Editorial
lundi septembre 25, 2017
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Penser au jour le jour nous contraint, souvent, à ne pas tenir compte des réflexions prospectives fondées sur un dialogue permanent avec la marche historique du monde. Nous perdons énormément de temps à trouver des réponses aux questions que pose l'actualité congolaise en refusant de nous étudier pour nous connaître en profondeur et d'étudier ''l'autre'', celui qui, depuis 1885, considère le Congo-Kinshasa comme une ''terra nullius''. Un refrain revient souvent :  « Accordons-leur le bénéfice du doute. »

En écoutant Mgr Utembi se plaindre de la qualité de l'actuelle classe politique congolaise en décelant  dans sa façon de traiter les questions actuelles du pays  de l'inconscience et de l'irresponsabilité (https://www.youtube.com/watch?v=SS8tSJepokQ), nous nous sommes posés la question de savoir si la CENCO n'aurait pas gagné dans son rôle de modérateur  en s'informant davantage sur le mode opératoire de ''l'autre''. Non pas pour justifier les ''ego'' surdimentionnés, les égoïsmes, la roublardise, la cupidité et le manque de patriotisme de ses auditeurs, mais pour comprendre les raisons les poussant à vouloir jouer les seconds rôles en étant en permanence coachés par ''l'autre'' et ses ONG.

A force de jouer le rôle de ''nègres de service'', de génération en génération, plusieurs politicards congolais ont fini par s'y complaire. Leur demander de devenir ''acteurs pléniers'' est pour eux une mer à boire. Ils sont, en fait, devenus incapables de profiter des brèches ouvertes par ''l'autre''. Même de manière rhétorique. Quand Trump a dit : « America first'', ils auraient aussi dit : ''Congo-Kinshasa d'abord''. Cela leur aurait permis de décrier ''la néocolonisation'' dans laquelle ce pays est plongé aux côtés de Ne Muanda Nsemi et Kamwina Nsapu tout en corrigeant leurs travers. Ils n'ont pas pu. Ils ont renoncé à la rue et ont préféré négocier avec les sous-traitants de Kigali et de Kampala. Résultat : l'enlisement ; le pourrissement de la situation du pays.

Inconsciemment, ils jouent les prolongations en attendant que l'un des parrains ou ''les sous-traitants'' de ''l'autre'' viennent sonner ''la fin de  la récréation''.

Etre étonné devant cet imbroglio, c'est oublier que les politicards congolais ont les mêmes coachs et qu'ils ont choisi, ensemble, le statu quo et ''le parti de la soumission'' (http://www.ingeta.com/ils-ont-les-memes-coachs-ils-finiront-ensemble-dans-un-parti-de-la-soumission/).

Dans ce contexte, le choix du Congo-Kinshasa de l'insoumission est une urgence. Tout comme le renouvellement de la classe politique, la refondation de l'Etat, de l'école, de l'université, etc.

Tout est à refaire comme nous le soutenons dans notre livre intitulé ''A quand le Congo ?''.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba