Diaspora
samedi décembre 07, 2019
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Vendredi 11 mars 2011. Il est 16h quand Adrien Munyoka Mwana-Cyalu, enseignant à l’Institut supérieur pédagogique de Mbujimayi, présente sa thèse de doctorat sur l’Analyse structuro-sémantique des parémies zoophytonymiques Luba à l’Académie royale de Langue et littérature néerlandaises devant le jury composé de cinq  professeurs dont son promoteur, et Pr N.S Kabuta et le Pr K Stroeken, co-promoteur.

 

 

D’entrée de jeu, Adrien Munyoka a mis en exergue la problématique de sa thèse en soulignant que les parémies sont des résumés, des contes, des mythes, des événements, des cogitations sur l’homme et le monde, et gardent de ce fait un substrat narratologique.

Aussi, les parémies montrent-elles le génie d’un peuple, la stratégie de ses pensées, ses sentiments, son imaginaire, ses problèmes, ses priorités majeures face aux réalités de son temps et de son espace.

Quant aux objectifs, il est question entre autres de présenter le peuple Luba, contribuer à la croissance de la notion générale de littérature orale, objectiver la forme des parémies luba et leurs aspects cognitifs, proposer un modèle d’approche d’une intervention parémiologique pour ce peuple en crise des valeurs.

Pour Adrien Munyoka, l’idée ou la philosophie qui se dégage de ces parémies est celle du monde âpre ou rude, un monde plein des difficultés. Et dès lors que les parémies sont dynamiques, le peuple luba est soumis aux contraintes des normes et ouvert aux mutations du monde. Aussi, M. Munyoka propose-t-il comme thérapie une approche d’une intervention parémiologique qui s’ouvre à une nouvelle dimension de recherche qu’il nomme la neuroparémiologie.

De l’exposé fait par Adrien Munyoka, on retient que le discours parémiologique ne relève pas du langage ordinaire. Il comporte plutôt des écarts typiques, si bien que par l’opacité de ses images, par son iconicité, par l’utilisation de certains tropes et procédés d’énonciation, il exige par conséquent une compétence culturelle et rhétorique suffisante pour accéder à son sens qui est toujours contextualisé. Ainsi par exemple, quand on dit «  Wakadyanganyi nkunda, la traduction littérale est : «  qui ne partage pas d’haricot », mais la véritable signification est « qui ne partage pas sa femme avec autrui ».

Un autre moment fort de la présentation de la thèse d’Adrien Munyoka Mwana-Cyalu a été la polyphonie émouvante (Kasala) dite en son honneur Tshiluba puis en Français, par le professeur Kabuta qui n’a pas résisté à la tentation de débaptiser Munyoka Mwana-Cyalu en Munanga Mwena Dimanya. Et pour cause, Kabuta considère que le nom Munyoka tire son essence de la malveillance qui domine le monde et qu’Adrien a su transcender l’adversité. Qui peut dire mieux ?