Editorial
lundi novembre 19, 2018
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Par usure ou fatigue psychologique et intellectuelle, des compatriotes estiment qu'il est souhaitable que les Congolais(es) s'adressent à la Cour Pénale Internationale.

 

Tirer à balles réelles sur les Congolais(es), les tuer, les massacrer, les esclavagiser, sont des actés délibérés. La preuve est là que certaines manifestations ''bien planifiées'' sont ''encadrées''.

Prendre l'histoire du Congo-Kinshasa par de petits morceaux peut pousser à formuler certains commentaires négligeant le fait que ce pays connaît une guerre d'usure depuis 1885. Les efforts déployés par les héritiers de Kimbangu et Kimpa Vita vers les années 1960 pour en finir avec cette guerre n'ont abouti qu'à quelques jours d'indépendance politique réelle. L'un des fers de lance de cette lutte est tué le 17 janvier 1961. Depuis lors, le Congo-Kinshasa est plongé dans une crise de légitimité et de légalité. Les efforts déployés vers les années 1990 pour la démocratisation de ce cœur de l'Afrique ont été anéantis par la guerre raciste et de prédation menée par les anglo-saxons et leurs proxys rwandais, ougandais, burundais, congolais, etc. Cette guerre a eu lieu dans un contexte beaucoup plus large de la production des ''Etats ratés'' orchestrés par ''la première puissance militaire du monde''. (https://www.legrandsoir.info/produire-des-etats-rates.html) Le peu de structures et institutions donnant au Congo-Kinshasa l'aspect d'un ''Etat manqué'' sous Mobutu ont été anéanties par cette guerre. Produire les Etats ratés participait d'une politique de la guerre conçue comme business ; c'est-à-dire comme une opération économique rentable, dirait Riccardo Petrella.

Plusieurs d'entre nous ont fini par comprendre ce qui se passe dans notre pays. Ce faisant, ils sont devenus tellement exigeants qu'ils refusent d'accepter que se débarrasser des paradigmes de néantisation et d'indignité ne se fait pas au même rythme chez tout le monde. Rompre avec la traite négrière, la colonisation et la néocolonisation prend du temps. Cela d'autant plus que l'autre, celui qui en tire profit, depuis plus de cinq siècles ne croise pas les bras. ''Comprendre ne signifie pas justifier''.