Editorial
mardi novembre 21, 2017
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Il est curieux que certains compatriotes et médias congolais en ligne nous ayant qualifiés les miens et moi-même de chercheurs de boucs émissaires reprennent les thèses que nous défendions il y a plus de dix ans sur certains pays occidentaux et leurs intérêts. Nous avions tort, les miens et moi-même d'avoir eu la chance de lire des textes pouvant nous instruire sur l'autre et son mode opératoire. Nous savons que son discours officiel est différent de son discours officieux. Nous savions qu'il est contre l'émergence d'un monde multipolaire. Nous connaissions mieux sa doctrine de la sécurité nationale et son refus de l'altérité tout au long de l'histoire. Nous savions que pour l'Afrique du centre, ses ancêtres, dont Cecil Rhodes, estimaient que nous, les noirs, nous faisions la honte de l'humanité. Et que dans sa conquête du Grand Rift, il allait entretenir une guerre perpétuelle avec l'appui de certaines de nos élites compradores. Nous savions que depuis 1885, il avait décidé de ne plus lâcher le pays de Lumumba. Nous avions été vilipendés comme pas possible !

Nous savions que l'autre est producteur du ''chaos constructeur'', qu'il recourt à ''la thérapie du choc'' pour contrôler les marchés, les énergies et les matières premières stratégiques. Et que dans cet ordre d'idées, la répression et l'oppression lui vont bien malgré son discours officiel sur la démocratie et les droits de l'homme. Nous savions que l'autre ne peut jamais tolérer la coalition entre ceux qu'il considère comme vassaux. Et que les opposer lui permet de s'adonner à la prédation tranquillement. Nous avons été vilipendés comme pas possibles. Certains de nos textes ont été qualifiés de ''versets sataniques'' et nous-mêmes de ''communistes d'une autre époque''.

Et que tout d'un coup, plusieurs de ses compatriotes et médias en lignes reconduisent certaines de nos thèses et hypothèses alors que rien n'a profondément changé du point de vue de l'autre, c'est un peu sorcier. Que du temps perdu sur des questions d'une futilité inquiétante !

Espérons que la redécouverte de la véritable face de l'autre fera que la lutte pour un autre Congo-Kinshasa avance. Mon Dieu ! Que du temps perdu ! Bon ! Mieux vaut tard que jamais !

Heureusement, les minorités organisées, organiques et co-structurantes congolaises existent ! Dans le cas contraire, les miens et moi auront pu sombrer dans un découragement inutile. Dieu merci !

Courage, persévérance et espérance, tels sont nos mantras !

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961