Editorial
samedi juillet 21, 2018
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Le 1% qui dirige le monde n’a pas de couleur politique. Il a la conscience d’être ‘’une minorité’’. Elle est en fait une minorité organisée et agissante. En son sein, il y a des hommes et des femmes politiques, des journalistes et des professeurs d’université, des militaires et des chercheurs, des jeunes et des vieux, etc. Sa force est dans son organisation consciente. Elle instrumentalise souvent les divisions et les conflits partisans pour ‘’régner’’ sur le monde.La guerre de basse intensité et de prédation menée contre le Congo-Kinshasa a déjà fait des millions des morts.

 

 

A travers l’ouvrage « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de l’Etat » publié par Evariste Boshab, secrétaire général du parti présidentiel (PPRD), la kabilie n’a jamais fait mystère de son intention de modifier l’article 220 de la constitution (qui limite à deux le nombre de mandats successifs pour le président de la République) en vue de permettre à son champion de se présenter à la présidentielle de 2016.

Depuis le 19 avril dernier, 150 personnes dont les faits de guerre, insurrectionnels et infractions politiques ont été absous par la loi portant amnistie du 11 février 2014 ont en principe recouvré la liberté. Une première liste de 50 personnes amnistiées avait été rendue publique le 19 avril et une deuxième de cent personnes l’a été dix jours plus tard.

Si plusieurs bénéficiaires de l’amnistie ont effectivement quitté les différents geôles où ils étaient détenus parfois pendant plusieurs années sans jugement, d’autres espèrent quitter leur statut d’exilés à l’étranger à la suite des arrêtés du ministre Kabila de la Justice.

Quand la guerre d’agression et de prédation contre la RDC a débuté vers les années 90, les acteurs majeurs qui la menaient  voulaient à tout prix s’accaparer de sa partie Est dénommée, pour le besoin de la cause, ‘’le Zaïre utile’’. Plus de deux décennies après, cet objectif est sur le point d’être atteint. En 2011, pendant que les partis politiques, la société civile et les partenaires extérieurs  de la RDC donnaient l’impression d’être concentrés sur la préparation des ‘’élections libres, transparentes et démocratiques’’, ces acteurs majeurs signaient, à Kinshasa, avec ‘’les gouvernants congolais’’, une Alliance Public Privé ayant comme but avoué de veiller au ‘’commerce légal des minerais’’ de l’Ituri, du Katanga, du Sud et du Nord Kivu. Cette signature ne semble pas avoir été  précédée d’un  débat sur la question au ‘’Parlement’’. Et il n’est pas très sûr que les populations de cette partie orientale de la RDC en aient été mises au courant. Au vu des noms signataires et du rôle qu’ils jouent à travers le monde et surtout dans les pays du Sud, il ne serait pas faux de soutenir que la signature susmentionnée a déjà consacré la perte du regard souverain de la RDC sur cette partie de son territoire.