Editorial
mercredi mars 03, 2021
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Ayant succédé en janvier 2001 à Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo de la manière qu’on sait, Joseph Kabila a donné la pleine mesure de son incapacité à gérer le Congo à démocratiser depuis bientôt dix longues années.

Après s’être accordé un satisfecit le 8 décembre courant devant députés et sénateurs réunis en congrès au Palais du peuple à Kinshasa, Kabila Kabange vient de manger sa parole à la suite du dernier conseil supérieur de la défense qu’il a présidé cette semaine en dénonçant, lui aussi, la présence aux postes frontaliers des services non habilités. Alors que les services de renseignements, civils et militaires, répondent de lui, tout comme l’armée, la police et les autres services de l’Etat, voilà Kabila Kabange qui semble tiré d’un profond sommeil au point de réaliser après dix ans d’impérium qu’il y a des services publics qui squattent illégalement aux postes frontaliers.

 

 

Mieux vaut tard que jamais serait-on tenté de soutenir. Et pourtant, il y aura bientôt dix ans que le premier gouvernement de Kabila Kabange avait décidé que seuls la Douane, l’Office congolais de contrôle, la Direction générale de Migration (DGM) le Service d’hygiène et la police des frontières étaient autorisés à travailler aux postes frontaliers ! L’objectif visé hier comme aujourd’hui, .est d’assainir le climat de travail aux postes d’entrée de la RDC et de rendre fluides les opérations du commerce international au profit du pays en éliminant les tracasseries afin de replacer l’Etat congolais au diapason des standards internationaux.

Dix ans après, on est encore et toujours à la case départ. La très officielle Agence congolaise de presse signale que plusieurs services non autorisés dont la présence influe négativement sur les efforts d’optimisation des recettes de l’Etat exercent encore dans la plupart des postes frontaliers.

De sources officielles, 23 trois services de l’Etat oeuvrent au poste frontalier de Kasindi au Nord-Kivu au lieu  de 5 prévus ; au port de Matadi, il y en a 14 et 13 au port de Boma pour ne citer que ces quelques cas.

Congoone est en mesure de révéler pourquoi on indique le nombre des services qui travaillent illégalement aux postes frontaliers sans les citer. La raison est simple. Il y a parmi ces services ceux qui répondant directement de M. Kabila. L’ANR et la garde présidentielle dite républicaine en font partie. Tout le monde peut le vérifier dans les aéroports dont celui de N’djili à Kinshasa.

Si Kabila semble soucieux de remettre de l’ordre aux postes frontaliers, on s’étonne qu’il n’applique pas la tolérance zéro aux responsables desdits services qui lèvent au quotidien des taxes qui échappent au trésor public. A qui donc profite le crime financier? Naturellement à ceux qui disposent de l’impérium Car, nul ne peut se permettre d’installer un service public dans un poste frontalier et de requérir une taxe sans la bénédiction de ceux qui disposent de la puissance publique.

Et dire que le 8 décembre courant Kabila invitait députés et sénateurs réunis en congrès à croire en ses œuvres ! Celles de la prédation organisée ?

Que Kabila en soit encore et toujours à proclamer l’application sans faille ( ?) du décret limitant les services habilités à opérer aux postes frontaliers du territoire national alors plusieurs ministres PPRD se sont succédés depuis son avènement monarchique à la tête du Congo à démocratiser, on a là la preuve de la non gestion de l’Etat mieux de l’incapacité à le gérer par celui qui préside à sa destinée.

Il suffit d’y ajouter les assassinats et viols au Kivu et la criminalisation de l’économie nationale à travers l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et le blanchiment d’argent par des Libanais et autres Pakistanais pour réaliser que le naufrage dont a fait état l’ambassadeur François Zimeray concernant la situation des droits de l’homme au Congo n’est pas une vue d’esprit.

Barack Obama ne dit pas autre chose à travers sa décision d’exclure, à partir du 1er janvier 2011, la RDC de la liste des pays africains éligibles à un statut de partenaire commercial privilégié avec les USA, Africa Growth and Opportunity (AGAO). Cette mesure est imposée par la loi américaine qui prend en considération les avancées ou les reculs démocratiques des pays concernés.

A travers l’AGOA, les exportations de la RDC vers les USA ont renfloué le trésor public congolais à hauteur de 300 millions de dollars américains. Lesdites exportations, sans frais de douane et impôts avaient porté sur les minerais, les produits pétroliers et quelques produits finis selon les statistiques de 2009.

Il semble évident que Kabila fait la politique fiction en demandant aux Congolais d’applaudir ses œuvres qui ne relèvent que du monde des idées. C’est ainsi que quand il déclare devant sénateurs et députés que la nation congolaise se porte mieux, le Programme des Nations Unies pour le développement ( PNUD) choisit de le démentir royalement sur base des faits en mettant en exergue ses dernières études de novembre 2010 qui indiquent que le niveau du développement en RDC est en recul en 2010 par rapport à celui de 1970 selon le classement annuel du développement.

Ces données objectives sont une interpellation pour les ex-Zaïrois qui seront appelés à se choisir les nouveaux dirigeants en 2011.

Pour Congoone, après dix ans d’impérium, Kabila Kabange étant incapable de restaurer l’autorité de l’Etat, sa réélection à la plus haute charge de l’Etat serait le choix du pire. Le Congo mérite un autre leadership.Un homme averti…