Politique
samedi janvier 20, 2018
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Il a suffit que l'AMP/MP lave ses linges sales sur la place publique pour que tous plusieurs ''secrets de Polichinelle'' deviennent ''réellement des infos''. Les Congolais(es) averti(es) qui en avaient parlé depuis longtemps pour tirer la sonnette d'alarme n'ont pas encore bénéficié d'un début de demande d'excuses. Pourtant, ils avaient été qualifiés de tous les noms d'oiseaux : jaloux, menteurs, haineux, etc.Heureusement que plusieurs de ces compatriotes poursuivent leur lutte. Que font-ils de cette ''conversion tardive'' de plusieurs des leurs concitoyens ? Quelles leçons en tirent-ils ?

 

Le temps long peut être un allié de ceux et celles dont l'amnésie est une ennemie combattue.

Cette petite pensée s'applique merveilleusement bien à l'histoire politique (de l'après politique?) au Congo-Kinshasa. ''La guerre dite de libération'' a déversé dans ce pays tout ''un conglomérat d'aventuriers'' (dixit Laurent-Désiré Kabila) au sein duquel se sont retrouvés des criminels de guerre, de criminels contre l'humanité, des criminels économiques, etc. Plusieurs d'entre eux, venus de différents gangs soutenus par le Rwanda et l'Ouganda (avec la bénédiction des ''grandes puissances'') ont rejoint ''les dinosaures mobutistes'' et constitué ''l'Alliance pour la Majorité Présidentielle'' afin de soutenir ''alias Joseph Kabila'' dans son rôle de ''Cheval de Troie'' et de mercenaire à la tête du Congo-Kinshasa. Quand cela a-t-il eu lieu ? Peu après l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001.Qu'y a-t-il eu à ce moment-là ? Pierre Péan répond :

« Pourtant, dix jours après la mort de son géniteur (?), il devient son successeur, et quatre jours plus tard il rencontre à Washington le président Bush et Paul Kagame en marge du National Prayer Breakfast, après avoir été reçu par le président français.

L'acceptation par Joseph Kabila d'une rencontre avec Paul Kagame, l'ennemi le plus acharné de son père(?), fournit un indice important pour lever un pan du mystère Joseph Kabila. D'autant que l'impacte de cette rencontre est rehaussé par une décision, en date du 1er février, d'abandonner la plainte que le défunt président avait déposée devant la Cour Internationale de justice à La Haye contre l'agression rwando-ougandaise de la RDC, après le 2 août 1998. » Et il ajoute :

« L'affirmation suivante du docteur Helmut Strizek me semble pertinente : « Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés américains et européens- l'intervention de l' Eufor au Congo est à situer dans ce contexte- que le Congo soit dirigé par ''un jeune homme inoffensif'', en la personne de Joseph Kabila. Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et à Kagame d'être sûr que le danger, dans la lutte contre le pouvoir dictatorial, ne viendra pas de la République Démocratique du Congo. »

Notons que ce deal se conclut sur fond d'une impunité garantie aux proxys des ''grandes puissances'', d'un accord tacite sur le pillage des richesses du Congo et d'un maximum de sécurité assuré au ''Maître de Kigali'' à partir du pays de Lumumba. Ce deal résume le travail du mercenaire qu'alias Joseph Kabila va abattre au Congo-Kinshasa au dépens des Congolais(es) dans leur immense majorité, de leur terre, de leurs eaux, de leurs forêts, de leurs airs et de leur identité culturelle. Ce deal justifie les remises en question du recours d'alias Joseph Kabila à une identité d'emprunt. Elle explicite le boulot d'un ''Cheval de Troie'', d'un mercenaire. Elle bat en brèche des approches de ses thuriféraires et de ses tambourinaires croyant que les critiques liées à la nationalité congolaise douteuse d'alias Joseph Kabila sont les expressions de la xénophobie.

Revenons au deal. Une fois conclu, le reste ne sera plus que simples formalités. Thabo Mbeki le confessera à Valentin Mubake à Sun City à avouant qu'il lui a été imposé d'imposer ''Joseph Kabila'' au Congolais. Mais comme il n'était pas à l'aise dans ''sa nouvelle identité usurpée'', ''alias Joseph Kabila'' va se servir de certains congolais pour qu'il lui donne ''un patelin''. Ngoie Mukena (avec bien d'autres) assume cette tâche. Il ne s'en cache même pas. La vidéo est là :«https://www.youtube.com/watch?v=DtuPDwLdPUA&feature=share.

Pendant longtemps, aborder la question liée à ''l'identité du chef de l' Etat'' va être un sujet tabou au Congo-Kinshasa. A un certain moment, plusieurs d'entre nous vont croire que ce n'est pas ''une question politique'' tout en évitant de traiter des objectifs réels assignés au ''Cheval de Troie'' confié à ''alias Joseph Kabila''.

Un long temps s'est écoulé avant que l'Alliance pour la Majorité Présidentielle (convertie en MP (Majorité Présidentielle) se fissure. Qu'il y ait d'une part, ''les kabilistes purs et durs et leurs alliés'' ; et d'autre part le Groupe de 7 partis dissidents dénommé G7.

Si dans ses sorties médiatiques, Lambert Mende avait déjà osé, en parlant de ''la guerre raciste et de prédation'' menée contre le Congo-Kinshasa en mars 2016, faire allusion aux ''grandes puissances'' ayant coalisé avec des ''groupes criminels'' pour tuer les paisibles citoyens, il n'en avait pas cité une nommément. Il y a quelques jours, parlant des sanctions imposées aux proches d'alias Joseph Kabila et des démêlées de Thambwe Muamba avec la justice belge, Lambert Mende a cité nommément un pays et un politicien comme étant impliqués dans le processus de la balkanisation du Congo-Kinshasa.

Pourtant, aux élections-pièges-à-cons de 2011, ce politicien semblait avoir pris partie pour ''le raïs''.

A ce moment-là, cela n'avait posé aucun problème à la MP. Actuellement, il semble que c'est le changement de ''filleuls'' qui est en cause. Il pousse l'AMP/MP a lavé ses linges sales sur la place publique en revenant à la question de l'identité de certains de ses membres passés ou présents.

Thambwe Muamba dévoile, sur la place publique l'identité de Moïse Katumbi. Au sein du G7, Kyungu wa Kumwanza déballe la nationalité burundaise de Thambwe Muamba et Pierre Lumbi, ex-conseiller d'alias Joseph Kabila en matière de sécurité soutient que Moïse Katumbi est plus congolais que certains qui le prétendent. Au même moment, la vidéo de Ngoie Mukena parlant du nom de Kabanga et du patelin donnés au ''raïs'' revient sur les réseaux sociaux. Les échanges musclés entre Mwenze Nkongolo avec certains membres du RCD Goma à Sun City au sujet de 'alias Joseph Kabila'' et un article publié par un journal tanzanien là-dessus circulent sur les réseaux sociaux congolais.

Il a donc suffit que l'AMP/MP lave ses linges sales sur la place publique pour que tous ces ''secrets de Polichinelle'' deviennent ''réellement des infos''. Les Congolais(es) averti(es) qui en avaient parlé pour tirer depuis longtemps pour tirer la sonnette d'alarme n'ont pas encore bénéficié d'un début de demande d'excuses. Pourtant, ils ont été qualifiés de tous les noms d'oiseaux : jaloux, menteurs, haineux, etc.

Heureusement que plusieurs de ces compatriotes poursuivent leur lutte. Que font-ils de cette ''conversion tardive'' de plusieurs des leurs concitoyens ? Quelles leçons en tirent-ils ? La confiance de plusieurs compatriotes dans leurs élites intellectuelles diminue de plus en plus. Elle doit être refaite. Sur le temps. A travers des lieux de savoir organisés et connus.

Il est un fait que plusieurs compatriotes n'ayant pas une information sourcée colporte des bobards ou se laissent décerveler par les médias dominants. Il y a ici un champ d'apostolat pour les intellectuels organiques et structurants : véhiculer la bonne information à temps et à contretemps. En ayant la persévérance comme principe de lutte. Soumettre les faits liés à cette bonne information au débat contradictoire. (Au Congo-Kinshasa, le débat contradictoire sur des sujets considérés comme tabous n'existe pas. Il suscite la peur dans ''la kabilie'' dans la mesure où il risque de créer la palabre nécessaire à l'irruption des masses populaires en politiques. Cela est nuisible au carriérisme politique et à l'affairisme post-politique).

Une autre leçon est celle que nous donne Ndeko Eliezer : ''Les paroles ne s'en volent plus''. Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, malgré leur côté nocif, peuvent constituer des ''moteurs de recherche''. Une troisième est que l'enfermement dans le court terme pour certaines questions est contre-productif. Le temps du triomphe de la vérité peut être long. Et même trop long. D'où l'importance de l'histoire et des archives.

Qu'est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Le non-respect de l'Accord de la Saint Sylvestre et le soutien supposé offert aux membres du G7 (et du Rassemblement) par ce pays et ce politicien. Et surtout, à Moïse Katumbi. Certains membres du Rassemblement ont reconnu, sur la place publique, qu'avec ce ''fameux Accord'', ils ont accordé un sursis à alias Joseph Kabila. D'une certaine façon, ils acceptent qu'ils accompagnent la mort, le chaos et le mensonge entretenus par ''la kabilie''.

Pour revenir à l'AMP/MP, disons qu'elle n'est pas digne de confiance. Pleine de ''Chevaux de Troie'', elle a édicté des règles, des lois qu'elle n'a pas su respecter. ''Sa stratégie du chaos et du mensonge''

l'a emporté sur toute sa ligne prédatrice historique.

De toutes les façons les attaques mutuelles des membres de l'AMP/MP sur la question identitaire est un arbre qui cache la forêt : la prise en otage de tout un pays pour une minorité de prédateurs.

Le déballage auquel elle se livre sur la place publique confirme les propos de Mzee Laurent-Désiré Kabila : elle est un conglomérat d'aventuriers et d'affairistes opérant pour son ventre et les intérêts étrangers. Elle est un conglomérat d'élites compradores. Elle s'est disqualifiée. Elle n'est pas digne de confiance. Ses alliés d'hier et d'aujourd'hui aussi. Une autre classe politique et citoyenne doit naître et/ou renaître au Congo-Kinshasa. D'autres mouvements politiques et citoyens doivent se mettre debout pour faire les choses autrement au cœur de l'Afrique.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961