Editorial
samedi septembre 22, 2018
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Le débat congolais a cette particularité d'être restreint à ce que plusieurs d'entre nous appelle ''les questions d'actualité''. A quelques exceptions près, il pose rarement des questions interpellant notre devenir collectif.

Une congolaise en vacance au pays visite un membre de ''la police politique de la kabilie''. Elle est impressionnée par le nombre de voitures qu'il y a dans sa parcelle. Et elle a honte. Elle ne comprend pas comment, dans un pays où les masses populaires sont livrées à leur triste sort, une seul individu peut avoir autant de voitures.

 

Les conférenciers sont bien outillés. Ils recourent à de bonnes sources. Mais des sources orientées. Elles n'assument pas le côté raciste des ''guerres dites hybrides''. Elles sont prisonnières du paradigme économiciste justifiant toutes les guerres et tous les conflits orchestrés en Afrique par ''sa malédiction'' que sont ses ressources du sol et du sous-sol. Cette approche liée au fondamentalisme du marché néglige la disqualification du ''nègre'' comme être humain par les inventeurs de la poudre et la boussole. La destruction de la dignité de l'humain africain et de la matière grise africaine me semblent être des objectifs oubliés des ''guerres racistes dites hybrides''. La Norvège a du pétrole. Elle n'est pas détruite par les multinationales.

Je comprends finalement pourquoi j'ai eu, le long de mon parcours séminaristal et universitaire en philosophie, plus ou moins cinq cours sur les textes :la critique historique, l'exégèse biblique, l'herméneutique, la philosophie du langage et la philosophie analytique. Oui. Lire un texte et le comprendre, c'est pas un pis-aller. Lire un texte et le comprendre n'est pas du tout facile. Dans le contexte congolais où ''la trahison des élites intellectuelles'' a conduit à la relativisation des choses de l'intelligence, la lecture des textes devient l'une des choses les plus compliquées du monde.