Depuis le 19 avril dernier, 150 personnes dont les faits de guerre, insurrectionnels et infractions politiques ont été absous par la loi portant amnistie du 11 février 2014 ont en principe recouvré la liberté. Une première liste de 50 personnes amnistiées avait été rendue publique le 19 avril et une deuxième de cent personnes l’a été dix jours plus tard.

Si plusieurs bénéficiaires de l’amnistie ont effectivement quitté les différents geôles où ils étaient détenus parfois pendant plusieurs années sans jugement, d’autres espèrent quitter leur statut d’exilés à l’étranger à la suite des arrêtés du ministre Kabila de la Justice.

Juge et partie, la Kabilie a établi une liste des compatriotes non amnistiables qui sont invitées à se présenter à la justice, pour ceux qui vivent en clandestinité, ou à rentrer au pays en vue de s’expliquer pour ceux qui vivent hors du territoire national. C’est singulièrement le cas du député national (RCD/N) Roger Lumbala accusé non d’avoir été allié politique du M23 mais d’avoir été complice du recrutement d’enfants soldats lors de l’insurrection « virtuelle » du colonel John Tshibangu, crime exclu du champ d’application de l’amnistie selon Lambert Mende Omalanga, porte-parole de la kabilie.

Il y a donc lieu de douter légitimement de la sincérité de la démarche du pouvoir héritier de l’AFDL dès lors que parmi les bénéficiaires de la fameuse amnistie figurent en bonne place des Bakata Katanga.

Or, les fameux Bakata Katanga sont encore auteurs des pires exactions contre la population civile au Katanga ! Il s’agit des exactions commises après la promulgation de la fameuse loi portant amnistie : des centaines des villages incendiés et pillés. Il faut y ajouter des tueries et des viols dans nombre de Territoires du Katanga notamment à Malemba Nkulu, Mitwaba, Manono et Pweto. Au point que, dans la province considérée comme la plus riche du Congo, on compte à ce jour pas moins de 500.000 déplacés du fait de la folie des Bakata Katanga. Ces escadrons de la mort se comportent comme territoire conquis et ciblent des chefs coutumiers qui n’ont pas de choix mais une solution : prendre leurs jambes au cou !

Qu’on se souvienne de ce que plus d’une année après leur entrée « triomphale » dans la ville de Lubumbashi, le rapport d’enquête diligenté par l’Assemblée nationale n’a jamais été examiné ! L’omerta est totale quant aux responsabilités de certaines personnalités katangaises considérées comme auteurs intellectuels des faits et gestes des Bakata Katanga.

Dans le Congo de Kabila où ceux qui abusent de l’impérium marchent sur la tête, on en vient même à justifier la folie des Bakata Katanga par l’extrême misère dans la quelle serait la population de la province. Au point que Doliveira da Costa dit Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée provinciale du Katanga, qui a ses entrées chez les Bakata Katanga, réclame la création des emplois pour ceux qui acceptent de déposer les armes.

Comme quoi, la prime de guerre est garantie aux Bakata Katanga, la rébellion qui prône officiellement la sécession du Katanga qui ne semble pas inquiéter outre mesure le régime de Joseph Kabila !

Pendant ce temps, Kinshasa s’acharne sur une rébellion virtuelle attribuée à John Tshibangu alors que tout indique objectivement que ladite rébellion n’a été qu’un effet d’annonce. Comment en douter alors qu’il est notoire qu’aucun centimètre carré du territoire national n’a été occupé par le général autoproclamé John Tshibangu et ses hommes qui ne seraient en réalité que des fantômes.

Comme on peut le réaliser, la kabilie est engluée dans des contradictions d’un pouvoir dont la caractéristique principale est la navigation à vue. A telle enseigne qu’alors que converti en chien de garde de la kabilie après l’avoir été pour le régime agonisant de Mobutu, Gabriel Kyungu wa Kumwanza en appelle à la Monusco pour protéger la population du Katanga contre les exactions des Bakata Katanga. La mission de protéger la population ne revient-elle pas au gouvernement central et même provincial ?

Et parce que le ridicule ne tue pas,  le richissime gouverneur du Katanga est devenu aphone, préoccupé par son enrichissement sans cause au moment où une importante partie de ses administrés croupit dans une misère indescriptible, en attendant une pitance alimentaire des organisations internationales.