Tous les ingrédients y sont réunis : sexe, scandale et corruption. C’est dans l’air même du thriller belgo-congolais du moment où hommes politiques de l’Europe et du Congo, affairistes économiques et autres escrocs menteurs sont au-devant de la scène. Si en Belgique, les têtes sont tombées et la justice poursuit son chemin, au Congo de Lumumba, rien ne bouge car tout va bien pour Mme La Marquise. Adolphe Muzito enfermé dans son mutisme qu’on lui connait    «assure n’avoir jamais rencontré Serge Kubla et n’avoir jamais fait affaire avec Duferco». Par contre, c’est sa femme Chantal Ngalula qui porte plainte contre X pour diffamation avec constitution de partie civile en Belgique depuis ce 1er mars 2015. Maladroitement droite dans ses bottes  du culot. Trouvez l’erreur !

 

Scandale. «N'ayant rien à se reprocher», et voulant «connaître toute la vérité dans cette affaire qui a gravement porté atteinte à son honneur et à son image ainsi qu'à ceux de sa famille», Mme Muzito nie farouchement «qu'elle ne connaît pas Serge Kubla et qu'elle ne l'a jamais rencontré pour discuter de quelque sujet que ce soit. Elle n'a donc jamais reçu une quelconque somme d'argent de la part de ce dernier», selon ses avocats-conseils. Et qu’en est-il de l’honneur du peuple congolais pillé et spolié dans tout ça ?

Mme Muzito n’en a cure parce qu’aujourd’hui, elle et son mari d’ancien premier ministre sont à la tête d’une fortune : Hôtels de luxe à Kinshasa et à l’intérieur du pays dans le Bandundu, compagnies d’aviation et maritime, chaines de TV et radio…Elle peut même se permettre le service d’avocats à Bruxelles alors qu’un déni de justice se prévoit au Congo. Qu’elle commence par justifier la somme de 500.000 dollars US cités dans cette affaire qu’elle se rende donc à Bruxelles si le juge d’instruction ne la mettra pas en garde à vue et ne l’incarcéra pas comme son intermédiaire dans cette affaire de corruption.

Mme Chantal Ngalula Muzito feint d’ignorer que ce ne pas le grade de Directeur à La Banque nationale de son mari qui est à la base de leur soudaine fortune. Dans quel état et quel niveau de vie se trouvait la famille Muzito lorsque dans les années 1990 et au retour d’exil d’Antoine Gizenga du Palu, Adolphe Muzito était Secrétaire particulier de son beau-frère Gizenga ? Mme Muzito ne connaissait peut-être pas que son mari de richissime homme d’aujourd’hui squattait les rédactions de la presse écrite hostile au régime de Mobutu dont le Quotidien UMOJA de feu Léon-Abel Robert Moukanda Lunyama d’heureuse mémoire pour publication sans payement des communiqués du Palu. Son mari d’ancien premier ministre peut-il aussi nier cela ? Des preuves lui seront brandi au nez… s’il le veut.

Pauvre Serge Kubla. Il a l’allure à s’y méprendre d’un DSK : massif et fort physiquement, dos vouté mais cheveux encore gris noirs. Lui, c’est le beau Serge Kubla, 67 ans, fils d’un immigré tchèque né en 1947 à Bruxelles où son père fut ouvrier brassicole. Homme politique belge à la carrière bien remplie, ancien Député régional et fédéral, ancien ministre et Bourgmestre de la commune huppée de la périphérie bruxelloise de Waterloo, il est tombé de son piédestal lâché comme un mal propre par le MR (Mouvement Réformateur), parti du Premier ministre belge Charles Michel, le bien cité fils de son père Louis Michel de triste réputation au Congo-Kinshasa où il n’a pas que des amis en dehors du cercle fermé du régime ainsi que des frères francs-maçons.

Préparant les festivités du bicentenaire de la célèbre bataille de sa commune qui a vu les armées de Napoléon battues par celles anglaises, il vient de connaitre son Waterloo à lui avec son inculpation et son incarcération deux jours durant à la prison bruxelloise de Saint-Gilles. Et ce, dans une sombre affaire de corruption au Congo, à plus de 8000 Km de sa Belgique natale et d’adoption.Toute présomption d’innocence entendue, Serge Kubla est suspecté d’avoir corrompu ou participé à un système de corruption «sur une personne exerçant une fonction publique dans un Etat étranger» congolais, en l’occurrence M. Adolphe Muzito, ancien premier ministre Kabila qui avait remplacé son beau-frère Antoine Gizenga à la tête du gouvernement du 10 octobre 2008 au 6 mars 2012.

La personne ayant servi d’intermédiaire dans ce manège n’étant autre que Mme Muzito en personne, née Chantal Ngalula qui nie ne jamais avoir rencontré Serge Kubla qui lui aurait remis une somme de 20.000 Euros en liquide à l’Hôtel Président de Bruxelles. Chose reconnue  et avouée devant le juge d’instruction bruxellois Michel Claise qui avait préféré le mettre en prison.

Mais comment cette affaire est apparue sur le devant de la scène ? C’est la disparition  mystérieuse et suspecte du comptable belge de Duferco depuis plus de six mois quelque part au Congo pour qui les indices laissent croire qu’il aurait été assassiné qui a mis la puce à l’oreille de la justice belge. Cela la conduisant sur les traces de Serge Kubla qui travaillait avec lui et qui n’a rien à avoir dans cette disparition. Des mouvements de fonds suspects ayant été découverts avec transferts d’argent dans le chef de la société  Duferco  qui voulait pénétrer le marché de la sidérurgie congolaise. Encore mandataire politique belge et converti en ses heures perdues en «intermédiaire commercial», il se met au service du Groupe Italo-Suisse Duferco et son président Antonio Gozzi pour ses activités africaines.

Ancien ministre Wallon de l’Economie, de la Recherche, des Technologies Nouvelles et du Tourisme de 1999 à 2004; avec un carnet d’adresses bien remplis, il ne pouvait qu’intéresser les responsables de Duferco qu’il a rencontré plusieurs fois durant son mandat. Ce groupe plus que gourmands qui a laissé des milliers des personnes sans emploi à Clabecq dans la région de Tubize et à La Louvière dans la région du centre n’a pas que des bons souvenirs en Belgique.

Et pourtant, le groupe Italo-Suisse jeta son dévolu sur le Congo en lorgnant sur l’aciérie en voulant racheter la sidérurgie de Maluku dans la commune kinoise de la N’Sele. Dans sa gourmandise, il avait entre autre ambition d’étendre ses tentacules dans le secteur de jeux au travers la société nationale de loterie (Sonal) qui vient de causer leur chute. C’était sans compter avec les manières toutes particulières des politiques congolais dans le système de dessous des tables (la corruption) pour toute sorte d’implantation dans le pays.

Les virées kinoises de Mr Serge. C’est comme cela qu’on l’appelait à Kinshasa pour désigner Serge Kubla. Il avait commis l’erreur d’oublier que dans un régime dictatorial comme de Joseph Kabila, lui et ses amis étaient fliqués à chacun de leurs déplacements par les éléments de la DGM (Direction Générale des Migrations, les services congolais). C’est ainsi que leurs faits et gestes étaient connus à l’instant présent affirme un contact de www.congoone.net à la DGM, surtout qu’il s’agissait des belges pour qui le régime de Kabila n’a pas plus de confiance. Pourtant, ce ne pas de cette manière que l’on se conduit avec les personnes qui furent autrefois des amis…

Lors de ces virées, le mandataire politique belge «qui aimait vraiment faire la fête» n’y allait pas seul comme autrefois DSK. Il était toujours accompagné des deux autres hommes de mains plus qu’influents : Stephan De Witte, comptable de Duferco disparu quelque part en Afrique et dont on suppose la mort et un certain Augustin. Entre ces hommes, ce sont des soirées bien arrosées avec aux menu champagne et charmantes filles de joie pour ne pas dire prostituées kinoises dans une villa louée par eux dans le quartier chic de Kinshasa. L’escroc d’Augustin se disant de fois représentant de la Française de Jeux pourtant présente au Congo via son Pari Mutuel Urbain (PMU) n’avait jamais pris au sérieux par les interlocuteurs congolais. Ayant trouvé leurs pigeons dans les trois compères, il ne restait plus qu’à les déplumer en leur soutirant le maximum d’argent indique une source anonyme de Kinshasa à www.congoone.net 

A malin, malin et demi. Les blancs belges croyaient avoir les congolais mais ils sont reparti bredouilles en tout et pour tout après avoir laissé des centaines des milliers de dollars continue notre source. Si «Tout ça ne nous rendra le Congo» comme dit une émission bien connue de la UNE RTBF.

Clément Wa Mbuyi