Editorial
dimanche juillet 15, 2018
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Si les profs d'université entourant alias Joseph Kabila n'arrivent pas à établir le lien entre l'imposition du système ultralibéral au monde et au Congo-Kinshasa et les millions des morts congolais, comment voulons-nous qu'un jeune homme ayant à peine terminé les études secondaires et venu au pays en bottes en caoutchouc comprenne cela ? Il se pourrait qu'il ait eu ceci comme instruction : ''Toutes les protestations contre le dysfonctionnement du système néolibéral sont des attaques à ton ''pouvoir'. Tu ne peux conserver ce dernier qu'en tuant. Tue le plus possible et tu régneras sur ''les Congolais(es) pacifiques''. Mais n'oublie pas de leur offrir ''les jeux.'' Ils ne lui ont pas dit que ''ce monde d'emploi'' de vassaux ne fonctionne pas toujours.

 

Il arrive que certains d'entre nous puissent croire que ''les maîtres du monde'' travaillent en s'enfermant dans l'immédiateté. Même s'ils ne réussissent pas à tous les coups, ils programment ce qu'ils font sur le temps long. Croire un seul instant que les USA puissent oublier un seul instant le principe de leur sécurité nationale pour aider les Congolais(es) à démocratiser leur pays est un leurre. Que signifie ce principe ? Il signifie que les USA veillent au contrôle des parties du monde où il y a des énergies (pétrole et gaz), au contrôle du marché ultralibéral et des terres regorgeant des matières premières stratégiques utiles à leurs multinationales. Ce principe est porté par une approche messianique de leur rôle de gendarme du monde, par une approche de l'autre le réduisant au rang d'esclave et de vassal, par un grand instinct de domination, de cupidité et d'avidité.

Questionner certaines de nos croyances devrait être un acte permanent. Il arrive que nous, Congolais(es), puissions croire que nous sommes l'une des populations les plus naïves du monde. Nous embrassons aussitôt après ceux et celles qui nous veulent du mal. Nous croyons facilement en l'autre. Et si cet autre en qui nous croyons si facilement nous tue, c'est notre faute. Et quand l'autre en qui nous croyons facilement estime que nous ne sommes bons et bonnes que pour la bière, l'argent et le sex, nous estimons qu'il a raison. Dans le cas contraire, nous n'aurions pas accepté qu'un ''petit pays'' nous colonise. Cela d'autant plus que nous ne nous aimons pas. Nous sommes l'une des populations du monde ayant tellement cultivé la haine de soi que nous pouvons vendre qui son père, qui son frère, qui sa mère, etc. Et nous en concluons que le plus grand ennemi du Congolais ou de la Congolaise, c'est le Congolais ou la Congolaise. OK. Très bien.

 

Il se pourrait que comme Mme Bazaiba le confie à Jeune Afrique (http://www.jeuneafrique.com/484995/politique/rdc-eve-bazaiba-nous-avons-ete-naifs-de-faire-confiance-a-kabila/), il y ait eu beaucoup de naïveté du côté des compatriotes ayant ''fait confiance à Alias Joseph Kabila''.