Editorial
mercredi juin 28, 2017
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Il y a des enjeux qui ne se comprennent mieux que quand ils sont facilement expliqués. A l'occasion du passage de Paul Kagame à Bruxelles, un ex-ministre Rwandais, Faustin Twagiramungu, s'exprime et dit, en des termes on ne peut plus clair, le rôle qu'il joue : il assure le relais des matières premières stratégiques du Congo-Kinshasa pour ''la communauté dite internationale''. Malheureusement, cela dure depuis plus de deux décennies et entraîne une crise anthropologique dans la sous région des Grands Lacs africains. Sur cette même vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=pU9q5Oq8osM&feature=youtu.be), un autre Rwandais s'exprime et explique la situation actuelle de son pays. Elle n'est pas aussi bonne que nous la présentent certains médias dominants.

Le déplacement de la question des terres congolaises de l'Est au Centre permet de comprendre la nature de la guerre menée au Congo-Kinshasa depuis les années 1990  chez ''les incrédules''.

Il arrive que, quand nous touchons de manière critique à nos rapports avec ''l'Etat profond anglo-saxon'' qui nous mène la guerre depuis l'assassinat de Lumumba en 1961 (et même avant), il y ait des réactions spontanées du genre : cet ''Etat profond'' ne ferait rien si les Congolais(es) n'avaient pas collaboré.  Cette réaction est juste. Mais partiellement. Elle ne rend pas compte du refus de collaborer dont plusieurs de nos aïeux ont fait montre au point de payer de leur vie. Bien que réelle, la spontanéité avec laquelle nous dénonçons ''notre collaboration'' donne à penser. Pourquoi nous plaçons-nous spontanément dans la position des coupables et de ''collabos'' sans analyser en profondeur les conditions de réalisabilité de notre ''collaboration'' ?

''Les Congolais(es) sont des BMW. Le Congolais est l'ennemi du Congo. Le Congolais peut, au non de l'argent, vendre ses propres parents. Le Congolais est ceci. Le Congolais est cela.'' Tels sont les propos que nous lisons de temps en temps sur les réseaux sociaux. Souvent, il y a très peu d'allusion à ce qui est arrivé à ce pays depuis les années 90. Sous d'autres cieux, en Espagne, par exemple, les familles ayant perdu leurs membres au Rwanda au cours du ''génocide rwandais'' travaillent au quotidien pour savoir ce qu'il y a eu au juste. Elles veulent que les responsabilités soient établies et les coupables punis. Depuis plus de deux décennies, ils se documentent pour savoir ce qu'il y a eu au juste. Les injures, les insultes et l'amnésie quasi collective au Congo-Kinshasa et des Congolais(es)  les uns(es) à l'endroit des autres ont tendance à occulter cette recherche historique indispensable à la décrispation de la situation au pays de Lumumba.