Editorial
mercredi septembre 18, 2019
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Contrairement à Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo, son successeur désigné n’a pas hérité, dans les rues de Kinshasa, des panneaux publicitaires le présentant comme le messie dépêché par le ciel pour sauver le Congo et le démocratiser: « l’homme qu’il fallait ».

Pour autant, le champion de l’AMP n’a pas résisté pas à la tentation de manger sa parole quant au culte de la personnalité dont il affirmait avoir de l’aversion il y a quelques années.

Après huit années d’exercice de pouvoir et en dépit d’un leadership fainéant, Kabila Kabange s’invite volontiers chaque jour, dans les maisons des Congolais autrefois zaïrianisés. Le canal, c’est la télévision nationale confisquée aujourd’hui comme hier. Désormais, Kabila Kabange fait une intrusion dans les salons des Congolais à travers le journal télévisé de la chaîne publique où son portrait est placé derrière le présentateur.

Alors que Kabila Kabange s’invitait déjà au quotidien dans les maisons des Congolais à travers le journal télévisé qui a toujours débuté par les activités du président de la République, telle quand il reçoit un ambassadeur venu lui rendre une visite de courtoisie, au mépris des critères de sélection de l’information, on peut légitimement se demander qui est ce conseiller en communication qui a inspiré la RTNC pour que le journal télévisé soit en plus encombré d’un portrait d’un Kabila Kabange déjà omniprésent.

A la vérité, s’il n’est secret pour personne que le kabilisme d’hier et d aujourd’hui imite le mobutisme jusqu’au délire et que des bonzes du mobutisme font partie du pré carré présidentiel comme des coachs oeuvrant pour la consolidation du régime et la conservation du pouvoir, Kabila Kabange ne s’embarrasse nullement de sa nouvelle image de « timonier » national. C’est ainsi que sa photo figure sur le drapeau national brandi par ses partisans lors de manifestations publiques. C’est là une trouvaille qui avait échappé même à Dominique Sakombi Inongo, alias frère Jacob, du temps de la splendeur du MPR

La suite ? Mais, il ne reste qu’à chanter et à danser pour « mulopwe Kabila » pendant que des pans entiers du territoire national demeurent des zones de non droit avec des rébellions à n’en point finir, les criminels qui les dirigent étant assurés d’une prime de guerre à travers leur participation garantie dans les institutions de la République.

Rien de neuf donc sous le soleil quand il est notoire sait que la fameuse prime de guerre a été instituée par la communauté internationale en faisant des seigneurs de guerre ayant participé au Dialogue intercongolais les dirigeants politiques du pays au détriment de l’opposition politique.

La leçon a donc été bien assimilée par ceux qui considèrent non sans raison que le pouvoir est toujours au bout du fusil. Le CNDP, cet autre héritier de l’AFDL, attend son heure de gloire avec son entrée au gouvernement après l’amnistie pour faits de guerre votée par le parlement. Aussi, curieux que cela puisse paraître, comme un peuple amnésique, les Congolais, même ceux de l’est, victimes directes dans leur chaire des atrocités de différentes milices publiques et privées qui font la loi dans le Kivu, n’ont pas gagné la rue pour dire non, ne fut-ce que symboliquement, à l’entrée des membres du CNDP au gouvernement. C’est certainement parce qu’ils savent que la messe est déjà dite.

Il reste qu’avec l’adhésion annoncée du CNDP au PPRD, la réalité sera encore plus belle que le rêve pour les désormais ex-rebelles qui vont compter bientôt parmi les « excellences » de la République au moment où les cinq chantiers du citoyen Kabila relèvent toujours du monde des idées.

Et comme le ridicule ne tue pas, le PPRD et ses satellites de l’AMP eux n’ont désormais qu’une ambition : la réélection de Kabila Kabange, le seul chef d’Etat de la terre qui n’a aucune obligation des résultats.

PPRD oyée !