Diaspora
lundi janvier 20, 2020
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L’histoire de mon Congo se souviendra qu’en plein 21ème siècle courant, il l était une fois un «grand chef blanc» dénommé Albert 2, Roi des belges de son état  qui s’est rendu en juin 2010 en Afrique centrale comme jadis à la colonisation chez son «petit nègre» nommé Joseph Kabila, président de la RD- Congo. Qui l’aurait cru et pourtant c’est une réalité : malgré le tôlé de protestations à travers le cœur du pays profond et la diaspora éparpillée à travers la planète, le grand chef blanc, le Roi Albert 2 des belges est depuis lundi soir à Kinshasa la bouillonnante. Ni l’odieux assassinat lâche de Floribert Chebeya, ce militant des droits de l’homme qui osait braver l’injustice dans son pays n’aura dissuadé le grand chef blanc… Et pour cause, il avait tenu à tout prix à célébrer dans «le faste bling-bling» le cinquante ans de l’indépendance (que nous attendons depuis 50 ans) du pays de Lumumba aujourd’hui clochardisé par une bande des criminels bien connus de tous.


A la manière de ces colons d’autrefois. Le nouveau grand chef blanc Albert 2, descendant de son grand-oncle de criminel Léopold 2 et frère de «Bwana kitoko = le beau gosse» dit Beaudoin 1er s’est rendu dans le pays autrefois propriété privée de son ancêtre où il a retrouvé son «petit nègre» Joseph Kabila. Ce dernier qui avait  repris son look de maquisard avec une chevelure touffue (alors qu’il a toujours été crane rasée) sur un visage cerné d’une barbe sel-poivre est réapparu pour la première fois en compagnie de son épouse, Olive Lembe Disita. La radio trottoir au top des infos de tout ce qui se bruisse dans la ville annonçait beaucoup «des ont-dits » qui avaient alimenté les chaumières de Kinshasa depuis mars dernier où on avait aperçu en public la première dame de la République pour la dernière fois en compagnie de son époux de président. Une chose est vraie : elle était  là  aux festivités pour lesquelles elle en avait appelé à trois jours de jeune et de prière!

Le look du chef de l’Etat congolais n’a pas manqué d’interloquer ses invités : chevelure touffue sur une barbe sel-poivre fourni le soir de l’arrivée du grand chef blanc et le lendemain bien rasé à plat. Ce qui a fait dire à certains spécialistes comportementalistes que notre homme est un instable caractérisé et qui n’est sûr de rien. «Visite historique», «La foule congolaise acclame l’arrivée de «son» Roi» sont entre autre les titres de la presse belge aux anges sans oublier cette autre Kinoise proche du régime qui s’en sont donné jusqu’aux gosiers pour acclamer l’arrivée du grand chef blanc. Cette caricature est à l’image même de ce pays sur béquilles qu’est le Congo de mes ancêtres.

Qu’un Roi des belges ne soit venu au Congo depuis plus de 25 ans, que ce que cela a d’historique pour le commun de mortel de congolais qui se bat chaque jour pour sa survie quotidienne ? En quoi cette visite tant acensée changera t-elle l’ordinaire du congolais moyen ? En quoi cette ferveur populaire (dixit le journal Le Soir)  témoigne t-il de la grande attente d’un peuple à l’égard de la Belgique, elle-même empêtrée dans ses querelles linguistiques entre francophones wallons et néerlandophones flamands ? Quel est le poids réel de la Belgique sur la scène internationale d’aujourd’hui pour pouvoir faire quelque chose en faveur du Congo de demain ? Ce sont là autant des questions que se posent les congolais …

De cette fête pour les élites  à laquelle les congolais moyen n’avait pas été convenu, on ne peut en faire un bilan exhaustif car rien n’a changé. On retiendra par contre la présence de Paul Kagamé, le bourreau de notre peuple qui est venu essuyer ses pieds sur le sang des congolais. On ne peut comprendre que le dictateur rwandais arrive avec près de 2 heures de retard  alors que tout le monde l’attendait avant le démarrage du programme officiel.  Au lendemain des festivités, le pays est demeuré le mêle avec ses difficultés et ses problèmes.

Une presse toujours partisane. Loin de moi de tirer sur la presse dont je suis membre de la corporation. Ce qui ne m’empêche de réfléchir et de me poser des questions sur cette pratique d’une certaine presse occidentale à double vitesse. Si Le Soir de Bruxelles a eu à délocaliser pour quelques jours sa rédaction principale à Kinshasa, quand est-ce la Belgique accordera t-elle les visas d’entrée sur son territoire à une rédaction Kinoise ou congolaise pour couvrir une fête nationale belge qui du reste se fera bientôt le 21 juillet courant. Nous attendons pour voir, surtout lorsque l’on sait que les journalistes congolais risqueraient de ne plus retourner dans leur pays où ils sont assassinés et violentés par un régime que la même Belgique supporte.