Diaspora
vendredi décembre 15, 2017
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JEAN-WILLY Muteba, expert comptable congolais, de passage en Belgique, nous parle de son activité au Congo et du climat général des affaires.

Un angolais et un rwandais se rencontrent à Luanda non pas pour deviser sur le Rwanda et sur l'Angola,  mais sur la RD-Congo. L'entretien entre les deux se déroule en l'absence de la concernée. Ni le contenu de l'article ici présent attaché, ni l'image qui y est reprise dessus,  ne fait mention de la présence d'un officiel ou d'un officieux congolais. Au menu de leur rendez-vous  figure le fameux FDLR.  Des sujets hutus congolais à déplacer, je note sans l'aval de la population congolaise concernée,  vers ma ville natale Kisangani.  Ceci  voudrait dire en d’autres termes que la mort et la désolation se déplacent vers Kisangani où elles seront semées.  Et cette ville déjà martyre s'expose de nouveau à la culture de la mort, aux nouveaux massacres. Le Kivu est loin d’être pacifié. L'incertitude y plane toujours.  Et voici que Kisangani est sur la ligne de mire. Des Congolais se taisent. Ils regardent. Certains implorent, et ce comme toujours  Dieu le père. Ce que Moïse n'a jamais fait ni avant sa rencontre avec Dieu, ni après celle-ci. Je prends la Bible à témoin.

Comment se fait-il que le peuple de la RD-Congo et une partie de sa « classe politique », en particulier des opposants de « Joseph Kabila »,  se mettent tout d’un coup à rêver dès l’annonce du discours,  aux allures un peu monotones, de François Hollande à Dakar. Si l’oubli est souvent l’élément caractériel de la mémoire du peuple,  la force du jugement de son « élite » reposerait, je trouve, sur sa référence à l’histoire.  Et à ce sujet, François Hollande n’est pas à son premier essai. L’homme a eu à recourir au même type de subterfuge lors des assises de  la Francophonie tenues à l’époque  à Kinshasa.  Qui se souvient encore de l’image de son attitude, ô combien insultant, à l’endroit d’un « chef d’état », même si c’était « Joseph Kabila »,  et de sa chère épouse,  que François Hollande a fait poireauter debout et pendant plus d’une heure, les deux  en train d’attendre son arrivée au Palais du Peuple à Kinshasa. Le peuple de la RD-Congo convié en direct à la messe. Pour certains, ce apparait comme le signe du mépris affiché par Hollande, son désamour public à l’endroit d’un chef d’État, sonnait la fin du régime. On aurait dit la goutte d'eau qui ferait déborder le vase. Mais il n’en fut rien. Car le lendemain, tapis rouges roulés et motards sifflant en plein Paris,  notre cher François accueillera, et à bras ouvert,  le même Joseph Kabila qui , toute honte bue, s’affichera à l’Elysée  devant des «  résistants » et autres « combattants » en larmes et qui à peine  se disaient « trahis ».  Et aujourd’hui  encore, ce qui peut paraitre étonnant  est le fait que la masse congolaise , et je peux comprendre, mais que les mêmes « opposants » ne se sentent pas de joie à l’instar du Corbeau devant les déclarations d’amour du renard quand je sais que sans le soutien de la France et de François Hollande, comme exécutant anglo-saxon, « Joseph Kabila » ne serait jamais et toujours là où il est perché au pouvoir et à Kinshasa.

La crainte de se retrouver à l'est de la RD-Congo dans la situation du Sud-Soudan avec son feu docteur en économie John Garang interpelle l’intelligence qui tente de traduire, à tort et à raison peut-être, des signaux que ne cesse de produire le comportement de la communauté "internationale" vis-à-vis de la RD-Congo. Il y a quelques jours la Monusco annonça qu’elle quittait "définitivement" Kinshasa, la capitale des institutions de la RD-Congo, pour installer ses quartiers généraux à l'Est de ce qui est encore et jusque-là la RD-Congo. Quartier général avec une armée de plus de 17000 soldats et des moyens de communication et financier à sa portée. La Monusco devient donc la seule autorité contrôlant l’ensemble de l’Est de la RDC. Mais elle ne pourrait jamais gouverner seule et en son nom le peuple congolais du Kivu. Il faut un subterfuge aux Anglo-saxons, un peuple qui n’a pas l’habitude de desserrer l’étau sur sa proie. Les Anglo-Saxons sont régulièrement en quête d'un leadership local en vue de promouvoir et d'asseoir une idée déjà arrêtée, celle de balkanisation du Congo et d'un Kivu arraché à la RD-Congo. Mais la résistance imposée par la partie de la RD-Congo dénommée le Kivu contre toutes tentatives séparationistes et placée sous domination rwandaise et Tutsi constitue un véritable frein, mais pas un handicap qu’ils pensent être en mesure de surmonter par la nature de la souffrance que la même communauté inflige au peuple du Congo.