Editorial
mardi novembre 21, 2017
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Des compatriotes africains et congolais se plaignent. Ils disent qu'il n'y a rien qui se passe pendant que les Africains sont vendus en Libye. Il est possible que plusieurs ne se posent pas la question de savoir pourquoi ce marché n'existait pas quand ''le dictateur Kadhafi'' était au pouvoir.

Nous ne sommes pas le seul pays du monde soumis et obéissant aux diktats des parrains de la kabilie. Voyons ce que nous pouvons faire dans cette situation de soumission intériorisée et d'esclavage volontaire. Cette pensée paresseuse supporte mal des exemples des pays qui s'étant trouvés dans la même situation ont opté pour les luttes libératrices à leurs dépens. Le Cuba de Castro, le Venezuela de Chavez, la Chine de Mao, la Bolivie de Morales, le Vietnam de Hô Chi Minh, la Russie de Putine, etc. sont des pays dont l'histoire fait peur aux tenants de cette pensée paresseuse. Plusieurs sont traumatisés par l'assassinat de Lumumba et de Laurent-Désiré Kabila. Ils sont victime d'une désorientation existentielle les poussant à avoir peur de la mort, même en pensée.

Il est curieux que certains compatriotes et médias congolais en ligne nous ayant qualifiés les miens et moi-même de chercheurs de boucs émissaires reprennent les thèses que nous défendions il y a plus de dix ans sur certains pays occidentaux et leurs intérêts. Nous avions tort, les miens et moi-même d'avoir eu la chance de lire des textes pouvant nous instruire sur l'autre et son mode opératoire. Nous savons que son discours officiel est différent de son discours officieux. Nous savions qu'il est contre l'émergence d'un monde multipolaire. Nous connaissions mieux sa doctrine de la sécurité nationale et son refus de l'altérité tout au long de l'histoire. Nous savions que pour l'Afrique du centre, ses ancêtres, dont Cecil Rhodes, estimaient que nous, les noirs, nous faisions la honte de l'humanité. Et que dans sa conquête du Grand Rift, il allait entretenir une guerre perpétuelle avec l'appui de certaines de nos élites compradores. Nous savions que depuis 1885, il avait décidé de ne plus lâcher le pays de Lumumba. Nous avions été vilipendés comme pas possible !

 

Si les profs d'université entourant alias Joseph Kabila n'arrivent pas à établir le lien entre l'imposition du système ultralibéral au monde et au Congo-Kinshasa et les millions des morts congolais, comment voulons-nous qu'un jeune homme ayant à peine terminé les études secondaires et venu au pays en bottes en caoutchouc comprenne cela ? Il se pourrait qu'il ait eu ceci comme instruction : ''Toutes les protestations contre le dysfonctionnement du système néolibéral sont des attaques à ton ''pouvoir'. Tu ne peux conserver ce dernier qu'en tuant. Tue le plus possible et tu régneras sur ''les Congolais(es) pacifiques''. Mais n'oublie pas de leur offrir ''les jeux.'' Ils ne lui ont pas dit que ''ce monde d'emploi'' de vassaux ne fonctionne pas toujours.