En pensant ce jour au journaliste et à notre cher ami Mike Mukebayi, qui est à la fois journaliste de profession, éditeur et patron du journal CongoNews, c'est un quotidien qui apparait à Kinshasa et en RD-Congo, je me permets ici de rendre un vibrant hommage au travail que l'ensemble de la presse congolaise abat et a toujours abattu dans notre cher et beau pays, la RD-Congo. Mes hommages s'adressent plus particulièrement à une partie de la presse congolaise, celle qui reste engagée dans la lutte dont l'objectif fixé reste la souveraineté nationale et l'émancipation de l'homme "congolais".

Beaucoup d'entre les journalistes ont déjà payé de leur vie, entre autres Bapua Muamba, Serge Maheshe, etc. Et à l’occasion comment oublier de citer le feu journaliste et éditeur Bosange Yema du quotidien l'Alarme, ancien détenu de Laurent Désiré Kabila et de sa bande de l'AFDL. Ils l'accusèrent d'atteinte à la sécurité de l'Etat et l'envoyèrent croupir à la prison-mouroir de Makala pour avoir osé publier à la une de son journal un article portant le titre évocateur et prémonitoire de : "Arrêtez Kabila aujourd'hui, demain il sera trop tard".  Ne le serait-il pas déjà aujourd’hui, plus de 18 ans passés, ce avec tout ce que nous avons comme héritage de la Kabilie. Des loups sont dans la bergerie.

La presse congolaise s'avère aujourd'hui,  et comme par le passé, la véritable opposition politique en RD-Congo. Bon gré mal gré, elle accomplit son travail même si des fois par manque de moyens et de possibilités soigne ses apparitions. Comment payer des journalistes, et avec quel argent, quand la vente à la criée du journal ne peut suffisamment nourrir une édition et faire fonctionner l'entreprise qui l'édite surtout dans un pays où tout le monde n'achète presque pas de journaux. Comment critiquez cette presse quand ceux qui le font subviennent à peine aux besoins pouvant faire vivre l'entreprise journal et des journalistes. Ces derniers sont autant journalistes que parents. Et je sais de quoi je parle. Je me trouve être mieux placé pour le dire car parmi vous je compte de meilleurs amis de tous les jours et des compagnons de lutte.

Je te salue cher Mike en prison où tu trouves, dans les noirs, pour te dire que jamais tes vrais amis ne te lâcheront. Des jours passent. Et j'ai cherché à savoir pourquoi notre ami Lambert Mende a suspendu ton journal et ce parmi tant d'autres. Que l’exercice du pouvoir change les hommes et trompe. J’ai voulu aussi saisir le pourquoi de ton emprisonnement.  Et j'ai appris par d'autres voies de presse que le petit frère du prélat, un ami, a préféré t'envoyer en prison dans le froid.  Il semble au nom du prélat que tu aurais offensé dans l'exercice de ton métier. Mais ce que mon cervelet ne digère est le fait que le régime en place se précipite de te coffrer alors que le prélat, pour la cause duquel tu serais en prison, passe pour être un ennemi juré du pouvoir que la Kabilie vilipende  chaque jour qui passe. Y plonger son nez, c’est naviguer dans les eaux troubles de la Kabilie. Alors, je me dis de ne rien regretter. Pas ce qui t’arrive comme « sort ». Ne serais-tu pas comme un soldat muni de sa plume ? Notre pratique de la vie nous a appris à ne jamais sous-estimer un adversaire. Plutôt à se comporter comme lui. Les Anglais nous les confirent à travers leur devise que Talleyrand se fait le plaisir de souligner dans « Bréviaire de Talleyrand » : « "Fais aux autres ce qu'ils te font”.  Je trouve que c’est contraire  à nos habitudes et à la religion par laquelle beaucoup ont été nourris. Des Congolais pleurnichent souvent et peut-être un peu trop. Ils aiment que les autres aient pitié d’eux. Et quelqu’un m’a signifié qu’il faille être en mesure de le faire alors que moi je pense à comment s’y prendre, le faire, la méthode. Pas la possibilité.

Courage, cher Mike ! Et je me sers de Patrice Lumumba  pour clore cet hommage : "Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés".

Un vieil ami. Et de toujours

Likambo ya mabele, likambo ya makila

Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
Mouvement Politico-militaire, 
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