Sacré Gbagbo ! Les forces impérialistes coalisées n’ont pas réussi à le liquider en dépit du bombardement de sa résidence. Le président ivoirien ne s’est pas non plus suicidé quand bien même tout était fait pour l’y contraindre. Gbagbo avait prévenu qu’il n’était pas candidat martyr mais amoureux de la vie. Il a tenu bon jusqu’au bout en dépit de la pression militaire des forces impérialistes coalisées et du lynchage médiatique dont il est victime depuis 2004, année du bombardement de l’aviation ivoirienne sur décision de Jacques Chirac pour punir Gbagbo l’insoumis accusé d’avoir fait bombarder le camp des militaires  français de Bouaké.

Ce lundi 11 avril, après le bombardement de sa résidence par les forces françaises épaulées par l’ONUCI la veille, Laurent Gbagbo a été arrêté. Son épouse aussi. Ouattara peut exulter même si il n’y a pas de quoi pavoiser tant son accession à la plus haute charge est d’essence étrangère et rappelle l’installation par les services secrets français de David Dacko au pouvoir à Bangui à travers l’opération dite Barracuda en septembre 1979.

 

Arrêté par les troupes de Ouattara selon les médias dominants, Gbagbo se serait plutôt rendu selon le chef rebelle Guillaume Soro, premier ministre de Ouattara. La France de Chirac s’est empressé de signaler que ses troupes d’occupation n’ont pas pris part aux combats. A beau mentir qui vient de loin ! Le porte-parole de Gbagbo à Paris a annoncé que le président ivoirien a été arrêté par les troupes françaises. A quoi servirait-il de chercher le sexe des anges alors qu’il est notoire que sans l’intervention des troupes françaises Gbagbo ne serait pas défait.

 

Alors que Gbagbo était déjà livré aux troupes de Ouattara et conduit, avec son épouse Simone, au quartier général de Ouattara, le premier ministre français informait les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale de son pays de la participation la veille des forces françaises aux opérations contre les « armes lourdes » du camp Gbagbo.

 

En fait des opérations contre des armes lourdes, il s’agissait du bombardement de la résidence de Laurent Gbagbo sous couvert de la résolution 1975 de l’ONU. Cette action criminelle et esclavagiste de la France a fait « tiquer » le Parti socialiste français dont le porte-parole a interpellé le gouvernement Sarkozy pour savoir si la France dispose d’un autre mandat que celui de la mise en œuvre de la résolution 1975.

 

Sacré Gbagbo ! Il aura tenu tête à l’ancienne puissance coloniale depuis le coup d’Etat manqué contre son régime en septembre 2002 par les rebelles baptisées Forces Nouvelles dirigées par Soro mais dont les observateurs avisés savaient qu’elles répondaient de Ouattara. Les masques sont donc définitivement tombés. Les rebelles des Forces nouvelles avec en leur sein des « commandos invisibles » sont devenues comme par un coup de baguette magique « les forces républicaines de Côte d’Ivoire » après avoir été nommés par les médias occidentaux forces proches puis forces de Allassane Ouattara. A-t-on besoin d’une photo pour réaliser que Ouattara est un seigneur de guerre en col blanc?

 

Sacré Gbagbo ! Il a tenu bon jusqu’à la fin. Il n’a pas reconnu la victoire de Ouattara pour ne pas apporter sa caution au hold-up électoral. Il n’a pas non plus pris le chemin de l’exil comme les néocolonialistes le lui avaient proposé.

 

Pour autant, Gbagbo n’est pas sans savoir cette maxime célèbre : « malheur aux vaincus ! ».Ceux qui ont gagné la guerre et non les élections entendent prendre leur revanche sur Gbagbo l’insoumis et brandissent les crimes qu’il aurait commis et dont il devra répondre. Ouattara n’a pas voulu perdre le temps. Ce soir déjà, il a dépêché des juges ivoiriens pour entendre Gbagbo. Que peut attendre Gbagbo de la justice des vainqueurs ?

 

Toute honte bue, et sans aucune réserve, se comportant comme le gouverneur général de Sarkozy à Abidjan, l’ambassadeur français a annoncé que les soldats restés fidèles à Gbagbo vont rallier Ouattara. Comme en terre conquise, deux jours avant, le même ambassadeur conjuguait Gbagbo au passé, une arrogance qui rappelle que la France reste un Etat esclavagiste en Afrique.