Editorial
dimanche juillet 21, 2019
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La situation sociopolitique et économico-culturelle est victime d’une lecture obéissant à une certaine logique binaire. Celle-ci a un faux fondement. Il s’agit de ce que des compatriotes Congolais nomment ‘’le pouvoir en place’’.  La fausse lecture de ce ‘’pouvoir en place’’ conduit souvent à faire passer des ‘’nègres de service’’ et/ou des ‘’marionnettes’’ des ‘’maîtres du monde’’ et de leurs ‘’corporatocraties’’ comme étant des ‘’hommes et des femmes au pouvoir’’.

 

Au cours de plusieurs années, ‘’les maîtres de ce jeu’’ ont choisi d’opérer dans l’ombre ou par agencification.  Des masses des compatriotes fanatiques des apparences ont choisi pendant longtemps de prendre des vessies pour des lanternes. L’habitude est devenue, pour eux, une seconde nature. Cela les pousse à ne pas changer leur mode d’approche de véritables ‘’détenteurs du pouvoir’’ au Congo-Kinshasa même au moment où ils opèrent  à visage découvert.  Cette fausse lecture du ‘’pouvoir en place’’ conduit aussi à la fausse approche des adversaires politiques.  Souvent, les adversaires simulés des acteurs politiques apparents ‘’au pouvoir’’  voudraient  qu’ils soient aussi ceux des membres de leurs partis politiques, de leurs mouvements de la société civile ou de tous leurs compatriotes tout simplement. Ils sont souvent convaincus qu’ils sont du ‘’bon côté de l’histoire’’. Enfermés dans un déni fanatique d’une réécriture patriotique de l’histoire du Congo-Kinshasa, ils disqualifient leurs compatriotes  lisant l’histoire officielle autrement. Ils les accusent  de manque de ‘’réalisme’’ et de ‘’pragmatisme’’. Le comble est que même quand ‘’les maîtres du jeu’’ opèrent à visage découvert en reconnaissant leurs forfaits historiques, cela ne change rien du tout aux compatriotes croyant être du ‘’bon côté de l’histoire’’.

En son temps, Malula avait écrit un texte sur ‘’l’âme africaine’’. Serait-il vrai que plusieurs compatriotes africains et congolais auraient perdu ‘’leur âme’’ à force de ne se penser que comme ‘’l’autre’’, ‘’le fort’’, ‘’le puissant’’ du moment le veut ?

Sous d’autres cieux, la fierté d’être soi poussent des peuples et des Etats à se battre  contre la logique de la renonciation et de la capitulation malgré l’inégalité des forces en présence.

La Chine n’a pas en tout et pour tout renoncé à la spiritualité confucéenne. La Russie est en train de revisiter  les penseurs de la slavophilie. Une bonne partie de l’Amérique Latine relit les données de la révolution Bolivarienne. Et nous ? Serions-nous condamnés à n’être que des caniches des ‘’maître du jeu’’ ?   Non. Un autre Congo-Kinshasa doit renaître spirituellement et culturellement. Et il n’aura rien à voir avec les caniches des acteurs majeurs cachés dans l’ombre. Aussi, des compatriotes comprendront-ils qu’ils ne sont pas obligés d’être ou pour ces caniches ou pour les leurs qui font une  fausse approche de l’histoire. Une deuxième voie est permise : celle qui essaie de renvoyer dos à dos ‘’les maîtres du jeu’’, leurs ‘’nègres de service’’ et ceux qui croient dans le pouvoir de ces ‘’nègres de service’’. Il est temps de libérer une autre lecture de l’histoire du Congo-Kinshasa et de l’Afrique. Il est temps d’opérer une lecture patriotique et critique de notre histoire collective.

 

Mbelu Babanya Kabudi