D’importants moyens, humains et matériels, sont mobilisés par les différents candidats à la plus haute charge de l’Etat et à la députation nationale pour sillonner le Congo et solliciter le suffrage des ex-Zaïrois le 28 novembre 2011.

Le président sortant qui n’échappera au bilan de sa gestion hasardeuse de l’Etat a déjà mangé sa parole en renouvelant les mêmes promesses qu’en 2006 en ce qui concerne singulièrement l’insécurité alors qu’il ne s’était pas offusqué, en début de campagne, d’affirmer que toutes les promesses faites il y a 5 ans ont toutes été réalisées.

A beau mentir qui vient de loin !

Même la fameuse communauté internationale et ses médias dominants qui voient blanc là où les Congolais voient noir quant à la gouvernance de leur pays ne trouvent qu’un seul atout susceptible de justifier la réélection de Kabila Kabange : le fait qu’il a face à lui une opposition divisée.

Ceux qui ne jurent que par l’alternance pour doter le Congo d’un leadership responsable, avec Tshisekedi en tête, mettent notamment en relief la nécessité de doter le Congo d’une armée véritablement nationale, d’instaurer un Etat de droit, une justice sociale, de combattre la corruption qui demeure un sport national en dépit de la tolérance zéro prônée par la kabilie.

A huit jours de la tenue des élections, on peut constater que la campagne se déroule relativement de manière satisfaisante malgré quelques actes d’intolérance regrettables.

Pour autant, le vote des Congolais sera-t-il le seul élément susceptible de conférer la légitimité démocratique à ceux en qui le peuple aura placé sa confiance ? C’est possible. A condition que les différents candidats et partis politiques veillent, à travers leurs témoins, à ce que les procès-verbaux établis dans les bureaux de vote soient véritablement l’expression de la vérité des urnes. Là, ce n’est plus évident.

Et pour cause, la cartographie établie par la CENI prévoit plus ou moins 6.300 bureaux de vote, avec possibilité d’additionner certains sites. C’est à ce niveau que la vérité des urnes pourrait être malmenée.

Il est cependant possible de contourner cette difficulté. Simplement en disposant des témoins dans chaque bureau de vote, soit 6.300 témoins par parti ou regroupent politique. Car, il n’y a qu’eux qui puissent étouffer toute velléité de tricherie en certifiant  les résultats obtenus par chaque candidat dans chaque bureau de vote.

Voilà l’immense tâche à la quelle doit s’atteler l’opposition, principalement l’Udps, au lieu de s’acharner à l’audit du serveur central alors que ce dernier ne recevra que les résultats transmis par les différents bureaux de vote via le satellite Vsat pour plus de rapidité.

Or, selon nos informations, la question n’est pas encore réglée par nombre de partis. Même à l’Udps, on en est encore à instruire les organes de base à s’en occuper et à communiquer les listes à la CENI. Soit !

Une chose est de désigner les témoins, une autre sera de les payer, tout au moins de les motiver de sorte qu’ils ne fassent pas le jeu de l’adversaire. Il ne faut pas perdre de vue que la fragilité sociale d’un témoin peut être utilisée par la kabilie pour en faire un complice dans la falsification des résultats dans un bureau de vote.

Ainsi qu’on peut s’en rendre compte, les témoins seront au cœur des élections du 28 novembre. Car, ils seront dans chaque centre local de compilation des résultats (CLCR) en vue de certifier les procès-verbaux établis dans les différents bureaux de vote avant que les résultats soient transmis au serveur central via le Vsat.

Aussi, si des témoins motivés sont-ils désignés dans tous les bureaux de vote, il pourrait y avoir des raisons d’espérer quand bien même des millions de « doublons » dénoncés par l’Aprodec et dont Ngoy Mulunda ne nie pas l’existence tout en en limitant la portée à plus de deux mille (la non précision a tout son sens ici) risquent d’impacter le processus.

Si, malgré toutes les précautions, le vote du peuple congolais est volé pour permettre à Kabila de rempiler, c’est au même peuple congolais qu’il reviendra de tirer les conclusions du hold-up électoral que semble préparer Ngoy Mulunda à travers la mise en place, sans qualité ni droit, d’un comité de médiation électorale composé de sept membres, majoritairement des religieux obscurantistes dont la mission avouée est de favoriser le dialogue pour des élections apaisées.

En vérité, la mission de ces gourous appuyés par des ambassadeurs occidentaux est post- électorale : ils devront plutôt exhorter les candidats à la présidence de la République à accepter les résultats proclamés par Ngoy Mulunda. C’est ce qu’ils appellent s’inspirer de la tradition de palabre africain pour régler les différends entre candidats. Cette curieuse initiative pue la magouille à mille lieux et n’est pas sans rappeler un certain Apollinaire Malu-Malu de triste mémoire qui proclama Kabila Kabange élu en 2006 devant Jean-Pierre Bemba Gombo qui accepta l’inacceptable. On connait la suite.

Dans tous les cas, il faudrait penser à un plan B au cas où.