Diaspora
mercredi octobre 18, 2017
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''Le phénomène Macron'' est difficilement compréhensible par ''les paresseux intellectuels'' ; ceux qui croient qu'il y a du hasard et de la génération spontanée en politique.

Il est intéressant à plusieurs  titres. Il dévoile la capacité des ''corporatocrates'' de se fixer des objectifs et de chercher à les atteindre sur le temps long. Il montre  dans quelle mesure ''la génération de l'iPhone''  et des ''réseaux sociaux'' est envoûtée, dans une certaine mesure, par ''la sorcellerie capitaliste''.

Le premier tour de l'élection présidentielle en France a vu, ce dimanche 23 avril 2017, un candidat ''sans parti politique'', Emmanuel Macron, avoir plus de pourcentages que les dix autres.

Qui est ce jeune candidat au deuxième tour de l'élection présidentielle ? D'où vient-il ? Est-il sorti de nulle part ? Comment s'est fabriqué son succès au premier tour de cette élection ?

Emmanuel Macron vient des milieux banquiers et de grandes fondations françaises ayant des ramifications à travers certains instituts de sédition made in USA. Il est aussi le produit des médias dont les responsables  font partie de ''la corporatocratie mondiale''(http://www.voltairenet.org/article196012.html).  Il s'inscrit dans une longue guerre menée par cette ''corporatocratie'' contre la démocratie comme l'explicité très bien Diana Johnstone  dans cet article :https://www.legrandsoir.info/la-gouvernance-contre-le-peuple.html.

Disons que ''le phénomène Macron'' n'est pas une génération spontanée. Il est une fabrication, sur le temps long, de ceux qui avaient décidé d'en finir avec la démocratie. Ils voulaient éviter l'irruption des masses populaires dans l'arène politique. Pour en arriver là, ils ont cru qu'il était bon d'utiliser l'école, l'université et l'église afin de fabriquer des citoyens apathiques et/ou obéissant à un seul paradigme, celui du triomphe de la valeur marchande. Sur cette question, il serait souhaitable de lire le livre de Susan George intitulé ''Cette fois-ci en finir avec la démocratie. Rapport Lugano II (Paris, Seuil 2012), ou celui de Noam  Chomsky intitulé ''Deux heures de lucidité ». Entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz (Paris, Les arènes, 2001) ou encore  celui d'Alain Deneault intitulé 'La médiocratie'' , Paris, Lux, 2016).  Ce thème de ''la crise de la démocratie '' est commentée dans notre propre livre intitulé  ''A quand le Congo ? Réflexions &propositions  pour une renaissance Africaine, (Paris, Lobi Lelo, 2016).

''Le phénomène Macron'' est difficilement compréhensible par ''les paresseux intellectuels'' ; ceux qui croient qu'il y a du hasard et de la génération spontanée en politique.

Il est intéressant à plusieurs  titres. Il dévoile la capacité des ''corporatocrates'' de se fixer des objectifs et de chercher à les atteindre sur le temps long. Il montre  dans quelle mesure ''la génération de l'iPhone''  et des ''réseaux sociaux'' est envoûtée, dans une certaine mesure, par ''la sorcellerie capitaliste''. Il suscite de l'admiration chez ceux et celles d'entre nous qui n'avaient jamais compris que plusieurs partis dits ''traditionnels''  dans les pays dits de ''vieilles démocraties'' ont toujours servi  les mêmes ''corporatocrates''. Une relecture du livre de Philippe de Villiers intitulé ''Le moment est venu de dire ce que j'ai vu'' (Paris, Albin Michel, 2015) serait recommandable à ce sujet.  Il nous dit aussi que, dans les pays dit de ''vieilles démocratie'', le choix des urnes vient avaliser celui fait au préalable par ''les corporatocrates''. Dans ce contexte, il devient possible de comprendre qu'un philosophe français ayant étudié cette question en arrive à qualifier les élections de ''piège-à-con'' (Lire  A. BADIOU, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Paris, Ligne, 2008).

Alain Badiou est l'un de ces Français qui, depuis longtemps, savez que ''la théâtralisation de la vie politique'' en France après Sarkozy aller empirer après Sarko. (Lire A. BADIOU, Sarkozy, pire que prévu. Les autres, prévoir le pire, Paris, Lignes, 2012).

''Le phénomème Macron'' nous pousse à reposer la question de la légitimité électorale et de sa faiblesse. Elle est minimale. Elle se maximalise au cours de l'exécution du mandat de l'élu. Tout comme elle  peut se minimaliser si le mandant n'arrive pas à exécuter son programme ou son projet de société de façon à garantir (entre autres) les droits sociopolitiques, économiques, culturels et environnementaux des citoyens de façon à leur permettre de créer ''un vivre ensemble'' solidaire et fraternel. Se fier donc à une élection présidentielle après le dépôt de son billet de vote dans une urne n'est pas suffisant en ''démocratie''.

''Le phénomène Macron'' dit, en filigrane, ''la mort du pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple'' et celle du ''gouvernement représentatif'' (du peuple) en Occident. Produit de l'oligarchie, il signe ''un coup d' Etat'' de celle-ci contre les masses populaires. A travers la victoire de Macron au premier tour de l'élection présidentielle française, c'est le triomphe du pouvoir oligarchique avalisé par ''la génération de l'iPhone et des réseaux sociaux'' et de plusieurs  ''vieux nègres de service''.

Il invite les imitateurs du modèle occidental à procéder à un examen approfondi de conscience sur leur course vers la démocratie. Vont-ils se contenter davantage d'avaliser les choix opérer par les oligarchies d'argent du  Nord ou vont-ils, en s'inspirant de leur culture, recréer des modèles politiques où les masses populaires prennent une part active comme au cours du ''looso'', du ''kinzonzi'' ou des ''masambakanyi'' ? Ce défi vaut la peine d'être pensé.

En France, dimanche soir, la rue a repris du service. Elle rejette dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen.  Elle vient contester les résultats des urnes. Elle ne se reconnaît pas dans ''cette démocratie théâtralisée''. A tort ou à raison.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba