Diaspora
mardi juin 25, 2019
Register

Y a de la rumba dans l’air. Dans l’imbroglio politico-judiciaire opposant le député-échevin bruxellois d’origine congolaise, le CDH Bertin Mampaka, à l’Ecolo Bob Kabamba (également d’origine congolaise) et au CDH Dominique Weerts, le rythme de la danse monte de plusieurs crans. Dans la foulée d’une altercation entre les trois hommes - faisant suite à une discussion animée sur la politique intérieure congolaise, Bertin Mampaka avait déposé plainte pour séquestration/coups et blessures contre Bob Kabamba. Ce dernier a répliqué en déposant plainte pour calomnie et diffamation contre Bertin Mampaka. Et Dominique Weerts devrait, sous peu, lui emboîter le pas.

Un juge d’instruction - Mme Grégoire - a été récemment désigné pour tirer l’imbroglio belgo-congolais au clair. Et a fissa décidé de retirer l’enquête des mains de la police locale bruxelloise. Pourquoi ? Plusieurs sources évoquent des pressions qui auraient été exercées sur la police bruxelloise Au parquet, la porte-parole, Estelle Harpigny, se borne à dire : "Si vous écrivez cela, vous allez envenimez les chose ". Merci. Toujours est-il que le parquet confirme avoir mis le dossier entre les mains de la police judiciaire (section Affaires spéciales). "Ce n’est pas très sain de confier cette enquête à la police bruxelloise", souligne une source judiciaire.

Les présidents de parti Joëlle Milquet (CDH) et Jean-Michel Javaux (Ecolo) ont, eux, tenté d’arrondir les angles la semaine dernière en faisant en sorte que les plaignants retirent leur plainte Ce premier round de médiation s’est soldé par un coup d’épée dans l’eau. Bob Kabamba, candidat à une chaire à l’ULG, ne retirera sa plainte que si Bertin Mampaka se rétracte. Ce que celui-ci refuse de faire. Jean-Michel Javaux ne désire pas s’exprimer sur la querelle "afin de ne pas mettre encore plus d’huile sur le feu". Du côté de la présidence du CDH on se refuse également a tout commentaire. "Cette affaire ne mérite aucune publicité et ne vaut franchement pas la peine qu’on s’y attarde", indique Joëlle Milquet jointe par téléphone depuis Barcelone ou elle assistait jeudi a un Conseil des ministres européens. Interrogée sur une médiation possible entre les plaignants des deux partis, Joëlle Milquet préfère se taire afin, dit-elle, "de ne pas hypothéquer les voies de solution futures".

Dominique Weerts, de son côté, l’ex chef de cabinet de Joëlle Milquet, était également présent sur les lieux de l’altercation. Aujourd’hui secrétaire politique du groupe CDH au Sénat, ce vieux routard humaniste vient de se faire désavouer par son parti puisque le Comité restreint du CDH lui a signifié son limogeage. Pas question qu’un membre du parti puisse être coupable de voie de fait à l’encontre d’un élu, lui a-t-on signifié. Curieux : un renvoi avant que l’enquête n’ait livré ses résultats. Une quatrième personne, un huissier de la ville de Bruxelles, se trouvait avec Bob Kabamba et Dominique Weerts dans le restaurant bruxellois où Bertin Mampaka les a rejoint et où l’altercation a eu lieu. Ce huissier a été renvoyé pour avoir été mêlé à cet imbroglio avec l’échevin Mampaka. Curieux (bis) : un renvoi avant que l’enquête n’ait livré ses résultats.

C’est que Bertin Mampaka n’est pas n’importe qui. Jugez plutôt : 6100 voix de préférence aux dernières élections régionales, l’animateur des congrès du parti humaniste - et ses fameux cris de "guerre" "Oyé CDH" - a les épaules larges. Jeudi, l’échevin-député bruxellois n’était pas joignable pour commenter ces derniers développements. Bob Kabamba, pour sa part, se désole "de tout le tort que cette affaire (lui) fait" : "au début, dit-il, cette histoire me faisait sourire, à présent ce n’est plus du tout le cas". Et Dominique Weerts : "à un moment donné, il faut qu’on arrête de rire, tout ceci prend une tournure lamentable".