Politique
lundi septembre 25, 2017
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Plusieurs compatriotes avaient déconseillé ''le dialogue'' avec ''le Cheval de Troie'' du Rwanda. A la sortie du ''Rassemblement de Genval'', plusieurs compatriotes l'ont remis en question. Je fais partie de ceux qui ont été copieusement insultés pour avoir participé à cet exercice de la pensée. Le développement de ''la politique-Tshididi'' au pays  semble donner raison aux compatriotes ayant tiré une sonnette d'alarme à la  naissance de ce ''Rassemblement''. Soit ! Il est là. Divisé en deux ailes. Une aile reconnue par la CENCO et une autre dont un membre vient d'être nommé ''Premier Ministre'' pour l'amusement de la galerie. Plusieurs compatriotes sont d'avis que la multiplication des nominations des Premiers Ministres débauchés de leurs partis politiques sous la dictature de Mobutu n'a rien apporté de salutaire au pays de Lumumba. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, alias Joseph Kabila ne va pas inventer la roue.

Malheureusement, pendant tout ce temps, le pays est à l'arrêt. La misère et l'appauvrissement des masses populaires sont galopants. Le nombre des ''indigents augmente de manière exponentielle et celui des morts mêmement. Nos enfants abrutis depuis plus de deux décennies ne vont plus à l'école. Nos paysans ne peuvent pas se rendre à leurs champs. Oui. Le pays est à l'arrêt.

Au vu de cela, ''le Rassemblement aile  Félix Tshisekedi'' organise ses actions. Certains de ses membres estiment qu'alias Joseph Kabila n'ayant pas respecté l Accord de la Saint Sylvestre, il est dans leur droit de revenir à l'article 64 de la Constitution. (Comme si  alias Joseph Kabila la respectait. Soit ! Là, c'est une autre question.)

Et l'une de ces actions est une marche programmée pour le 10 avril 2017. Félix Tshisekedi lit le message annonçant cette marche et d'autres actions programmables.

Il semble qu'après la lecture de ce message, il aurait pris un avion pour un voyage quelque part. Depuis lors, les réseaux sociaux et les GSM  congolais reçoivent et transmettent un message : ''Félix Tshisekedi programme une marche et voyage''.

Entendons-nous bien. Notre propos n'est pas de soutenir les actions programmées par ''le Rassemblement''. Il s'intéresse à la manière dont plusieurs d'entre nous pensent depuis un certain temps. Ce propos s'inscrit dans la même logique que celui que nous avons tenu hier. Cette propension, chez plusieurs de nos compatriotes à condamner les corrompus et non les corrupteurs. De trouver normal qu'un alias Joseph Kabila ayant mis 15 milliards de dollars dans les Iles Vierges Britanniques ( à Panama) puisse être considéré par les compatriotes de la Majorité Présidentielle comme étant ''une autorité morale''. Comment si s'enrichir illicitement pendant deux décennies était une vertu !!! (http://www.ingeta.com/des-debaucheurs-et-des-corrupteurs-au-top-au-congo-kinshasa/)

Revenons à Félix.  Il aurait annoncé une marche et voyagé. Où se trouve le problème ? Un groupe organisé est supposé avoir sa division de travail. Tout le monde ne peut pas être, à tout moment, au four et au moulin. Il se pourrait que le groupe auquel appartient Félix Tshisekedi ait trouvé que le voyage du lendemain était nécessaire. Il appartient, donc, à ce groupe de travailler à la répartition des tâches. De dire qui fait quoi quand. Un Président-messager ne doit pas nécessairement être un meneur des foules. Où est le problème ? Cette approche dit, entre autres, combien nos partis politiques et autres organisations sociétales sont encore liés  à ''la personnalisation du pouvoir'', 'aux leaders charismatiques'', aux ''chefs'' et non aux organisations raisonnables et rationnelles.

Il est possible que le soubassement de cette approche soit ''la criminalisation'' des manifestations politiques. Or, selon ''la Constitution de la République'' dont se réclament ''le pouvoir d'occupation'', son ''Cheval de Troie'', les différents partis politiques et les différentes ailes du ''Rassemblement'', les manifestations politiques sont permises. Il suffit d'avertir ''l'autorité compétente''.

Malheureusement, dans ''la néocolonie congolaise'', cette règle n'est plus suivie. Toutes les manifestations, à l'exception de celles du PPRD, sont réprimées dans le sang. Et cette répression a remplacé la règle constitutionnelle. Cela fait que ceux qui organisent les manifestations prévues par ''la Constitution-feuille-de-chou'' sont vite assimilés aux criminels exposants les enfants d'autrui à la mort. Donc, ceux qui tuent les enfants d'autrui manifestant selon ''la Constitution-feuille-de-chou'' seraient plus dans leur droit que les manifestants.

Tel est, nous semble-t-il, le contexte dans lequel, le voyage de Félix Tshisekedi est interprété comme une soustraction à la mort. C'est-à-dire qu'il se soustrairait à la mort à laquelle il expose les enfants (et les hommes d'autrui). Et plusieurs compatriotes tenant cette réflexion disent qu'au Congo-Kinshasa, ''la Constitution-feuille-de-chou'' est encore et toujours respectée. Que le Congo-Kinshasa est ''notre jeune démocratie''.

Terrible ! De plus en plus, ce genre de réflexions se multiplie. Dans un pays convertit en jungle...

Comment en sommes-nous arrivés là ? Il nous faut à tout moment chercher à maîtriser les clefs de cette manière de penser à l'envers et d'avoir, malgré tout, l'air cultivé et civilisé.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba