Editorial
mardi juin 25, 2019
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Tout le monde s’y attendait. Il n’avait pas de suspens à lever. Après avoir rejeté ce vendredi le recours en annulation de l’élection  présidentielle du 28 novembre dernier introduit par Vital Kamerhe, la Cour suprême de justice a confirmé les résultats provisoires publiés par la CENI de Ngoy Mulunda  et proclamé Joseph Kabila Kabange président élu.

L’imposture est ainsi confirmée. Ainsi ceux qui conseillaient singulièrement à Tshisekedi d’aller à Canossa à la Cour suprême de justice se feront le malin plaisir de prendre acte de l’élection de Kabila au motif qu’elle a été proclamée par l’institution habilitée à cet effet.

Pitoyable aura été la réaction de l’Afrique qui a déjà salué l’élection de Kabila sans même attendre le prononcé de la Cour suprême.

Lamentable aura été la nonchalance de la nébuleuse communauté internationale qui s’est embourbée dans des scandaleuses contradictions en dénonçant de graves irrégularités et fraudes massives tout en soulignant que cela n’est pas de nature à remettre en cause les résultats frauduleux publiés par Daniel Ngoy Mulunda Nyanga.

Il ne reste donc plus qu’au peuple congolais de protéger son vote en disant non à l’imposture et à l’imposteur. Mais ce dernier qui est un disciple de Machiavel a fait plonger Kinshasa dans le noir ce soir pour maintenir les Kinois dans l’obscurantisme au propre comme au figuré.

La kabilie ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Elle a lancé les chiens de garde de la dictature à la trousse de jeunes gens dans nombre de familles kinoises, singulièrement dans la commune de Ndjili où tous ceux que les différents quartiers comptent comme garçons sont enlevés et conduits vers une destination connue du seul commanditaire et de ses barbouzes..

Comme on peut s’en rendre compte, tout est donc fait pour dissuader les Congolais à gagner la rue en dressant le front longtemps courbé pour exiger que son droit légitime de désigner les dirigeants en qui il a confiance soit respecté.

Même alors, le Congolais n’a-t-il que ses yeux pour pleurer ? Cette fois-ci ou jamais ! Kabila Kabange qui a 40 ans n’en aura que 45 en 2016. Tout comme il a obtenu la modification de la constitution en 2011 pour que l’élection présidentielle se déroule à un seul tour, il ne s’offusquera pas de modifier la constitution de manière qu’à l’issue de son second mandat frauduleux, il puisse continuer à se présenter comme candidat à la plus haute charge de l’Etat. On ne peut en doute Car, ce n’est pas à 45 ans que Kabila Kabange prendra sa retraite. Le long règne de Mobutu Sese Seko lui servant d’ailleurs d’exemple, il n’a pas hésité à s’entourer de bien de bonzes du mobutisme en vue de consolider son pouvoir d’essence étrangère.

Que faire donc ? Le Congolais n’a pas de choix mais une solution, une seule : s’emparer du pouvoir d’Etat en vue de doter le Congo d’un leadership susceptible de conduire au développement et à l’instauration de la démocratie. Cela est un devoir patriotique. Car, la fraude électorale planifiée par Kabila avec le soutien de la nébuleuse communauté internationale est la preuve que les élections de 2006 comme celles de 2011 ne sont qu’une escroquerie politique visant à consolider la nouvelle dictature installée au Congo à démocratiser depuis 2001.