Quand la guerre d’agression et de prédation contre la RDC a débuté vers les années 90, les acteurs majeurs qui la menaient  voulaient à tout prix s’accaparer de sa partie Est dénommée, pour le besoin de la cause, ‘’le Zaïre utile’’. Plus de deux décennies après, cet objectif est sur le point d’être atteint. En 2011, pendant que les partis politiques, la société civile et les partenaires extérieurs  de la RDC donnaient l’impression d’être concentrés sur la préparation des ‘’élections libres, transparentes et démocratiques’’, ces acteurs majeurs signaient, à Kinshasa, avec ‘’les gouvernants congolais’’, une Alliance Public Privé ayant comme but avoué de veiller au ‘’commerce légal des minerais’’ de l’Ituri, du Katanga, du Sud et du Nord Kivu. Cette signature ne semble pas avoir été  précédée d’un  débat sur la question au ‘’Parlement’’. Et il n’est pas très sûr que les populations de cette partie orientale de la RDC en aient été mises au courant. Au vu des noms signataires et du rôle qu’ils jouent à travers le monde et surtout dans les pays du Sud, il ne serait pas faux de soutenir que la signature susmentionnée a déjà consacré la perte du regard souverain de la RDC sur cette partie de son territoire.

 

De 2011 à 2014, la question demeure taboue.  En tout cas, elle n’apparaît  pas dans les médias kinois ; elle n’est discutée nulle part. Le récent livre qui en parle en en donnant certains détails importants semble être inconnu des ‘’milieux politiques congolais’’.

Et comme en 2011,  les élections  de 2016 mobilisent un peu plus ‘’la classe politique congolaise’’ que  la lente mais sûre perte de certains territoires congolais  de l’Est comme Mwenga, Makobola, Kasika et dans une certaine mesure Walikale. Tous les regards sont tournés vers le sort réservé à l’article  220 de la constitution

La peur est que la question des élections prenne toute la place dans cet agora de façon que les Congolais(es) n’aient pas le temps  de penser  ni aux conséquences de l’Alliances Public Privé (APP) ni  aux liens entre cette APP et l’éventuelle révision des frontières de la RDC.

Cette peur suscite  certaines questions. Pendant combien de temps les Congolais(es), dans leur immense majorité,  peuvent-ils restés concentrés sur  certains objectifs importants de leur lutte d’émancipation politique comme celui de la souveraineté de leur pays ? Les acteurs majeurs, commanditaires de la guerre d’agression et de prédation ainsi que leurs mercenaires (interchangeables)  ont la capacité de se concentrer pendant plus de deux décennies sur une même question. Et nous ? Pourquoi nous laissons-nous appâter par l’argent et les honneurs même s’il y va de la perte de notre pays et de notre identité ? « Le cœur de l’homme est malade et compliqué », dirait le prophète Jérémie ! Les cœurs  et les esprits de plusieurs d’entre nous ont été mangés par ‘’la sorcellerie néolibérale’’. Il y a risque que la distraction créée par les questions des ‘’élections-piège-à-con’’ puisse nous écarter du travail fondamental de la création d’un contre-pouvoir crédible, à même de porter un coup dur à toutes les forces du statu quo, soucieuses de se maintenir à ‘’la mangeoire’’,  même au prix de la renonciation à la lutte pour la souveraineté du pays de Kimpa Vita et de Lumumba dans ses frontières d’après 1885. Espérons que les minorités congolaises organisées en conscience sauront faire la différence en restant occupés par cette question du la mise sur pied du contre-pouvoir  et du renversement intelligent des rapports de force pour l’avènement d’un Congo souverain et d’un panafricanisme des peuples libérateur.