Editorial
mercredi octobre 18, 2017
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Le professeur Alphonse Maïndo vient de dénoncer la fabrication de ''faux diplômés d'université''. Des ''autorités politiques et militaires'' reçoivent des diplômes des universités congolaises sans qu'ils aient ni participé aux cours, ni présenté les examens( http://www.tshukudunews.com/societe/scandale-en-rdc-le-professeur-maindo-denonce-loctroi-de-faux-diplomes-duniversite-a-des-autorites/). Qu'est-ce que cela signifie ? Pourquoi ça ?

Ceci n'est pas compréhensible en marge de la guerre menée contre le Congo-Kinshasa depuis la nuit des temps. Cette guerre est orchestrée par ''les petites mains du capital'' et leurs supplétifs. Ils savent, eux, que toute guerre commence et/ou s'accompagnent de la conquête des cœurs et des esprits. En conscience, ils savent, eux, que sans des citoyens ''passifs, obéissants, ignorants et programmés'', aucune guerre raciste de prédation ne peut être gagnée. Et que la vente des armes peut tourner court. Ils ont donc besoin des ''intellectuels'' pouvant, en brandissant leurs diplômes tout en étant habillés en costume et cravate, rendre les citoyens apathiques et dénués de tout sens critique. Sur ces citoyens programmés, ils peuvent s'appuyer pour mener la guerre contre l'Irak pour des armes de destruction massive invisible, contre Kadhafi pour qu'il ne réalise pas son projet de Fonds Monétaire Africain, contre le Congo-Kinshasa pour son coltan, ses forêts, ses terres, ses eaux et bientôt pour son cobalt, etc.

Forts de l'urgence de la conquête des cœurs et des esprits pour la réussite de leurs guerres mensongères, ils investissent beaucoup d'argent dans ''les faux diplômes'', les think tank, les églises, les écoles et les universités. Dans les églises, ils ont besoin de ''faux prophètes'' ou des ''prophètes de la cour'' et non de ceux qui, à la suite d'Isaïe, émettent des jugements moraux sur la conduite des hommes. Lisons ces beaux et interpellants versets d'Isaïe au chapitre 5 :

''La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris(7). Malheureux, vous qui ajoutez maison à la maison, qui joignez champ à champ, jusqu'à occuper toute la place et habiter, seuls, au milieu du pays ! (8)

Malheureux, ces gens qui déclarent bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui rendent amer ce qui est doux et doux ce qui est amer ! (20)Malheureux, ceux qui sont champions pour boire du vin, et experts en mélange des boissons fortes : ils acquittent le coupable contre un cadeau, ils privent les innocents de leur justice ! (22-23)''

Quand le Congo-Kinshasa est attaqué par le FPR de Kagame, ce sont ses filles et fils capables de comprendre le rôle qu'il jouait dans cette guerre anglo-saxonne qui seront prioritairement liquidés.

Ceux et celles d'entre nous qui doutent peuvent lire la lettre que Mgr Munzihirwa écrit au Président américain Jimmy Carter le 30 janvier 1996. (Elle est publiée dans C. ONANA, Ces tueurs tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise, Paris, Duboiris, 2009, p.109113) Souvenons-nous qu'un diplôme a été inventé pour ''le Raïs 100 %) par ''un opposant congolais''. Et qu'il y a déjà eu, au cœur de ''la kabilie'', des compatriotes qui pouvaient s'exprimaient à la fois comme ''homme politique'' et ''scientifique''.

Et si le Professeur Mbata, convaincu qu'il n'y a pas de neutralité intellectuelle, n'avait pas répondu à son frère Boshab après la publication de son livre sur l'inanition du pays (sans Raïs 100%), le Congo-Kinshasa serait peut-être devenue ''un dynastie de la kabilie''.

Les compatriotes éveillés devraient être fiers de compter parmi eux un digne fils du pays de la trempe d'Alphonse Maïndo tout en se disant qu'ils doivent assidûment travailler à opposer leur intelligence à la ruse des financiers des ''faux diplômés congolais''.

Oui. ''Les idées sont éternelles, disait quelqu'un''. Qui n'a pas gagné la guerre des idées ne peut pas gagner les batailles armées. Voyons ! La Catalogne a créé sa masse critique. Elle a chassé la police espagnole ! 700,000 catalans dans les rues et capables d'expliquer individuellement le sens de la cause qu'ils défendent. Le paradigme est là !

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961