Diaspora
lundi octobre 21, 2019
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Pari tenu, pari réalisé…Ils étaient une cinquantaine des Congolais venus des Diasporas afro-européennes à savoir L’Allemagne, La Belgique, La France, Les Pays-Bas,  La RDC, La Suède… qui se sont retrouvés samedi 11 avril 2015 de 14h30 à 22h00’, rue du Damier à 1000 Bruxelles sur invitation du Congrès International de la Diaspora Congolaise, CIDIAC en sigle. Ils sont également venu de tous les horizons possibles : Politique, Presse, Société civile, Religieux et Dynamique combattante en vue d’une réflexion profonde sur les questions importantes qui préoccupent leur pays d’origine la RDC en ce moment si particulier de son existence et en rapport avec les échéances 2015-2016.

 

L’Accueil des participants fait suivi de l’Hymne national le Débout Congolais, du mot d’ouverture du Réseau International de la Diaspora Congolaise (RIDC) et explication du contexte même du CIDIAC; les choses sérieuses pouvaient commencer. Et la grande question qui taraudait tout le monde fut celle de savoir «Comment faire de toute cette Diaspora une Force Politique» et «Comment susciter un Leadership politique crédible au sein de cette même Diaspora»? Sous la direction de Damien Twambi le modérateur du jour, il fut d’emblée souligner l’importance de cette diaspora congolaise forte de ses 5 à 7 millions d’individus éparpillés à travers les cinq continents. Parmi ces personnes s’y retrouvent toutes les compétences et expertises possibles allant du cadre supérieur hyper diplômé à l’ouvrier spécialisé qui peuvent être utiles un jour pour le redressement du pays.

 

Ce fut aussi l’occasion sans non souligner l’importance de cette diaspora en sa qualité de potentiel financier au travers du flux d’argent transféré au pays chaque année et qui équivaut presqu’au budget national de plus ou moins 9 milliards de dollars US. Pourtant, il s’avère qu’aucune décision politique prise par les gouvernants congolais de Kinshasa d’hier sous Mobutu comme d’aujourd’hui sous Kabila ne tienne compte de cette diaspora qui du reste n’a jamais était consultée pour une question ou une autre.

 

Un début de réponse à cette question fut trouvé par les intervenants du jour eux-mêmes à savoir «un manque d’organisation et de structure reconnu au sein de cette diaspora congolaise». Raison du reste de l’existence du Réseau International de la Diaspora Congolaise (RIDC) qui invitait à Bruxelles et qui se veut un cadre de mutualisation des forces politiques et combattantes de la diaspora. Articulé autour des 3 objectifs principaux à savoir : œuvrez à un nouvel ordre politique en RD Congo; veillez à établir un nouveau leadership fort et crédible capable d’instaurer un Etat de droit en RD Congo et Faire de la Diaspora une réelle Force Politique avec laquelle il faudra compter dans le futur.

 

Une trentaine d’interventions divers ont ponctuées la journée de réflexion de Bruxelles, allant des politiques aux religieux en passant par les représentants du mouvement des combattants qui fait des sueurs froides aux politiques kabilistes et autres musiciens congolais de passage en Occident. Parmi ces intervenants du jour, on pouvait noter les Associations et Mouvements politiques, la société civile, la Dynamique combattante, les personnalités politiques congolaises actives dans la diaspora, les personnalités politiques de la diaspora congolaise candidates aux prochaines élections en RD Congo, les activistes du changement politique et enfin les Amis du Congo.

 

Réunis dans un cadre de dialogue, d’échange d’idées et de réflexion entre toutes les composantes actives de la diaspora congolaise, les congressistes de Bruxelles n’avaient qu’un seul objectif : «créer une communauté de connaissances capable de stimuler, de proposer et d’émettre des idées créatives et innovantes pour faire de la diaspora une réelle Force Politique». Selon les organisateurs, «cet aspect de chose les obligent  à revendiquer en termes de rapport de force, une place de choix en tant que partenaire indispensable dans la prise de décisions qui concernent l’efficacité politique en RD Congo». Parmi tous ces intervenants, trois options se sont distinguées : aller ou non aux élections en 2016 avec le pouvoir actuel, un soulèvement populaire et enfin une option militaire contre un régime qui ne comprend que le langage de la violence qu’il entretien lui-même vis-à-vis du peuple depuis des années.

 

Quelques interventions du jour.

 

Dieudonné Kalombo, président de L’ARDC. «Il est grand temps pour baliser les pistes  afin de sortir le pays des conditions irresponsables dans lesquelles suffoque notre peuple» annonce-t-il avant de poursuivre «pour cela, il faut beaucoup de lucidité et une connaissance claire des enjeux». Pour pouvoir faire de la diaspora une force politique, cela implique un «regroupement de toutes les forces vives avec capacité de mobilisation du peuple en vue de se faire prendre en considération par le pouvoir de Kinshasa tout comme la communauté internationale» conclut-il.

 

Laurent Mutambayi, Conseiller du Secrétaire d’Etat belge NVA Théo Francken. Originaire du Congo, ce juriste membre du parti extrémiste belge de la New Vlaams Alliance (Nouvelle Alliance Flamande) a relevé «le fait de l’incapacité des congolais de la diaspora comme du pays à canaliser son capital ainsi que le manque de confiance de confiance mutuelle entre congolais». Pour lui, le leadership passe par «le vivre ensemble ne peut passer  que par éviter ce qui divise vers le croire et l’engagement pour une cause et non un individu. Ce qui sortira le congolais de son auto flagellation pour se reconstruire autour des nouveaux idéaux».

 

Jacko Sayala, Président de la Voix du Peuple qui est un groupe de pression prônant le soulèvement populaire comme le seul moyen de chasser la dictature. Louant les combattants résistants qui ont gagné la bataille contre le régime Kabila, il soutient le combat contre l’égoïsme, l’égocentrisme et la corruption tout en refusant tout dialogue ainsi que la tenue des élections de 2016 avant que la dictature ne soit chassée.

 

Colonel M, ancien des Forces Armées Zaïroises (Faz), des Forces de l’AFDL et des Fardc de Joseph Kabila. Aujourd’hui dans l’opposition, ce colonel qui avait accompagné Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa souligne que la Diaspora congolaise bien que dispersée est en soi un danger pour le régime Kabila qui n’existe que par l’occupation de fait du pays par l’armée rwandaise. Pour lui et ses amis, il n’y a que le soulèvement populaire  et la lutte militaire  qui chasseront ce pouvoir d’occupation. Ne voulant pas en dire trop sur la place publique des stratégies militaires, il a néanmoins expliqué que demain, l’armée républicaine sera là pour protéger la démocratie et non s’emparer du pouvoir. Cette armée aidera à mettre sur pied un régime transitionnel pour la tenue des vraies élections et l’instauration d’une vraie démocratie. 

 

Diego Badu, SG du Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC). Combattant activiste résident en Suède, il soutient la grande mobilisation des masses et des partenaires en vue de travailler demain pour la gestion du pays. Pour cela, le Mouvement Combattant devra avoir une idéologie rassembleuse et une mission bien définie au travers d’un programme avec projet du combat. Pour lui, la guerre contre le régime Kabila doit s’intensifier encore davantage.

 

Christian Bamba, Représentant du prophète Joseph Paul Mukungubila en Belgique. Ce jeune homme dont l’histoire tragique de la vie reste liée à celle du Congo n’est autre que le petit-fils d’Emmanuel Bamba ; l’un des trois pendus de la pentecôte par le régime Mobutu. Pour lui, il n’y a que le prophète Mukungubila qui peut transmettre la force de vaincre Kabila et ses amis pour le chasser du pouvoir et instaurer un nouveau Congo. Car pour son prophète, le pays est occupé par les rwandais qui sont nos ennemis et qui continuent de nous écraser et il n y a que l’unité du peuple pour l’intérêt supérieur de la Nation qui devra nous sauver. Pour étayer la puissance de son prophète, il cite les attaques de Mont-Fleury en 2010 par la Demiap, la prise à mains nues de la Cité de la RTNC le 30.12.2013 par les adeptes de leur église et le massacre qui s’en suivi par l’armée de Kabila…

 

Ntumba Wa Ntumba, SG du mouvement Résistant Combattant Kongolais de la Hollande. Il a déploré cette  attitude amorphe des congolais quand il s’agit d’un engagement salutaire pour la cause du pays. La Belgique étant le premier pays de la grande Diaspora congolaise en Europe ne joue pas son rôle moteur par la dispersion de cette même diaspora dans les intérêts louches les uns que les autres.

Henri Matoma  du parti politique Action Républicaine pour le Progrès (ARP) de Paris. Pour son parti politique crée en 2005 et qui fonctionne au pays, la reconnaissance des efforts de chacun pour dégager une unité et défendre les valeurs communes de la Nation est la clé qui conduira la Diaspora pour peser demain au niveau des institutions du pays.

 

Deux ateliers Politique et Stratégique sont venus clôturer cette rencontre de Bruxelles. Ils consistaient essentiellement sur le «Leadership de le Diaspora». Il s’est également s’agit «d’échanger et de débattre sur la possibilité de susciter une efficacité d’action de la diaspora à travers un rassemblement des potentiels candidats aux prochaines présidentielles, autour d’un même leadership (Pas nécessairement un Leader) qui sera considéré comme le leadership de la diaspora face aux prochains enjeux électoraux et pour créer un rapport de force avec toutes les autres forces en présence».

 

Le Prix «INGETA». Dans leur souci d’encourager les initiatives importantes pour le devenir du pays, le RIDC

(Réseau International de la Diaspora Congolaise) a institué un Prix dénommé INGETA comme le cri de guerre des combattants entendu dans toutes les manifestations de la Diaspora congolaise. Il (prix) sera remis «pour honorer des personnalités congolaises vivantes ou décédées qui ont fait preuve d’une bravoure patriotique remarquable». Les organisateurs ont promis des retrouvailles très bientôt à Bruxelles pour la publication des résultats du CIDIAC 2015.

 

Clément Wa Mbuyi