Politique
dimanche juillet 15, 2018
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N'attendons pas que Ntambwe, Nsafu et Mukebayi meurent pour que nous puissions admirer le travail d'éveil des consciences qu'ils abattent sur place au Congo-Kinshasa. Même si, écrire sur le trio Eleizer-Daniel-Mike ne signifie pas que nous partageons toujours leurs analyses et certaines de leurs orientations politiques. Nous voulons seulement souligner leur capacité de s'inscrire dans la longue lignée de ''leurs ancêtres'' ayant compris que le Congo-Kinshasa est en lui-même une cause pour laquelle ses dignes filles et fils peuvent verser leur sang dans un monde où les vampires ayant peur de ''la lumière'' ne jurent que par son extinction. Ce trio renforce nos convictions selon lesquelles les minorités congolaises organisées et structurantes finiront par avoir raison, sur le temps long, de ''conglomérats d'aventuriers'' au service de la néocolonie au cœur de l'Afrique.

 

Dans un ''Etat raté'' et dans un ''Etat manqué'' comme le Congo-Kinshasa, il y a, une urgence : refonder un Etat digne de ce nom. Pour y arriver, la production des idées et la permanence des débats sont indispensables. Elles permettent de remettre les cerveaux décivilisés à l'endroit.

A différentes étapes de son histoire, le Congo-Kinshasa a toujours eu des dignes filles et fils capables de se lever pour mener ''la bataille des idées'' en vue de la remise de leur mère partie sur les rails. Dans un pays qui, depuis 1885 est pris en otage par des paradigmes négatif et de néantisation, des paradigmes d'indignité que sont la traite négrière, la colonisation, la néocolonisation et le mondialisme ultralibéral partageant une approche néantisante de l'autre, l'instinct de domination, le racisme et le mépris, le processus re-civilisateur passe aussi par ''la re-création'' des êtres dignes et fiers d'être ''les Bantu'', ''les Bato'' se démarquant des ''Bintuntu'' ou des ''Bimbuluntuntu'' produits par lesdits paradigmes. Ce travail de ''re-conversion'' passe par l'éducation et la formation et l'apprentissage en communs permanents. Ce travail devrait être assumé par les intellectuels organiques et structurants. Des hommes et des femmes vivant aux côtés de leurs populations, capables d'analyses sociologiques, philosophiques, politiques, économiques et culturelles fondées sur les faits et à même de tirer les cœurs et les esprits vers le haut. Des analyses tirant nos masses populaires de leur état d'indigence, de dégradation, d'abrutissement, disons d'appauvrissement anthropologique pour qu'elles deviennent des démiurges de leur destinée.

Plusieurs auditeurs du trio Eliezer-Ntambwe-Daniel Nsafu-Mike Mukebayi témoignent qu'ils ont une approche salvatrice du journalisme de terrain, du journalisme d'investigation, d'un journalisme promoteur des valeurs humaines et humanisantes.

Voilà que ce trio est dans la ligne de mire du ''conglomérat d'aventuriers'' au service du marché ultralibéral au Congo-Kinshasa. Hier, il a produit une photo de Mike Mukebayi buvant du champagne avec son frère tribal Jean-Marie Kasamba (vendeur des illusions de ''la kabilie'') ; aujourd'hui, il menace de tuer Eliezer Ntambwe (https://www.youtube.com/watch?v=3YFfX4pYY04)

Que signifie s'attaquer à ce trio ? Cela signifie refuser le pluralisme médiatique. Cela signifie profondément participer du processus de ''décivilisation''. Cela signifie que ''le conglomérat d'aventuriers kleptocrate'' est au service de l'abrutissement, de la dégénérescence du ''Moto'', du ''Muntu congolais'', de son appauvrissement anthropologique. En maintenant ''le Muntu congolais'' dans ce long processus de ''décivilisation'', il l'ensauvage, le réduit à son ventre ; il n'éveille en lui que les bas instincts de haine de soi et des autres, de profit à tout prix, de trahison des êtres qui lui sont chers, etc. Pour dire les choses simplement, ''le trio'' veut arracher au ''conglomérat d'aventuriers'' ses clients, ses thuriféraires et ses tambourinaires. Ce ''trio'' est un peut de ''la même race'' que l'homme qui disait qu'on ne lutte pas en se cachant (Floribert Chebeya), de Munzihiriwa, de Kataliko, de Lumumba, de Kimpa Vita, de Vincent Machozi, etc.

Contrairement aux apparences, cette ''race'' ne meurt pas. Elle est, au Congo-Kinshasa, une pieuvre aux multiples têtes. La répression et l'oppression que subit ce pays depuis 1885 a dispersé cette ''race'' à travers le monde entier. Elle se renouvelle au quotidien. Elle affine ses méthodes et stratégies de travail. La clarté de sa pensée, son courage, son esprit d'abnégation en font ''une lumière''. Cette ''lumière'' fait peur aux vampires constituant ''le conglomérat d'aventuriers'' au service du néocolonialisme (http://www.jeuneafrique.com/431225/culture/said-bouamama-neocolonialisme-linstauration-de-mecanismes-de-dependance-occupation-militaire/).

La peur que suscite cette lumière pousse ce ''conglomérat'' à vouloir l'éteindre lâchement en tuant. Quand ? La nuit. C'est un ''conglomérat d'enfants des ténèbres''. Il est tellement lâche qu'il tue difficilement au grand jour. Il a peur d'être vu. Cela pourrait rendre son discours officiel sur ''la révolution de la modernité'' mensonger. Maîtriser son jeu est important pour les intellectuels organiques et structurants. Ce jeu lâche et mensonger se joue la nuit pour sauver les apparences pendant la journée. Il tue la nuit pour se présenter la jour comme étant au service de la sécurité citoyenne.

Ecrire sur le trio Eleizer-Daniel-Mike ne signifie pas que nous partageons toujours leurs analyses et certaines de leurs orientations politiques. Nous voulons seulement souligner leur capacité de s'inscrire dans la longue lignée de ''leurs ancêtres'' ayant compris que le Congo-Kinshasa est une cause pour laquelle ses dignes filles et fils peuvent verser leur sang dans un monde où les vampires ayant peur de ''la lumière'' ne jurent que par son extinction.

Ce trio renforce nos convictions selon lesquelles les minorités congolaises organisées finiront par avoir raison, sur le temps long, de ''conglomérats d'aventuriers'' au service de la néocolonie au cœur de l'Afrique.

Ce trio (avec bien d'autres) devrait être protégé le mieux que nous le pouvons et son travail soumis le plus possible aux compatriotes pouvant accéder aux réseaux sociaux. Il n'est pas amnésique. Il entretient la mémoire congolaise vivante.

Ce trio nous aide à nous garder du mépris et de la haine de nous-mêmes.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961