Editorial
dimanche avril 30, 2017
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La lecture officielle de ''la guerre par morceau'' menée contre les Congolais(es) indique qu'elle a pris fin en 2002. Plusieurs compatriotes l'ont adoptée pour se démarquer de ''la relecture congolaise de cette version officielle''.  La découverte des fosses communes les unes après les autres (http://www.rfi.fr/contenu/ticker/fosses-communes-kasai-rdc-le-haut-commissaire-onu-droits-homme-demande-une-commission?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=breaking&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2017-03-08)et la déconstruction du ''récit officiel des ADF/NALU''  (https://habarirdc.net/massacres-adf-affaire-mafieuse-selon-chef-de-monusco-nord-kivu/)ne semblent pas forcer plusieurs d'entre nous à se démarquer de ''la lecture officielle'' de ''la guerre par morceau'' menée au cœur de l'Afrique depuis les années 1990.

 

Au fur et à mesure que années passent, nous nous engouffrons dans le fanatisme et le thuriférérisme au point de chercher midi quand il est quatorze heures. De plus en plus, certains d'entre nous commencent à se poser la question de savoir s'il y a des intellectuels organiques et structurants au Congo-Kinshasa. Oui. Il y en a. Souvent, ils sont vilipendés comme des vauriens par les fanatiques et les thuriféraires  des artisans et partisans du statu quo.  Ils ne sont pas écoutés.

A force de faire face à l'adversité au cours d'une guerre perpétuelle de prédation, raciste et de basse intensité, plusieurs compatriotes congolais ont développé une grande capacité de résistance. Elle s'exprime de mille et une manières. Les unes plus ordonnées que les autres. Les unes portant plus de signes prêtant flanc aux appels séparatistes que les autres. Le temps de pourrissement que connaît le Congo-Kinshasa depuis bientôt plus de décennies exige de ses filles et fils beaucoup d'intelligence et de sagesse pour qu'ils évitent de céder aux démons de la balkanisation et l'implosion du pays.

A partir du moment où les Congolais(es) oublient que le Congo-Kinshasa est sous tutelle de l'ONU depuis 1999 et sous occupation des proxys des anglo-saxons, ils (elles) courent le risque de se laisser berner par  des discours souverainistes inutiles. Ces discours servent à cacher l'histoire. Ils sont tenus par des compatriotes qui ayant fait de leur ventre leur ''dieu'' vont quémander un morceau de ''pouvoir-os'' auprès d'un mercenaire des Ougandais et de ''ces tueurs tutsi''. Ils le font pendant que les rapports de force n'ont pas changé sur le terrain congolais. La Monusco est toujours là. Certains de ses membres sont soupçonnés d'avoir contribué à la création des camps djihadistes à l'est de notre pays pendant que ces compatriotes avides du ''pouvoir-os'' parlent d'élections à Kinshasa. La lutte d'émancipation politique que les Congolais(es) mènent  a une dimension cognitive qu'il faut, à chaque étape, prendre en ligne de compte. Le comble est que les sujets de débat sont dictés par la nomenklatura participant au ''pouvoir-os'' du statu quo. L'espace public est quadrillé et contrôlé minutieusement. Les Congolais(es) luttant pour la fin de cette mise sous tutelle et cette occupation sont tués ou jetés en prison sans ménagement.