Editorial
vendredi décembre 15, 2017
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''Les Congolais(es) sont des BMW. Le Congolais est l'ennemi du Congo. Le Congolais peut, au non de l'argent, vendre ses propres parents. Le Congolais est ceci. Le Congolais est cela.'' Tels sont les propos que nous lisons de temps en temps sur les réseaux sociaux. Souvent, il y a très peu d'allusion à ce qui est arrivé à ce pays depuis les années 90. Sous d'autres cieux, en Espagne, par exemple, les familles ayant perdu leurs membres au Rwanda au cours du ''génocide rwandais'' travaillent au quotidien pour savoir ce qu'il y a eu au juste. Elles veulent que les responsabilités soient établies et les coupables punis. Depuis plus de deux décennies, ils se documentent pour savoir ce qu'il y a eu au juste. Les injures, les insultes et l'amnésie quasi collective au Congo-Kinshasa et des Congolais(es)  les uns(es) à l'endroit des autres ont tendance à occulter cette recherche historique indispensable à la décrispation de la situation au pays de Lumumba.

Penser au jour le jour nous contraint, souvent, à ne pas tenir compte des réflexions prospectives fondées sur un dialogue permanent avec la marche historique du monde. Nous perdons énormément de temps à trouver des réponses aux questions que pose l'actualité congolaise en refusant de nous étudier pour nous connaître en profondeur et d'étudier ''l'autre'', celui qui, depuis 1885, considère le Congo-Kinshasa comme une ''terra nullius''. Un refrain revient souvent :  « Accordons-leur le bénéfice du doute. »

Contrairement aux communiqués ''officiels'', nous apprenons qu'il y a encore des coups de feu à Kananga ce mercredi 15 mars 2017.  Il n'est pas exclu que les jeunes adeptes du chef Kamwina Nsapu soient pris dans un piège. Dans le piège de ''la guerre  d'usure'' menée contre le Congo-Kinshasa depuis bientôt plus de deux décennies.

La lecture officielle de ''la guerre par morceau'' menée contre les Congolais(es) indique qu'elle a pris fin en 2002. Plusieurs compatriotes l'ont adoptée pour se démarquer de ''la relecture congolaise de cette version officielle''.  La découverte des fosses communes les unes après les autres (http://www.rfi.fr/contenu/ticker/fosses-communes-kasai-rdc-le-haut-commissaire-onu-droits-homme-demande-une-commission?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=breaking&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2017-03-08)et la déconstruction du ''récit officiel des ADF/NALU''  (https://habarirdc.net/massacres-adf-affaire-mafieuse-selon-chef-de-monusco-nord-kivu/)ne semblent pas forcer plusieurs d'entre nous à se démarquer de ''la lecture officielle'' de ''la guerre par morceau'' menée au cœur de l'Afrique depuis les années 1990.