Politique
dimanche avril 30, 2017
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En  passant en revue les différents moments de ''négociation des accords'' au Congo-Kinshasa, un constat saute aux yeux : ces moments n'ont jamais conduit à la cessation de ''la guerre par morceau'' que les anglo-saxons mènent  dans ce pays par des sous-traitants interposés depuis les années 1990.

L'application du principe de ''talk and fight'' est constante dans ce pays. Que vise-elle ? La création d'un ''chaos constructeur'', la fuite des cerveaux, la destruction des vies et de la culture, l'extermination des Congolais(es), la balkanisation et l'implosion du pays et la création, au cœur  de l'Afrique, d'un marché contrôlé par un réseau d'élite de prédation transnational. 

Les différentes ''négociations'' et ''accords'' signés depuis le début de ''la guerre de l'AFDL'' ont fait croire à certains compatriotes politiciens que le Congo-Kinshasa avec rompu avec cette ''guerre perpétuelle et par morceau'' pour devenir ''une jeune démocratie''. Ils ont cru dans ''le dynamisme'' de la politique au cœur de l'Afrique. Cette croyance a marché de pair avec  la volonté d'ignorance, le refus de savoir que le Congo-Kinshasa était guidé par le principe du ''talk and fight''. Il y a eu, dans leur chef, comme une option pour l'ignorance et l'illusion au lieu d'une approche lucide du monde vrai, dirait Martin Gray. Ils ont choisi d'enfoncer leur tête dans cette illusion pendant plus de deux décennies. Ils ne se sont même pas rendu compte que plusieurs de leurs partenaires au cours de ''ces négociations'' étaient des criminels de guerre, de criminels économiques et des criminels contre l'humanité impunis. Et que, forts de cette impunité, ils ne croient pas dans les règles du jeu qu'eux-mêmes n'édictent pas. Ils croient, fermement, qu'ils sont au-dessus des lois. Ils se permettent tout ou croient qu'ils peuvent tout se permettre impunément.

Ces compatriotes ayant pratiqué la politique de l'autruche viennent d'être rattrapés par l'histoire. Ils n'ont pas vu -je dis bien vu- que l'article 220 d'un texte qu'ils ont considéré depuis 2006 comme étant La Loi Fondamentale a été violé par alias Joseph Kabila et son clan. Actuellement, ils ne voient pas que les fameuses institutions issues des élections-bidons de 2006 et 2011 n'ont plus de mandat ''légitime''. Ils n'ont pas vu que celui qui avait foulé ''La Loi Fondamentale'' au pied n'avait rien à avoir avec un ''Accord'', fût-il celui du Saint Sylvestre.

Rattrapés par leur refus de ne pas savoir et leur volonté d'ignorance, ils se réveillent ce matin, (28 mars 2017) dépités et faisant semblant d'avoir été roulés dans la farine pendant plus de trois mois.

Lâchés par ''certains de leurs amis ambassadeurs'', ils promettent de pouvoir s'en remettre au peuple.

Mais de quel peuple parlent-ils ? Celui qu'ils ont abandonné par aller ''négocier'' pendant qu'il était tué et qu'il est tué par la police politique d'alias Joseph Kabila et de Paul Kagame ou un autre ?

Ils ont organisé beaucoup plus de voyages vers le Nord que vers Kananga, Mwena-Ditu, Kasangulu, Beni, Idiofa, Rutshuru, Kalemie, etc. pendant qu'au pays ce peuple était en proie aux forces de la mort, à la faim, à la soif et à la maladie.

Les derniers jours de leurs ''négociations et dialogue'' ont coïncidé avec l'intensification des tueurs au cœur du Congo-Kinshasa et la multiplication des fosses communes dont ils ont à peine parlé.

Nous ne le dirons jamais assez : ces compatriotes, ayant évacué la nation des rapports de force de leur lutte, se sont affaiblis en rompant avec les masses populaires, en se laissant conseiller par les agences  de la sédition made in USA et par ''certains de leurs amis ambassadeurs''. Ils sont allés négociés poings et pieds liés par ''les postes ministériels'' et par l'odeur du ''dollar''. Nous comprenons qu'ils aient perdu toute lucidité. En effet, ''on ne voit mieux qu'avec le cœur ; l'essentiel est invisible pour les yeux'', dirait Antoine de Saint-Exupéry. Des cœurs mangés par des ambitions égoïstes, par la cupidité et ''le dollar'' rendent les yeux incapables de voir.

De voir quoi ? Les enjeux réels de la guerre perpétuelle menée contre le Congo-Kinshasa. De voir qui ? L'autre et les intérêts qu'il sert ; l'autre et les moyens dont il dispose pour peser dans la balance de rapports de force. De voir qui ? De voir autour de soi et en soi ? De se poser cette double question : Combien sommes-nous et qui sommes-nous ? Sommes-nous ''une minorité critique'' capable de lutter et de résister sur le temps long ? Sommes-nous des majorités conscientes de notre identité, éprises du patriotisme et du désir d'être souverains ou des ''nègres de service'' ?

Il est possible que, parmi des compatriotes ayant choisi de ''négocier'' sous l'égide  de la Conférence Nationale du Congo, en perdant de vue l'application du principe du ''talk and fight'', il y ait des hommes  et des femmes de bonne volonté. L'échec de ces négociations devrait les inciter à pouvoir relire ''l'histoire de notre fausse libération'', à rompre avec ''la force de l'illusion'' de ''notre jeune démocratie'' et à avoir suffisamment de lucidité afin d'opter pour la lutte de la résistance.

Ils devraient rejoindre les lieux de la renaissance du Congo de l'insoumission ; là où ''le likambo ya mabele'' coordonne les orientations les méthodes, les  tactiques et stratégiques des luttes congolaises.

 

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba