Diaspora
lundi octobre 21, 2019
Register

Ils sont tous jeunes et parfois ils n’ont jamais leurs pieds au Congo-Kinshasa. Pourtant, ils sont tous opposants acharnés au régime dictatorial et monarchique incarné par Joseph Kabila depuis janvier 2001. Eux, ce sont les jeunes congolais connus  sous le vocable «Combattants» et qui militent depuis l’Occident (Amérique du Nord, Europe, Australie, Afrique du Sud, etc.) pour un changement de régime au Congo-Kinshasa. Parmi ces jeunes gens figure un certain NSAU KALEMBA dit Wilson, membre influent du MIRGEC (Mouvement International pour la Reconnaissance du Génocide Congolais)  depuis Bruxelles en Belgique.

 

Cela fait plus de trois mois que Nsau Kalemba, cet opposant politique congolais croupis dans le Centre fermé belge pour illégaux de Merksplas dans la région anversoise près de la frontière hollandaise. Et pour cause, le rejet par les autorités belges de sa demande d’asile politique déposée auprès de l’Office des Étrangers. Ancien cameraman à la Chaine Canal Congo TV (CCTV) appartenant au Groupe économique Bemba et fermée depuis lors par le régime Kabila, ce jeune combattant marié et père d’une petite fille est un sympathisant proche du MLC (Mouvement de Libération du Congo) du Chairman Jean-Pierre Bemba Gombo. Son ancien Directeur et Attaché de presse Patrick Palata fut arrêté en janvier 2011 dans le cadre de la fameuse affaire Munene.

De son histoire, il ressort Wilson Nsau Kalemba fut suspecté par la police secrète congolaise de l’ANR (Agence Nationale des Renseignements) d’être de mèche avec les partisans du Général Faustin Munene. Cet ancien Chef d’État-major des Forces armées congolaises sous le gouvernement Laurent-Désiré Kabila aujourd’hui en fuite depuis plusieurs années au Congo-Brazzaville conteste tout autant le régime incarné par Joseph Kabila. La répression politique menée contre ses proches avait fait craindre à Nsau Kalemba pour sa vie. Grace à l’ancien Bourgmestre de la commune de Mvunzi et proche de l’ancien gouverneur de la province du Bas-Congo Mbata, Nsau Kalemba avait préféré fuir son pays pour trouver ailleurs un semblant de sécurité. Plusieurs personnes incarcérées illégalement dans l’affaire dite du Général Munene ont été abusivement et lourdement condamnées par un tribunal militaire de Ndolo à Kinshasa dans un procès plus politique que juste.

De ce Général devenu presqu’un mythe, on sait  qu’il n’a jamais eu un discours tendre vis-à-vis de Joseph Kabila. Autant radical, il dénonce «l’honneur souillé du Congo à travers le monde, terre où règnent la corruption, l’insécurité, l’injustice, les massacres, les viols, les pillages, spoliation des biens d’autrui, détournement des deniers publics, le non respect des droits les plus élémentaires de l’homme, l’impayement de salaires, la pauvreté….bref, une république bananière…». Le 04 janvier 2010, il fondait son mouvement politico-militaire appelé « L’Armée de Résistance Populaire, en sigle A.R.P.» qui donne des sueurs froides au pouvoir de Kinshasa. Du dit mouvement, on sait qu’il tente de regrouper en son sein plusieurs forces de résistance, de combat, de groupes d’auto-défense populaire pour défendre le peuple congolais avide d’un changement qualitatif de sa destinée. Entre autre ses objectifs poursuivis, l’ARP vise a fédérer tous les combattants de l’intérieur comme de l’extérieur sans distinction de race, religion ou tribu pour restaurer la paix, gage du développement.

La Belgique et ses méthodes. Mais hélas, le nouveau gouvernement belge dirigé par Charles Michel (fils de Louis Michel de triste mémoire pour le Congo-Kinshasa) sous le férule des indépendantistes nationalistes flamands de la NVA et son Secrétaire d’Etat à L’Asile et aux Migrations Theo J.E. Francken l’ont juré autrement : la place des congolais membres du mouvement des combattants se trouve à Kinshasa dans la gueule de la dictature de la kabilie qu’en Belgique où ils sont devenus encombrants pour la politique étrangère du petit royaume qui préfère entretenir ses bonnes relations avec Kinshasa.

L’arrestation de Nsau Kalemba, sa détention dans le centre fermé  et la procédure de son expulsion rappelle ces mêmes méthodes utilisées du gouvernement belge pour faire taire la contestation congolaise qui a fait de Bruxelles, Londres et Paris les places fortes des opposants. Les responsables politiques congolaises de passage dans ces capitales rasent les murs de peur de se faire «corrigés» par les combattants. Il en est de même des musiciens congolais qui sont interdits de concerts en Occident par ces mêmes combattants depuis plusieurs années, ce qui constituent un véritable manque à gagner financier pour eux. Surtout lorsqu’on sait que ces concerts rapportaient beaucoup en argent et autres biens matériels pour ces chantres de la kabilie qui ne réfléchissent que pour leurs ventres…

En attendant, en compagnie de son avocat conseil, Wilson Nsau Kalemba a réintroduit sa demande d’asile et espère ne pas se retrouver dans la gueule de la machine broyeuse de Kabila qui fait tout pour se cramponner à son fauteuil alors que son mandat se termine fin 2016.

Clément Wa Mbuyi