Politique
dimanche juillet 15, 2018
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Nous avons  une chance énorme. Il arrive que certains compatriotes nous livrent au grand jour les secrets de la guerre d'usure que notre pays connaît depuis  bientôt plus  de deux décennies. Nous avons toujours soutenu que la guerre imposée aux Congolais(es) est aussi une guerre d'usure. C'est-à-dire qu'elle tient, sur le temps long, à casser tous les ressorts de notre résistance collective contre le maintien de notre pays dans un statut de ''néocolonie''. Cette guerre  corrompt, dans les cœurs  et les esprits, toute capacité de rebondir, toute capacité de résilience et de compréhension profonde de ce qui se passe. Chez des compatriotes où cette capacité est complètement anéantie né le désir de ''cohabiter'' avec les mercenaires et les autres bourreaux des masses populaires congolaises sous l'instigation des ''maîtres du monde''.

 

 

 

Après toutes les années de lutte menée par Tharcisse Loseke (et l'UDPS), il est étonnant  de l'entendre soutenir que son entrée dans ''le gouvernement Badibanga'' est dictée par la fin de ''la logique de confrontation'' sifflée par ''les nombreux diplomates et pas de moindres'' provenant de différentes puissances occidentales. Et que la fin de cette logique leur a été signifiée de ''la manière la plus claire'', '' de la manière la plus ferme'' par les mêmes diplomates au profit de ''la logique de la cohabitation''.(Bien écouter cette vidéo à partir de la 22ème minute https://www.youtube.com/watch?v=4UIvsJXN9F0)

 

Qui dirige le Congo-Kinshasa ? Qui oriente la politique congolaise ?  Répondre à cette double question revient à dire qui a décidé du passage de ''la logique de la confrontation'' à ''la logique de la cohabitation'' : ce sont ''les nombreux diplomates et pas de moindres qui proviennent des puissances occidentales''.  'Les nègres de service'' présents dans les différents gouvernements sont des ''acteurs apparents'' ; souvent, ils font partie du réseau transnational de prédation opérant au Congo-Kinshasa. L'une des preuves est donnée par Tharcisse Loseke au cours de son entretien avec le pasteur Bobo. Il lui confie qu'il y a des investisseurs prêts à se ruer au  Kasaï et ailleurs à condition qu'il y ait ''amélioration du climat des affaires''. Il n'explique pas cette expression. Il  ne dit pas qu'améliorer le climat des affaires, c'est faire qu'il y a moins d'Etat (dans un Etat failli?), que le Consensus de Washington avec ses préférences pour la privatisation, le dérégulation et la libéralisation  soit appliqué au Congo-Kinshasa pendant la globalisation marchande est en train d'être décriée en Occident même. Trump, cherchant à redonner  ''sa grandeur'' à son pays, a dit : ''America first''. François Asselineau, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, etc. ne jurent plus que par la sauvegarde de la souveraineté de leur pays, la France. Les Britanniques sont sortis de l'Europe. Chez nous,  les Tharcisse Loseke,  au lieu de parler de l'industrialisation souveraine du pays et de l'Afrique, reproduisent les notions du catéchisme néolibéral. Avec le plus grand sérieux du monde !

 

Le Dr Loseke semble oublier que l'un des objectifs de la guerre d'usure menée contre le Congo-Kinshasa, c'est d'en faire ''une néocolonie ultralibérale''. Et il prend sa part de falsification de l'histoire du Congo-Kinshasa en allant cohabiter avec ''le Cheval de Troie'' de Kagame, alias ''Joseph Kabila'', ''un jeune homme inoffensif'', choisi par son mentor, avec l'appui des puissances occidentales, pour balkaniser, imploser et piller ce pays.

 

Pour lui rafraîchir la mémoire, nous lui proposons ces deux citations de Pierre Péan dans ''Carnage'' :

 

«(...) dix jours après la mort de son géniteur (?), il devient son successeur, et quatre jours plus tard il rencontre à Washington le président Bush et Pauk Kagame en marge du National Prayer Breakfast, après avoir été reçu par le président français.

 

  L'acceptation par Joseph Kabila d'une rencontre avec Paul Kagame, l'ennemi le plus acharné de son père(?), fournit un indice important pour lever un pan du mystère Joseph Kabila. D'autant que l'impacte de cette rencontre est rehaussé par une décision, en date du 1er février, d'abandonner la plainte que le défunt président avait déposée devant la Cour Internationale de justice à  La Haye contre l'agression rwando-ougandaise  de la RDC, après le 2 août 1998.'' p. 413

 

 

 

'' L'affirmation suivante  du docteur Helmut Strizek me semble pertinente : « Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés américains et européens- l'intervention de l'Eufor au Congo est à situer dans  ce contexte- que le Congo soit dirigé par ''un jeune homme inoffensif'', en la personne de Joseph Kabila. Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richeses du Congo et à Kagame d'être sûr que le danger, dans la lutte contre le pouvoir dictatorial, ne viendra pas de la République Démocratique du Congo.'' p. 418

 

 

 

Il est donc établi que ''la logique'' prônée par ''les faiseurs des rois'' au Congo-Kinshasa n'est pas celle de ''cohabitation'' ; non. Elle est celle de ''la capitulation'' des ''Loseke'' et leurs partis politiques face à la détermination des ''néocoloniaux'' et des ''néolibéraux'' de livrer les Congolais(es) à leurs sous-traitants et autres ''nègres de service''. Telle est l'une des issues malheureuses de cette ''guerre d'usure''. Dieu merci ! Loseke parlant lance un avertissement. Ils dit aux Congolais(es) ceci : dans la balance des rapports de force,  alias Joseph Kabila continue à bénéficier  du soutien des ''amis'' de Paul Kagame et de Kaguta Museveni. Néanmoins, tout en lançant cet avertissement, en filigrane, il se trompe de champ de lutte. Il rejoint le camp du réseau transnational de prédation et d'extermination des Congolais(es). Il en adopte le discours en faisant de toutes les forces de résistance au ''pouvoir-os'' des mercenaires de la kabilie ''les semeurs de trouble''. (à suivre)

 

 

 

Babanya Kabudi

 

Génération Lumumba