Diaspora
samedi décembre 07, 2019
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Du Petit Larousse illustré au petit Kabila illustré, il n’en aura fallu qu’un pas pour que notre confrère parisien de la rue d’Auteuil Jeune Afrique fasse tomber les masques de l’homme que l’Occident et les étrangers pensaient encore être énigmatique. Pourtant, cela fait plus de dix ans que les congolais connaissent le vrai visage de l’homme et successeur de Mzé Laurent Désiré Kabila Ka Makolo : une personne affaireuse par son entourage prédateur, en proie à des doutes, susceptible à tous points, peureuse et incapable d’offrir au pays l’espoir qui avait été mis en lui par ceux qui lui ont transmis ce pouvoir héréditaire au lendemain de la date malheureuse de l’assassinat de Mzé Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001.

 

«Ses valeurs, ses passions, ses priorités... Le bureau de sa résidence privée en dit beaucoup sur l’homme» commente Jeune Afrique dans cette édition n° 2612 du 30 janvier au 5 février 2011  au travers de son dossier spécial de 14 pages. L’image que Jeune Afrique donne de Kabila Kabange n’en est pas moins flatteur : fan des sports mécaniques, amateur de Tintin, féru d’internet et des jeux vidéos, collectionneur des voitures miniatures,… Comment comprendre et expliquer cette grave erreur de communication de la part des conseillers du chef de l’Etat qui relève d’un amateurisme sans pareil. Sinon, comment avoir laissé un  journaliste photographier le président dans une intérieure de son bureau privé qui en dit long sur l’homme ? Où sont passé les Katumba Mwanke, Ngoy Mukendi , Ngoyi Mulunda et autres courtisans de la cour du roi dont le plus zélé d’entre tous ,  Lambert Mende Omalanga que le Kinois appellent aujourd’hui «Gorge profonde» ?

 

La description qui en sort du président de la République n’en est pas du tout flatteur ni  pour lui, encore moins comme pour l’image de marque de la République qu’il est censé représenté. Un député  apparenté à l’AMP interrogé par wwww.congoone.net dit ceci : «certes que l’homme a aujourd’hui 38 ans, physiquement il a pris du poids ; mais son cerveau  (intelligence) n’a pas accompagné sa transformation». Sévère jugement de la part d’un député qui «mange» dans le râtelier du chef. Il en ressort ici chez nous que le président de la république a perdu toute crédibilité au sein de la population. Ce ne pas pour rien que lors de son discours sur l’Etat de la Nation en décembre dernier devant le Senat et le Parlement réunis, il déclarait à l’endroit su peuple : «si vous ne me croyez pas, croyez au moins en mes œuvres», entendez par-là ses cinq chantiers qui sont aujourd’hui dans «l’ornière» selon Jeune Afrique.

 

Dans un précédent article «Le bal des comploteurs du vendredi 09 juillet 2010 », votre journal relevait les incidents de la journée du 30 juin 2010 lors de la fête du cinquantenaire. Kabila Kabange qui était apparu le 29 juin au soir avec sa barbe sel-poivre et cheveux touffus  et réapparu métamorphosé bien rasé au matin du 30 juin pour le grand défilé. Avec le recul et le signe de temps, il y a lieu de comprendre la panique qui s’est emparé du camp du régime. Et pour cause, au matin du 30 juin après l’arrivée de tous les invités d’honneur, tous avaient marché sur le tapis rouge de la circonstance. Lorsque Kabila descendu de son « Commandent Car» militaire, un fait sans précédent s’est passé : un vent tourbillonnant venu d’on ne sait où a envahie la place du cinquantenaire au point de soulever le tapis rouge sur lequel le président n’avait pu marcher malgré l’intervention du service de protocole et autres sbires de la «Securitate». A peine était-il devant le micro pour commencer son discours officiel, tous les micros se sont tu et il aura fallu encore des longues minutes pour que le son revienne.

 

Alors que le défilé officiel se terminait que le président de la République prenait sa fille et sa femme par la main avant de quitter la tribune d’honneur sans saluer pour la dernière fois ses invités de marque. Ceux-ci seront évacués dans la confusion et précipitation totales dans un bus de la Monuc. Et pour cause, les schégués (enfants de la rue) défilant dans le rang du PPRD (parti politique du président) s’emparaient des chaises en plastic qui avaient servi de «pose fesse».

 

Prisonnier de son clan. Nul n’est sans ignorer qu’aujourd’hui, Kabila Kabange est un prisonnier de son clan familial mais aussi des courtisans de tous bords jadis proches de Mobutu. De membres de sa famille biologique dont sa sœur Jeannette Kabila et son jeune frère Zoé Kabila en passant par Augustin Katumba Mwanke le protecteur ; le chef de l’Etat ne peut rien sans les consulter. Il s’arroge que ces individus sont aujourd’hui parmi les plus riches du pays alors que 10 ans auparavant, ils étaient tous des illustres inconnus.

 

Un autre député de l’AMP qui a requit l’anonymat raconte : «ce pays est entrain de couler…le contrat des milliards chinois contre nos minerais a été signé au nom de la république par un certain Kasongo que personne ne connaît. Et pourtant, ça aurait dû être soit le premier ministre ou quelqu’un d’autre faisant partie du gouvernement. Cela ne traduit rien de bon quand à ce que sera l’utilisation de ces milliards dont nos enfants et arrières enfants auront la charge de remboursement des intérêts de la dette».

 

Tenez, dans son village de Pueto dans le Katanga, Katumba Mwanke vient de se faire construire près de 250 villas en matériaux durs, un stade football, un hôpital et un aérodrome. Le tout alimenté par un pylône électrique venant de la Zambie voisine, l’ensemble inauguré par le président Kabila. S’est-il demandé d’où proviennent les millions investis par Katumba dans ce projet fou ?

 

De la corruption institutionnalisée à la violence  et aux scandales multiples s’associe une incapacité à diriger un pays aux dimensions d’un sous continent. Les masques sont ainsi tombés quant à l’image que voulait entretenir Kabila Kabange et ses courtisans. Le vent de la liberté soufflant partout en Afrique, le changement démocratique au Congo est aujourd’hui un impératif pour les jours et les mois à venir. Tout est encore possible comme le chante le groupe GAEL pour ce beau pays qui nous est cher à tous. Lisons les signes de temps, notre honneur et notre liberté sont au prix de ce que nous voulons pour le Congo de Lumumba.