Editorial
samedi juillet 21, 2018
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8 mai 2013. Congoone titrait : « Revoici Apollinaire Malumalu, le joker de Kabila pour succéder à Ngoy Mulunda à la tête de la CENI nouvelle formule ! ». Cinq jours après, l’agence de presse Belga relayait la même information en citant des sources gouvernementales, au point de susciter l’ire de quelques chiens de garde de la dictature qui avaient vite fait de crier à la manipulation.

Trente jours après, c’est fait. Depuis hier, Apollinaire Malumalu est bien le président de la CENI nouvelle formule. Ce, en dépit d’une bien curieuse prise de position de la hiérarchie de l’église catholique de la RD Congo soulignant qu’elle n’a désigné aucun ecclésiastique, prêtre ou religieux, comme son représentant à la CENI.

 

Mardi 18 décembre 2012. Cité de l’Union Africaine à Kinshasa. Les patrons des médias publics et privés sont conviés à une conférence de presse animée par Joseph Kabila. Le chef de l’Etat rend compte de l’état de la nation après s’être livré au même exercice devant les sénateurs et les députés nationaux réunis en congrès trois jours avant.

Le moment est solennel. D’entrée de jeu, Kabila a une lecture bien curieuse de la genèse de la guerre qui déchire le Kivu. Pour lui, elle ne remonte qu’à février 2012 et est consécutive à l’indiscipline de certains officiers dont le général Bosco Ntaganda. Dont acte !

 

C’est en prestidigitateur que Kabila Kabange s’est adressé le samedi 15 décembre courant à ses fidèles obligés, députés élus en novembre 2011 de la manière que l’on sait, et sénateurs élus en 2006, à travers un discours consacré à l’état de la Nation.

Si, comme nombre d’ex-Zaïrois, Kabila a reconnu que les foyers de tension permanents à l’Est sont créés et entretenus dans la perspective programmée de la balkanisation du pays, il ne s’est pas offusqué de prendre la liberté avec des vérités.

En séjour en Europe depuis une semaine, le PPRD Augustin Matata Ponyo, premier ministre de Kabila Kabange, est sollicité par des médias dominants dont France 24 pour commenter le dernier sommet de la francophonie organisé à Kinshasa et l’actualité congolaise notamment en rapport avec la décision de la justice militaire de ne pas faire comparaitre John Numbi, principal suspect selon les parties civiles, comme prévenu dans le procès en appel dans ce qu’il est convenu d’appeler Affaire Chebeya.