Editorial
mercredi mars 03, 2021
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25 ans après son frère Baudouin, Albert II va se rendre à Kinshasa pour fêter, avec Kabila,  les 50 ans de l'indépendance politique de la colonie Congo belge.
Secret de polichinelle, le voyage du Roi des Belges au Congo à démocratiser a été souhaité par une certaine classe politique belge, voire annoncé par les ministres Milquet et Onkelinx qui ont séjourné il y a peu à Kinshasa.

Si à Kinshasa, on applaudit déjà des mains et des pieds le prochain voyage d'Albert II au Congo, au point que Mende Omalanga, ministre Kabila de l'Information, a annoncé que le Roi des Belges sera l'invité d'honneur de Kabila au motif que c'est la Belgique qui a signé avec le Congo la convention qui a vu l'ex-Zaïre venir au diapason de la souveraineté nationale et internationale, tout observateur averti notera qu'il y a une certaine gêne à Bruxelles.

S'il est notoire que le tandem PS-CDH a poussé de toutes ses forces en faveur du voyage du souverain belge au Congo le 30 juin prochain, l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous dans les camps des libéraux du MR et de l'Open VLD. Le CD&V du premier ministre Yves Leterme n'est pas non plus très enthousiaste. Le communiqué officiel du CD&V Steven Vanackere, ministre des Affaires étrangères, se veut beaucoup plus prudent. Le chef de la diplomatie belge y souligne que le gouvernement belge a évoqué ce mercredi l'invitation orale des autorités congolaises à l'intention de Sa Majesté le Roi pour participer à la célébration du 50 e anniversaire de l'indépendance de la République démocratique Congo. Il ajoute que son gouvernement attend maintenant une invitation formelle du président Kabila pour la transmettre au Roi dont la réponse sera communiquée  par le Palais comme pour tous les déplacements du Roi à l'étranger.

Que le gouvernement belge se réserve d'annoncer le voyage du Roi au Congo après en avoir délibéré sur base d'une invitation orale, contrairement à l'Agence Belga qui a été repris en choeur par d'autres médias, cela ne peut que mettre la puce à l'oreille. Et pour cause, dans certains milieux belges on considère le Congo comme un pays incertain où tout peut arriver à tout moment.

Toutes choses restant égales par ailleurs, Albert II qui ne verra que ce qu'on voudra bien lui montrer au Congo ferait oeuvre utile en ne s'empressant pas de saluer la pseudo-démocratie congolaise et des progrès réalisés virtuellement dans un pays où ceux qui disposent de la puissance publique en abusent à travers les violences systématiques des libertés fondamentales.

Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que d'aucuns, au gouvernement belge, ont mis en exergue la nécessité d'insister sur les progrès à réaliser en matière de gouvernance, de la lutte contre la corruption et du respect des droits de l'homme. On pensait pourtant que le Congo était devenu un jardin où poussent les fleurs de la démocratie depuis que Karel de Gucht avait quitté le gouvernement pour la Commission européenne.