Le chiffre des tués à Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur,a été revu à la hausse. De deux morts annoncés dimanche dernier, la Mission de l'ONU au Congo fait état de 14 tués, bilan des affrontements qui ont opposé ceux que Kinshasa appelle "insurgés Enyele" aux troupes onusiennes combattant pour le compte des forces gouvernementales.

Quand des compatriotes que Kabila et sa bande s'amusent à présenter à l'opinion comme des pêcheurs qui se disputent des étangs des poissons en arrivent à mettre en débandande les troupes dites loyalistes à Mbandaka et à s'emparer de l'aéroport de la ville, il y a lieu de se demander jusques à quand Kinshasa va s'embourber dans la pourriture en appliquant avec zèle une ridicule politique d'autruche.

 

L'histoire étant un éternel recommencement, la prise de Mbandaka et de son aéroport par les insurgés Enyele qui se veulent eux-mêmes des patriotes résistants rappelle l'épisode des Banyamulenge avant la naissance officielle de l'AFDL de triste mémoire. On se souviendra que pour Mobutu et ses hommes la rébellion de 1996 au Kivu n'était qu'une aventure menée par des trafiquants avec à leur tête un certain Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo. La suite, on la connait, Mobutu avait dû prendre ses jambes au coup pour sauver sa peau après avoir réfusé d'écouter les conseils de ses "amis" américains qui l'invitant à passer le temoin à Kabila.

 

Tout comme Mobutu avec les Banyamulenge, Kabila Kabange peut toujours faire semblant en considérant les "insurgés Enyele" comme une quantité négligeable. N'eut été l'intervention de la MONUC, Mbandaka serait toujours aux mains desdits insurgés qui se seraient trompés de cible en confondant l'aéroport de Mbandaka avec un "étang".

 

La vérité est que c'est encore la panique à Kinshasa où on cherche à comprendre ce qui est arrivé. Tout le monde y va de sa petite analyse. Les lobbystes du régime ne sont pas en reste. Choisissant la facilité pour mettre en relief leur expertise autoproclamée, ils ont mis la prise de Mbandaka et de son aéroport sur le compte des militaires de Jean-Pierre Bemba et de la Division spéciale présidentielle de Mobutu. Près de 13 ans depuis la chute de Mobutu et que les Kabila se sont emparés du pouvoir d'Etat, les fantômes de la DSP continuent à hanter les pseudos experts belges sur le Congo. Alors qu'ils ont toujours soutenu que les troupes du MLC ont été taillées en pièces par celles de Kabila, les voilà qui le réssuscitent, comme par hasard, pour signifier au procureur près la Cour politique internationale ( CPI) que son prisonnier Bemba Gombo a encore des troupes disposant d'une bonne dose de nuisance.

 

Kabila et ses relais extérieurs baignent donc dans l'amalgame pour tenter d'expliquer la chute de Mbandaka au point de voir même des membres de Bundu dia Kongo dans les rangs de ceux qui ont fêté le dimanche pascal à Mbandaka.. Heureusement pour eux, la MONUC qui les a aidé à ne pas perdre la face, une belle manière de se montrer indispensable et de se faire désirer par un allié devenu arrogant.

 

La vérité est que les prétendus insurgés Enyele sont porteurs des revendications politiques comme toutes les autres rebellions dont les dirigeants sont dans les institutions à Kinshasa. Il serait sage que ceux qui disposent de l'impérium à Kinshasa les entendent. C'est à prendre et non à laisser. Car, selon bien d'analystes, les prétendus insurgés Enyele appliquent à la perfection l'adage qui veut qu'au Congo le pouvoir est au bout du fusil. Il semble qu'ils n'ont pas d'autre choix souligne un notable de la province qui rappelle que des centaines d'originaires de la province d'Equateur croupissent dans les géôles de Kabila depuis plusieurs années. Leur péché commun: être ressortissants de la même province que Mobutu et Jean-Pierre Bemba Gombo.

 

Pendant ce temps, Nzanga Mobutu, fils de Joseph-Désiré Mobutu et beau-frère de JP Bemba est lui dignitaire du régime des Kabila!

 

En attendant, Kabila peut dire vivement merci à la MONUC qui fournit la logistique et le gros des troupes chaque fois que les forces loyalistes sont mises en débandade. Les Enyele eux n'ont pas encore dit leur dernier mot. Leur souhait le plus ardent serait, ni plus ni moins, de voir Kabila presser la MONUC à plier bagages, véritable hara-kiri.