conseils d’administration des multinationales  aux négociations et à la signature des traités de paix.

Une autre difficulté est celle liée  au soutien qu’apportent certains pays membres permanents du Conseil de sécurité à ceux des Grands Lacs  impliqués dans la guerre de basse intensité et de prédation contre la RDC.  Une  révision de la structure actuelle de l’ONU  et un établissement des traités d’interdépendance entre les peuples  pourraient, à court, moyen et long terme, contribuer à la Paix des cœurs  et des esprits en Afrique et dans le monde.

Avant toute chose, l’Afrique devrait penser à la création d’une ‘’fédération panafricaine pacifique’’. C’est-à-dire une zone de sécurité commune et  de ‘’paix perpétuelle’’ intégrant tous les pays africains dans le respect de la souveraineté de chaque Etat et fondée sur la coopération solidaire et complémentaire des forces de sécurité.

 

Mbelu Babanya Kabudi