Diaspora
mercredi mai 22, 2019
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Comment se fait-il que le peuple de la RD-Congo et une partie de sa « classe politique », en particulier des opposants de « Joseph Kabila »,  se mettent tout d’un coup à rêver dès l’annonce du discours,  aux allures un peu monotones, de François Hollande à Dakar. Si l’oubli est souvent l’élément caractériel de la mémoire du peuple,  la force du jugement de son « élite » reposerait, je trouve, sur sa référence à l’histoire.  Et à ce sujet, François Hollande n’est pas à son premier essai. L’homme a eu à recourir au même type de subterfuge lors des assises de  la Francophonie tenues à l’époque  à Kinshasa.  Qui se souvient encore de l’image de son attitude, ô combien insultant, à l’endroit d’un « chef d’état », même si c’était « Joseph Kabila »,  et de sa chère épouse,  que François Hollande a fait poireauter debout et pendant plus d’une heure, les deux  en train d’attendre son arrivée au Palais du Peuple à Kinshasa. Le peuple de la RD-Congo convié en direct à la messe. Pour certains, ce apparait comme le signe du mépris affiché par Hollande, son désamour public à l’endroit d’un chef d’État, sonnait la fin du régime. On aurait dit la goutte d'eau qui ferait déborder le vase. Mais il n’en fut rien. Car le lendemain, tapis rouges roulés et motards sifflant en plein Paris,  notre cher François accueillera, et à bras ouvert,  le même Joseph Kabila qui , toute honte bue, s’affichera à l’Elysée  devant des «  résistants » et autres « combattants » en larmes et qui à peine  se disaient « trahis ».  Et aujourd’hui  encore, ce qui peut paraitre étonnant  est le fait que la masse congolaise , et je peux comprendre, mais que les mêmes « opposants » ne se sentent pas de joie à l’instar du Corbeau devant les déclarations d’amour du renard quand je sais que sans le soutien de la France et de François Hollande, comme exécutant anglo-saxon, « Joseph Kabila » ne serait jamais et toujours là où il est perché au pouvoir et à Kinshasa.

Et malgré tout cela, la canaille congolaise félicite François Hollande…. Mais arrêtez messieurs !

Mais au nom de quoi se moque-t-on de ce peuple,  en le conviant à assister à un semblant de conflit de palais entre le produit Joseph Kabila et ses maîtres ? Les mêmes oublient vite qui l’ont créé, juché l’homme au pouvoir à Kinshasa, qui l’ont armé pour mater son propre peuple et rendre ce peuple si vulnérable devant cet homme pour que demain, quand il plaira au roi et selon ses intérêts, le déclarer, parce que se fondant sur une prétendue impuissance de ce peuple  à déboulonner le monstre,  lui venir au secours, en aide  alors que ce peuple ne doit rien attendre de qui que ce soit, surtout  pas  du pyromane.

Vendu aux Congolais et à la criée comme du pain par son mentor Louis Michel, l’homme noir « Joseph Kabila » a longuement été instrumentalisé. Il a été pressé et exploité. Et à travers lui s’entretenait l’image de l’esclave noir de l’époque, et de toujours,  et qui serait en effet bon enfant, travailleur et corvéable à  merci et jusqu’à ce que le maître de l’esclave décide du sort de ce dernier.

À la place de l’homme noir « Joseph Kabila »,  pour qui une certaine rumeur affirme être parmi des « chefs d’États » d’Afrique noire,  qui se sentiraient visés par la messe noire en cours, j’aurais comme acteur politique saisi la perche tendue pour mettre en scène mon départ de de l’histoire mais en y rentrant par la grande porte. L’occasion et l’époque me semblent uniques pour un leadership à la fois porteur de vision et conduit par une grande ambition.  Se racheter vis-à-vis de son peuple. Par exemple, en le rassemblant autour d’un idéal et d’un  mouvement panafricain de libération de l’homme noir du joug de l’impérialisme du type occidental dont « Joseph Kabila » est le produit par excellence. Il porte la marque de cette enseigne. Mais il reste à savoir si le jeune noir en « Joseph Kabila » en aurait le culot, la dimension historique, le courage et voire le jugement opportun qui sert de mesure aux hommes de l’histoire ? Un pouvoir dont on n’a pas la vision est un crime.

L’Occident chercherait à se cacher derrière l’idée du monstre de Frankenstein  qui se serait rentré en rébellion contre son créateur. Mais non ! Sinon comment expliquer que le même l’Occident, et sous la houlette anglo-saxonne,  s’est déjà préfabriqué une autre classe politique congolaise et à son goût, un clientélisme dit «  jeune » et « nouveau »,  et qui se trouve à rendre des loyaux services aux maîtres du céans. Et pourquoi l’homme noir, l’esclave d’hier et de toujours, tarde à apprendre la leçon. « Un monde où des fous conduisent des aveugles ».

Que faire ? Et l’argument le plus courant entendu serait que des Congolais ne pourraient rien faire d’autre que de se soumettre. Chacun est convaincu de remporter  la palme de démocratie, de raison, d’intellectualisme, la croyance aux élections, révision constitutionnelle, un prix Nobel…  Oui attendre, mais attendre quoi  alors que personne ne sait dire comment font ces autres pour ne pas se plier  d’un coup devant des puissances monstrueuses.  Ne se battent-ils pas avec des moyens à leur disposition, qui sont hasardeux des fois, dont ils se dotent pour plus tard récolter mérites, respect et considération dans leur opiniâtreté devant des prédateurs de nature.

Il est certes vrai que comparaison n’est jamais raison, mais on apprend aujourd’hui que les USA, et ce après avoir combattu Assad et la Syrie, renoncent à poursuivre cet arabe contre des crimes qui lui étaient pourtant attribués : crimes contre son peuple et assassinat du feu Rafic Hariri.  Et surprise, l’homme ne fait pas le voyage sans retour de la Haye comme Bemba, comme Blé Goudé, comme le fils du sergent Koudou, mais « le département d’État, [lit-on dans un article], a décidé de faire basculer sa subvention sur un nouveau programme chargé d’établir les crimes commis par l’Émirat islamique. À ce jour, le "Bureau de la Justice criminelle globale" du département d’État n’a fourni aucune explication sur son changement de politique ».

Le peuple syrien et Assad ont payé de leur sang. Ils en sortent grands devant l’histoire parce que traités aujourd’hui en interlocuteurs, ce que nous n’avons jamais été et que nous ne le sommes,  face à l’Amérique.  Alors je me demande qui dit mieux ?

Je conclus en disant ni Hollande, ni Joseph Kabila, mais j’invite les Congolais à se libérer de la peur. Et ils pourront demain prétendre à l’existence et au respect des autres.

 

Likambo ya mabele, likambo ya makila...

 

Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
Mouvement Politico-militaire, 
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