Editorial
mardi novembre 21, 2017
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Il se pourrait que comme Mme Bazaiba le confie à Jeune Afrique (http://www.jeuneafrique.com/484995/politique/rdc-eve-bazaiba-nous-avons-ete-naifs-de-faire-confiance-a-kabila/), il y ait eu beaucoup de naïveté du côté des compatriotes ayant ''fait confiance à Alias Joseph Kabila''.

Mais, comment ont-ils pu faire pour ne pas voir, ne pas entendre, ne pas sentir qu'ils étaient ''naïfs'' de 2001 à 2016 ? Quelle peut être, chez un être humain, normalement constitué, la durée de la naïveté ? Non. Madame, il n'y a pas eu que de la naïveté. Les alliances contre nature avec les bourreaux du Congo-Kinshasa, la cupidité, l'avidité, la volonté d'ignorer la réalité congolaise, le refus de ne pas apprendre de l'histoire immédiate du pays, les egos futiles et surdimentionnés, le goût de l'enrichissement facile et illicite, le banditisme, la médiocrité, tout cela a poussé ''la classe politique'' à laquelle vous appartenez à hypothéquer la dignité de l'homme et de la femme congolais(e). Le ''lokoso'' de cette ''crasse politique'' a facilité la vente du pays de Lumumba aux ''nègres de service'' des trans et des multinationales. Ce faisant, cette ''crasse politique'' a permis aux marionnettes de la ploutocratie occidentale de construire une prison à ciel ouvert au cœur de l'Afrique. Pendant que certains de ses membres touchaient des espèces sonnantes et trébuchantes volées aux Congolais(es) pour voter des lois scélérates au ''Parle et Ment'', caisse de résonance du ''gouvernement fantoche de Kinshasa, les frères et sœurs de Lumumba, dans leur immense majorité, étaient abandonnés à leur triste sort. Soumis(es) à la faim, à la maladie, à l'ignorance, à la mort, à l'oppression, à la répression, à l'indigence, etc., ils (elles) ne pouvaient s'exprimer qu'en se transformant en laudateurs et/ou en thuriféraires de ''leurs honorables'' et ''leurs excellences'' corrompus.

 

Quand ''les minorités organisées en conscience'' vous interpellaient en vous disant que vous faites fausse route, vous vous en moquiez en faisant croire aux masses populaires congolaises que ''le Congo-Kinshasa '' était devenu ''une jeune démocratie''. Vous confondiez l'organisation des élections-pièges-à-cons et ''le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple''. Vous étiez tellement aveuglée que vous ne vous rendiez même pas compte que la participation citoyenne à la délibération et aux décisions concernant ''la res publica'' était nulle. Vous parliez d'un capitalo-parlementarisme au rabais comme d'un lieu où les actions collectives concertées et réfléchies participant de l'édification d'une cité congolaise où la poursuite du bien commun et de l'intérêt général donne tout son sens à la politique. Tout cela, par naïveté ? Non. Je ne crois pas. Il se pourrait que ce soit aussi passé par mauvaise foi.

 

En avouant votre ''naïveté collective'', à quoi vous attendez-vous ? A roulez encore une fois nos masses populaires dans la farine ! Vous ''les draguez'' afin que, prochainement, elles vous accordent leurs suffrages sans que vous ayez payé ''le prix de votre naïveté'' !

 

Non, Madame ! Vous risquez de rencontrer sur votre chemin des ''minorités organisées et co-structurantes'' capables de vous mettre les bâtons dans les roues. Elles ne vont pas laisser impuni le fait que vous ayez, pendant plus de deux décennies, participé, par ''votre naïveté'' à la descente du pays de Lumumba aux enfers. En bon ''Cheval de Troie'', Alias Joseph Kabila n'aurait pas infiltré et impuissanté les institutions du pays sans des élites compradores et des collabos congolais décidés à troquer ce pays, ''don du ciel et de nos aïeux'', contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

 

Votre complicité et/ou votre collaboration ne devrait pas, en principe, rester impunie. A moins qu'une Commission Justice, Vérité et Réconciliation en décide autrement.

 

Vous avez fait beaucoup de mal à votre pays en participant à l'entrée du ''loup dans la bergerie congolaise''. Vous dites que c'est par naïveté. Moi, j'en doute. Je crois qu'il y a plus que la naïveté.

 

 

 

Mbelu Babanya Kabudi

 

Génération Lumumba 1961