Editorial
vendredi décembre 15, 2017
Register

Supposons que la dernière sortie médiatique de Joseph Kabila ait connu des interprétations erronées. Qui doit pouvoir réajuster le tir ? C'est lui. Et pas les tambourinaires et les thuriféraires.

 

Il y a des enjeux qui ne se comprennent mieux que quand ils sont facilement expliqués. A l'occasion du passage de Paul Kagame à Bruxelles, un ex-ministre Rwandais, Faustin Twagiramungu, s'exprime et dit, en des termes on ne peut plus clair, le rôle qu'il joue : il assure le relais des matières premières stratégiques du Congo-Kinshasa pour ''la communauté dite internationale''. Malheureusement, cela dure depuis plus de deux décennies et entraîne une crise anthropologique dans la sous région des Grands Lacs africains. Sur cette même vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=pU9q5Oq8osM&feature=youtu.be), un autre Rwandais s'exprime et explique la situation actuelle de son pays. Elle n'est pas aussi bonne que nous la présentent certains médias dominants.

Le déplacement de la question des terres congolaises de l'Est au Centre permet de comprendre la nature de la guerre menée au Congo-Kinshasa depuis les années 1990  chez ''les incrédules''.

Il arrive que, quand nous touchons de manière critique à nos rapports avec ''l'Etat profond anglo-saxon'' qui nous mène la guerre depuis l'assassinat de Lumumba en 1961 (et même avant), il y ait des réactions spontanées du genre : cet ''Etat profond'' ne ferait rien si les Congolais(es) n'avaient pas collaboré.  Cette réaction est juste. Mais partiellement. Elle ne rend pas compte du refus de collaborer dont plusieurs de nos aïeux ont fait montre au point de payer de leur vie. Bien que réelle, la spontanéité avec laquelle nous dénonçons ''notre collaboration'' donne à penser. Pourquoi nous plaçons-nous spontanément dans la position des coupables et de ''collabos'' sans analyser en profondeur les conditions de réalisabilité de notre ''collaboration'' ?