Editorial
lundi mars 01, 2021
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Les Congolais s'étaient engagés, à travers leur hymne de l'indépendance ( Debout Congolais), à bâtir un pays plus beau qu'avant et à assurer sa grandeur.
Le mercredi 30 juin 2010, 50 ans auront passé depuis que ce serment n'a cessé d'être trahi. L'heure est au bilan. Mais quel bilan?

Faisant le bilan de l'état de la Nation en 1991 à l'ouverture des travaux de la mémorable Conférence nationale souveraine, feu Crispin Mulumba Lukoji, alors premier ministre, soulignait que le bilan était globalement négatif.
Dix neuf ans près, le bilan n'est pas uniquement cruellement négatif, mais le Congolais autrefois zaïrianisé a perdu jusqu'à sa fierté d'homme.
C'est ainsi que les dirigeants récalcitrants et les médias pré-payés de Kinshasa ne ratent plus une occasion pour annoncer qu'ils s'apprêtent à atteindre le point d'achèvement PPTE ( pays pauvres très endettés) en vue de bénéficier de l'annulation de près de 90% de la dette extérieure.
Le Congo de Lumumba, pays pauvre très endetté? Pas de quoi faire rire même les vaches quand on sait que le Congo à démocratiser demeure un scandale géologique. Mais pas seulement. Avec sa flore, sa faune, et sa terre fertile, le Congo ne peut se couvrir du ridicule en mendiant une quelconque pitance. C'est pourtant la triste réalité!
Comme un bateau ivre, le Congo des Kabila ne semble pas savoir ce qu'il veut ni où il va. Pendant qu'il ne jure plus que par l'atteinte du point d'achèvement PPTE, voilà que des proches de Kabila se livrent au grand jour aux opérations des fonds dits vautours en rachetant une dette intérieure  suspecte d'il y a plus de 20 ans et se font payer prioritairement pour s'enrichir sans cause.
Le premier ministre, les ministres des Finances, du Budget, le gouverneur de la Banque centrale et le conseiller spécial de Kabila en matière de sécurité sont au coeur de ces opérations dites "vautours". Congoone a assumé sa part du contrôle social en mettant à la connaissance de l'opinion ces scandales couverts au sommet de l'Etat. Ce, au moment où on amuse la galerie à Kinshasa en affirmant la détermination du pouvoir d'instaurer la tolérance zéro alors que la corruption et l'enrichissement illicite continuent, aujoiurd'hui comme hier, à être un véritable sport national.
Ce constat sombre fait, il serait stupide d'ériger un mur des lamentations en croyant que nos amis occidentaux aideront les ex-Zaîrois à s'en sortir.
Il faut arrêter de rêver. Car, la navigation à vue du Congo relève d'une conjuration contre notre pays. Si la responsabilité des Congolais ne peut être esquivée même par l'absurde, il serait fou de perdre de vue que ceux qui désigent ceux qui doivent diriger le Congo, de Mobutu en passant par Laurent-Désiré Kabila jusqu'à son successeur désigné, ne veulent pas d'un leadership nationaliste et responsable à la tête du Congo.
Mobutu a été "mis" à la tête du Congo par les Occidentaux, principalement les Américains et les Belges. Son successeur a suivi la même voie avec l'appui des mercenaires africains majoritairement rwandais. Ce n'est pas un scoop que de rappeler que l'Amérique de Clinton avait dépêché Bill Richardson, son ambassadeur aux Nations Unies, pour exhorter Mobutu à passer la main à LD Kabila.  Assassiné en janvier 2001, LD Kabila a été remplacé par Joseph Kabila, inaugurant ainsi l'ère d'une " république" monarchique soutenue par le même Occident qui venait enfin de trouver l'oiseau rare qu'il fallait pour remplacer Mobutu.
50 ans après la proclamation de l'indépendance, il est temps que les Congolais s'émancipent et se dotent d'un leadership patriotique et national. On n' a pas d'autre choix si ce n'est celui de s'opposer, par tous les moyens, à ceux qui dirigent le Congo par défi et à leurs soutiens, ces esclavistes d'hier qui continuent, avec la complicité de leurs médias dominants, à nous considérer comme de grands enfants