Editorial
jeudi novembre 21, 2019
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Tous coupables ! Telle est la conclusion de l’enquête diligentée à la suite du crash d’un Boeing 727 de la compagnie Hewa Bora survenu le vendredi 8 juillet dernier à Kisangani. C’est un rapport coupe-gorge qui met en exergue l’incurie de tous les services et acteurs intervenant dans le secteur de la navigation aérienne.

Si la compagnie Hewa Bora est coupable d’avoir aligné un pilote non détenteur d’une licence lui autorisant à piloter le Boeing 727, cela ne peut être une excuse pour les services de l’Etat qui ont péché par action et par inaction. La responsabilité de la Régie des Voies Aériennes            (RVA) est engagée parce que l’aéroport de Kisangani ne garantit pas les conditions nécessaires d’une sécurité et sûreté aériennes requises. Le service de migration (DGM) oeuvrant à l’aéroport dit international de Ndjili est mis en cause pour sa négligence de la surveillance à l’embarcation des passagers, avec pour conséquence la non maîtrise des passagers embarqués jugés supérieurs à la capacité de l’aéronef.

Le rapport met également en cause l’Autorité de l’aviation civile du Congo (AAC) pour la complaisance dans l’octroi des licences de navigation aérienne et dans l’immatriculation et la certification  des aéronefs.

Face à un tel rapport qui donne froid dans le dos, le gouvernement aurait dû tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Que non ! Ce serait perdre de vue que le Congo à démocratiser n’est pas un pays normal. D’ailleurs, on y marche sur la tête.

En tout état de cause, si les accidents d’avions sont inévitables parce qu’ils sont généralement la conséquence des problèmes techniques et parfois des erreurs humaines, ils sont par contre criminels quand ils résultent de l’incurie due à la cupidité de ceux dirigent le Congo.

A la vérité, les faits mis en relief par le rapport élaboré à la suite du crash du Boeing 727 de la compagnie Hewa Bora sont un secret de polichinelle dans un pays où la corruption est un sport national.

Comment donc ne pas s’interroger sur le rôle de la DGM mise en cause dans le crash du Boeing de Hewa Bora à Kisangani quand on sait qu’au quotidien, ce service dirigée par l’oligarchie katangaise rançonne systématiquement les voyageurs, surtout des étrangers, à l’aéroport de Ndjili à Kinshasa.

En effet, en dépit de sa devise : « courtoisie, fermeté et honnêteté », la DGM (Direction générale de Migration), du moins son Antenne de l’aéroport de Ndjili se livre à un enrichissement sans cause en extorquant des milliers de dollars yankée à des voyageurs sous prétexte que leurs visas seraient douteux. Au lieu de renvoyer les détenteurs de ces visas  « suspects », le directeur de la DGM à l’aéroport de Ndjili, Honoré Kayumba, et sa bande leur exigent de payer au minimum 1.500 dollars américains pour avoir accès au territoire. Quatre citoyens américains dont deux femmes médecins l’ont expérimenté le 14 juin dernier. Ils sont tombés de nues quand, le plus sérieusement du monde, sieur Kayumba leur a annoncé que les visas qui leur ont été délivrés à l’ambassade de la RDC à Washington étaient douteux. N’étant pas à leur premier voyage en RDC, ils avaient cru utile de montrer leurs anciens passeports contenant le même modèle de visa, mais Kayumba et ses hommes sont restés de marbre. 1.500 dollars ont été exigés à chacun pour accéder au territoire. 2.500 dollars ont été déboursés par les deux médecins qui se rendaient pourtant à Bandundu pour y soigner gratuitement des populations indigentes ! Un autre américain d’origine congolaise avait dû payer 1.500 dollars pour accéder à son pays d’origine. Tout cet argent a été payé sans quittance ! Le quatrième américain, d’origine congolaise, qui ne voulait rien payer a été refoulé sans autre forme de procès. Un procès verbal de refoulement a été signé par Honoré Kayumba et le compatriote de Barack Obama a été mis hors du territoire congolais, selon les termes du procès verbal du directeur de la DGM/aéroport de Ndjili, par le vol SN Brussels Airlines suivant l’itinéraire Kinshasa-Bruxelles-Washington.

Ces quelques exemples d’incurie et de cupidité des hommes au service de la kabilie vident de tout son sens le slogan « tolérance zéro » et sont la preuve que le Congo est à reconstruire, surtout mentalement. D’où, la nécessité d’un leadership responsable différent de celui de Kabila Kabange qui s’est singularisé, depuis dix longues années, par le pilotage à vue en nous vendant les virtuels cinq chantiers comme Mobutu nous avait vendu le « septennat du social ». Heureusement que les Kinois qui ont une imagination créatrice ont remis les fameux chantiers du citoyen Kabila  à leur vrai dimension, celle des 5 sentiers.