Editorial
samedi août 19, 2017
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Il y a des compatriotes qui estiment que ces jours-ci JOKA est tellement agité qu'il n'arrive pas à dormir. Ces compatriotes estiment que la politique étant dynamique, ''les maîtres du monde'' ont opté pour la démocratie au Congo-Kinshasa et ils sont pour l'alternance dans ce pays. Une alternance paisible. Il se pourrait qu'ils aient raison. Mais nous, quand nous voyons ce qui se passe au Venezuela et au Brésil, nous nous disons : « Il est possible que plusieurs compatriotes aient une connaissance approximatif des ''maîtres du monde''. Fâchés contre les initiateurs du ''socialisme du XXIème siècle'', ils leur livrent une guerre économique en s'appuyant sur la bourgeoisie nationale vénézuélienne et les erreurs des héritiers de Marti, de Bolivar, de Che Guevara et Chavez. Ils mènent une guerre ''judiciaire'' contre une héritière de Lula Da Silva et un membre des BRICS, ces pays qui ont osé créer leur banque en vue de se distancer des circuits aliénants de l'hégémonie néolibérale que sont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

''Le conglomérat d'aventuriers'' venu du Rwanda et de l'Ouganda et ayant infiltré les institutions congolaises pour les impuissanter de l'intérieur avec la complicité de certains ''vieux dinosaures mobutistes'' a un mode opératoire constituant sa marque de fabrique : il tue, viole, vole, corrompt et recourt au mensonge public pour cacher ses turpitudes. Plusieurs de ses membres sont concernés par le rapport Mapping de 2010. Ils ont participé au génocide congolais. Un membre de ce ''conglomérat d'aventuriers'' l'a avoué, lui-même, le 24 mars 2016, lors d'un point de presse. Il a dit que les grandes puissances avaient coopérer avec les groupes criminels pour tuer les paisibles citoyens congolais. Lui-même a fait partie de l'un de ces groupes criminels, le RCD, qui a semé la mort au Congo-Kinshasa après que Laurent-Désiré Kabila ait demandé à ses alliés ougando-rwandais de retourner dans leurs pays. Il prenait cette décision après que ''le conglomérat d'aventuriers'' ait introduit le loup dans la bergerie.

Mobiliser les masses populaires et créer des masses critiques, c'est différent. Tant que nous serons incapables de faire la différence entre l'esprit moutonnier des masses appauvries et dégradées, mobilisables pour les matches de foot, pour ''le pain et les jeux'' et les masses critiques conscientes des enjeux réels face auxquels le pays est confronté, travaillant avec les élites organiques et structurantes pour le renversement des rapports de force sur le court, moyen et long terme, nous risquons d'être les victimes volontaires de nos propres illusions.

Au Congo-Kinshasa, le désir de sortir du bourbier est normal. Il est raisonnable. Mais pas avec ceux qui l'ont créé avant de tomber dans la politique du bouc émissaire. Surtout pas avec les adorateurs du dieu-argent. Ceux-ci croient que tout peut être acheté : les lobbies comme ''les opposants'' et les foules d'applaudisseurs. En effet, ceux qui croient dans le pouvoir de l'argent ont besoin de foules serviles d'applaudisseurs. Ils ont peur des masses critiques. Les foules serviles d'applaudisseurs se contentent du ''pain et des jeux''. Elles se laissent facilement prendre par les stratégies de la manipulation. Les masses critiques, elles, tiennent à devenir les démiurges de leur destinée. Elles entretiennent ''la mémoire collective vivante''. Elles sont tournées vers le droit d'inventaire et la reddition permanente des comptes.

Leur avènement relève d'un dur et long accouchement. Il est imperceptible. Moléculaire. Il est le résultat d'une lutte d'émancipation politique engagée sur le temps long par des patriotes unifiants.

 

Babanya Kabudi