Editorial
lundi novembre 19, 2018
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Les conférenciers sont bien outillés. Ils recourent à de bonnes sources. Mais des sources orientées. Elles n'assument pas le côté raciste des ''guerres dites hybrides''. Elles sont prisonnières du paradigme économiciste justifiant toutes les guerres et tous les conflits orchestrés en Afrique par ''sa malédiction'' que sont ses ressources du sol et du sous-sol. Cette approche liée au fondamentalisme du marché néglige la disqualification du ''nègre'' comme être humain par les inventeurs de la poudre et la boussole. La destruction de la dignité de l'humain africain et de la matière grise africaine me semblent être des objectifs oubliés des ''guerres racistes dites hybrides''. La Norvège a du pétrole. Elle n'est pas détruite par les multinationales.

Je comprends finalement pourquoi j'ai eu, le long de mon parcours séminaristal et universitaire en philosophie, plus ou moins cinq cours sur les textes :la critique historique, l'exégèse biblique, l'herméneutique, la philosophie du langage et la philosophie analytique. Oui. Lire un texte et le comprendre, c'est pas un pis-aller. Lire un texte et le comprendre n'est pas du tout facile. Dans le contexte congolais où ''la trahison des élites intellectuelles'' a conduit à la relativisation des choses de l'intelligence, la lecture des textes devient l'une des choses les plus compliquées du monde.

Un pays occupé pendant plus d deux décennies par un réseau de prédation transnational porté par ''un conglomérat d'aventuriers'' parle encore de ''constitution'' deux ans après ''le mandat officialisé'' des institutions vides de contenu ! Terrible ! Des politicards parlent encore de ''chef de l'Etat'', de ''parlement'' et de ''sénat'' et commentent les sorties médiatiques de ce beau monde comme si de rien n'était ! Grave ! Pour n'avoir pas cru que le pays était pris en otage par ''une kabilie kleptocrate'', ces politicards ont avalisé un processus politique vicié et vicieux. Et même quand celui-ci a pris fin depuis 2016 sans ''passation civilisée'' de ''pouvoir-os'' entre ''un président entrant'' et ''un président sortant'', ces manducrates font comme si de rien n'était. Ils parlent de nominations faites par ''le président de la république'' sans ajouter, comme La Libre Afrique, ''hors mandat'' (frauduleux) ! Désespérant ! L'usage des mots n'est pas innocent !

Si en tant que Congolais(es) nous n'arrivons pas à nous assumer en croyant que les autres mèneront la lutte de notre émancipation politique pour un Congo-Kinshasa souverain, nous sommes les plus à plaindre du monde.