Editorial
jeudi mai 25, 2017
Register

Au Congo-Kinshasa, le désir de sortir du bourbier est normal. Il est raisonnable. Mais pas avec ceux qui l'ont créé avant de tomber dans la politique du bouc émissaire. Surtout pas avec les adorateurs du dieu-argent. Ceux-ci croient que tout peut être acheté : les lobbies comme ''les opposants'' et les foules d'applaudisseurs. En effet, ceux qui croient dans le pouvoir de l'argent ont besoin de foules serviles d'applaudisseurs. Ils ont peur des masses critiques. Les foules serviles d'applaudisseurs se contentent du ''pain et des jeux''. Elles se laissent facilement prendre par les stratégies de la manipulation. Les masses critiques, elles, tiennent à devenir les démiurges de leur destinée. Elles entretiennent ''la mémoire collective vivante''. Elles sont tournées vers le droit d'inventaire et la reddition permanente des comptes.

Leur avènement relève d'un dur et long accouchement. Il est imperceptible. Moléculaire. Il est le résultat d'une lutte d'émancipation politique engagée sur le temps long par des patriotes unifiants.

 

Babanya Kabudi

 

Réfléchissons un peu. Neuf français sur dix jugent le bilan de François Hollande négatif1. Plus de sept français sur dix ne souhaitent pas qu'il se représente à la présidentielle en 2017. François Hollande est donc rejeté par le peuple français. Les Nuits debout organisées dans plusieurs villes françaises, malgré leurs limites idéologiques, sont l'expression de ce rejet. Ce soir du jeudi 14 avril 2016, il organise sur l'une des chaînes de télévision française ''le dialogue citoyen''. Il va débattre avec quelques citoyens français estimant qu'il a été voté sur le programme de la gauche et qu'il a appliqué, au cours de son mandat, le programme de la droite.

L'union fait la force dans un système ''vrai'' où le renversement des rapports de force est pris en compte. Plusieurs pays de l'Amérique Latine en témoignent. Il est curieux que les politiciens congolais ayant applaudi le discours de Moïse Katumbi sur les deux ''faux penalties'' entraînent les plus naïfs d'entre nous à croire que pour triompher contre le camp de ''la kabilie'', il faut être tous mobilisés derrière un seul candidat de ''l'opposition''. Comment en sommes-nous arrivés à partager des discours absurdes ? S'il y a eu ''deux faux penalties'',cela signifie que le processus électoral a été faussé sans que les sanctions s'en suivent. C'est-à-dire que ''le raïs'' a eu recours aux fraudes, au bourrage d'urnes, à la tricherie et à la corruption en 2006 et en 2011 pour préserver son rôle de ''Cheval de Troie'' de Pauk Kagame. Et si, malgré ces deux ''faux penalties'', il assume ce ''rôle'' au sommet de l'Etat raté congolais, c'est parce qu'il a eu en face de lui une ''opposition du statu quo'' et complaisante. Dans ce contexte, croire avec Moïse Katumbi qu'il faut éviter le troisième ''faux penalty'', cela devrait, en principe, signifier la rupture avec le processus électoral faussé et la mise au banc des accusés de ''la kabilie fraudeuse''. Appeler au respect de la constitution pour éviter un troisième ''faux penalty'', c'est avaliser les deux premiers en faisant faussement croire que les deux faux premiers relèvent de la faute de l'opposition désunie. Comment en arrivons-nous à réfléchir si mal ? Etre, d'une part convaincus qu'il y a eu des ''faux penalties'' et d'autre part, vouloir nous convaincre que c'est la désunion qui a faussé les règles du jeu ?

Le dossier de l'assassinat du Père Vincent Machozi rappelle aux plus amnésiques d'entre nous que les balkanisateurs1 du Congo-Kinshasa n'ont pas renoncé à leur projet. Les cartes d'électeurs facilitent la tâche de ceux qui, après avoir égorgé les Congolais(es), occupent leurs terres et y déversent des milliers ''d'immigrés rwandais''. Pourtant, le Rwanda est vanté comme étant le pays le plus développé de l'Afrique des Grands Lacs. Il n'y a plus de guerre là-bas ; tout le monde s'est réconcilié avec tout le monde. La démocratie y règne et Kagame assure le bien-être de tous ses concitoyens. D'où vient que l'immigration y refasse surface ?